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Agriculture – Pêche

Réchauffement climatique : les conséquences pour les pêcheurs de Loire-Atlantique et de Vendée

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Les pêcheurs de Loire-Atlantique et de Vendée pourraient voir leurs habitudes bousculées, à cause du réchauffement de l'océan Atlantique. Certains ont déjà constaté un changement dans la saisonnalité des poissons. Des scientifiques observent aussi une diminution du poids moyen des poissons bleus.

Le port des Sables-d'Olonne est le quatrième plus gros port de pêche en valeur et le dixième en tonnage.
Le port des Sables-d'Olonne est le quatrième plus gros port de pêche en valeur et le dixième en tonnage. © Maxppp - Jean-Luc Flémal

Pays de la Loire, France

Il y a urgence. Dans un rapport de 900 pages qui sera publié le 25 septembre, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat sur les océans et la cryosphère (Giec) prédit des changements climatiques très nets si la température augmente de 1,5 à 2 degrés d'ici 2100. Selon ces experts, les dégâts causés par les catastrophes naturelles pourraient causer le déplacement de plus de 280 millions de personnes et les réserves de poissons pourraient chuter drastiquement. Les pêcheurs de Loire-Atlantique et de Vendée ne sont pas encore confrontés à cette ratification du poisson mais ils observent plusieurs changements. Voici leurs témoignages. 

"Depuis quatre ou cinq ans, les saisons des poissons ont tendance à se décaler"

Dans leurs filets, les pêcheurs de Vendée ont remonté beaucoup plus de rougets barbets qu'en 2018. 238 tonnes depuis le 1er janvier contre 80 l'année passée. Idem pour le thon blanc (420 tonnes contre 314 en 2018). Les professionnels de la pêche ont en revanche moins pris de merlus - 300 tonnes de moins par rapport à l'an dernier - mais ils n’imputent pas ça au changement climatique. "Ça dépend des années, ça a toujours été comme ça", confie l'un d'entre eux. 

"Si on prend une espèce comme le maigre, on en pêche beaucoup plus aujourd'hui qu'il y a quelques années", Jacques Lebrevelec, directeur de l'Armement coopératif artisanal vendéen. 

En revanche, ils observent un dérèglement des saisons chez les poissons qui pourrait être du au réchauffement de l'océan Atlantique. "Le poisson, c'est un peu comme les fruits et légumes, résume Pierre Genais, le responsable de la criée des Sables-d'Olonne. On a des saisons, celle de la sole c'est en fin d'année, celle du rouget barbet c'est en début d'année. Tous les ans, la seiche tarde à venir par rapport aux autres années, la sole aussi. On a des petits décalages dans le temps." Et il n'est pas le seul à observer ce changement qu'il impute au dérèglement du climat. "Il y a 15, 20 ans, les saisons étaient assez calibrées, explique Jacques Lebrevelec, directeur de l'Armement coopératif artisanal vendéen et qui gère, entre autre, 12 navires de pêche aux Sables-d'Olonne et à l’île d'Yeu. C'est vrai que depuis quatre ou cinq ans, les saisons ont tendance à se décaler. Je ne sais pas si c'est lié au changement climatique, en tout cas ça se renouvelle. La période des seiches, des rougets et des encornets peut se décaler d'un mois, un mois et demi par rapport aux saisons que l'on a connu il y a une quinzaine d'années."

Une étude en cours pour comprendre pourquoi la taille moyenne des poissons bleus diminue

Sur leurs bateaux toute l'année, certains pêcheurs voient également remonter des poissons qui ne fréquentaient pas les mêmes eaux, il y a plusieurs décennies. "Si on prend une espèce comme le maigre, on en pêche beaucoup plus aujourd'hui qu'il y a quelques années, rapporte Jacques Lebrevelec. Cette espèce fréquentait plutôt les eaux du Golfe de Gascogne, donc plus au sud. On peut penser que ce sont des espèces qui ont tendance à remonter avec la température de l'eau." L'armateur poursuit : "_Nos amis en Manche pêchent aujourd'hui de la sardine, de l'encornet, de la seiche et du rouget barbet en quantités plus importantes qu'il y a quelques années_. Très probablement que ces espèces suivent la température de l'eau et ont tendance à monter dans des eaux plus froides." Mathieu Doray, chercheur à l'Ifremer (l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) explique que "les poissons bleus s'adaptent et ils bougent avec les masses d'eau. Si ils ne trouvent pas des conditions favorables, ils vont se déplacer d'un endroit à un autre." 

On sait que le plancton est influencé par le réchauffement climatique", Mathieu Doray, chercheur à l'Ifremer 

Et si le scientifique n'a pas observé d'apparition ou de disparition d'une espèce de poisson bleu ces dernières années, il constate en revanche une diminution de la taille moyenne de ces derniers. "C'est une tendance assez nette chez les anchois et les sardines, détaille ce spécialiste des poissons bleus. On est en train d'étudier ça pour tenter de comprendre ce phénomène qui pourrait être lié au réchauffement climatique." Il poursuit sur ces recherches démarrées il y a deux ans : "Si il y a un changement de la quantité ou de la qualité de leur nourriture - ces poissons se nourrissent essentiellement de plancton - il y pourrait y avoir un lien car on sait que le plancton est influencé par le réchauffement climatique mais c'est encore trop tôt pour être affirmatif." Pour avoir des certitudes sur ce sujet, il faudra attendre encore deux ou trois ans. 

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