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Agriculture – Pêche

Quel pastoralisme, demain, en Corse ?

mercredi 28 novembre 2018 à 15:52 Par Alexandre Sanguinetti et Olivier Castel, France Bleu RCFM

Une question que se posent les acteurs du monde agricole en Corse. Et les récents débats concernant les subventions de la PAC, Politique Agricole Commune de l'Union Européenne, n’ont fait qu’ajouter à la polémique.

Le pastoralisme, un enjeu d'avenir pour la Corse
Le pastoralisme, un enjeu d'avenir pour la Corse

Corse, France

Institutions, associations professionnelles et éleveurs réunis autour d'un projet commun : trouver des terres pour installer de nouveaux agriculteurs et surtout, ne plus dépendre à 100% des aides de la PAC. Mais avant d’atteindre cette relative autonomie – en trouvant de nouvelles sources de financements - il faut déjà revoir les modalités d’accès aux aides de la future PAC 2020 – 2026. « C’est plus facile pour l’Europe d’imaginer des surfaces d’élevage basée sur l’herbe que sur des surfaces à dominante ligneuse, arbousiers bruyère, etc…», précise Marion Valenti, chargée de développement rural et pastoral à la chambre régionale d’Agriculture, qui estime que "Bruxelles connaît souvent mal les réalités du terrain".

Marion Valenti, chargée de développement rural et pastoral (Chambre d'Agriculture Corse)

Comment gagner des surfaces agricoles ?

La Corse compte aujourd'hui environ 350.000 hectares de terrains qui ne sont pas, loin s’en faut, tous exploité. L’île a aussi subi une déprise agricole majeure dans les années d'après-guerre. 

350.000 hectares de terres sont "fermées" en Corse - Aucun(e)
350.000 hectares de terres sont "fermées" en Corse

Aujourd’hui, selon l'office de l'environnement, il y aurait 123.000 hectares de terres dites "fermées"… c’est-à-dire des terres où le maquis a tout envahi mais où l'activité agricole devrait être possible. « Il y a des potentialités agropastorales énormes en Corse », ajoute Madeleine Antona, responsable du service pastoralisme prévention et protection des territoires à l'office de l'environnement, « il faut savoir les valoriser. Certains élevages aujourd’hui se sont réinstallés sur des milieux fermés… ils le valorisent et ils en vivent très bien », conclut-elle.

Madeleine Antona, resp. service pastoralisme et protection des territoires (Office de l'Environnement)

Brûlage controversé

Le groupement pastoral l'Alturaghja dans le Nebbiu, utilise, depuis 2 ans, la technique – contestée - du brûlage dirigé. Si la technique est encadrée pour éviter les incendies, elle permet de rouvrir le milieu naturel au pastoralisme. Les dix éleveurs du groupement pastoral, répartis sur 840 hectares d'estives sur les hauteurs de la Tenda, touchent environ 40.000 euros par an d'aides de la PAC, et disent tout réinvestir dans l'entretien des terres, ou des sentiers. Florent Rengade, éleveur du groupement assure : « nous avons récupéré quasiment 10% des surfaces totales du groupement… nous avons brûlé près de 70 hectares en deux ansEn montagne, où il n’y a ni accès ni route, c’est le seul moyen de rouvrir le milieu naturel ».

Florent Rengade, L'Alturaghja

Certains exploitants sont beaucoup moins touchés par les difficultés du terrain insulaire… ce sont les éleveurs caprins. La chèvre corse est en accord avec son milieu et l’animal sait s’adapter… y compris dans sa recherche de nourriture. Seul souci de l’élevage caprin, le recul du maquis… de plus en plus en altitude. Un maquis le plus souvent remplacé par des chênes. 

Régler le problème du foncier

Pour entretenir la reprise du secteur agricole, et tenter de solutionner la problématique du foncier, le président de la chambre d'agriculture régionale plaide pour une collaboration sur le long terme de tous les acteurs : « par exemple mettre en commun la défense des forêts contre les incendies et le pastoralisme », précise Joseph Colombani, « on pourrait aussi penser à inclure les chasseurs ou la filière bois ».