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Agriculture – Pêche

Quelles motivations pour des adultes qui veulent devenir agriculteurs?

jeudi 2 mars 2017 à 16:33 Par Xavier Louvel, France Bleu Touraine

En plein salon de l'agriculture à Paris, alors que les crises agricoles se succèdent, quelles sont les motivations des adultes qui veulent devenir exploitants agricoles? Une filière pour adultes existent au lycée agricole de Fondettes. Elle accueille une vingtaine d'étudiants chaque année.

trois des étudiants en reconversion en filière agricole à Fondettes
trois des étudiants en reconversion en filière agricole à Fondettes © Radio France - Xavier Louvel

Indre-et-Loire, France

Ils sont dix-neuf précisément cette année au lycée agricole de Fondettes, dans la formation pour adultes (CFPPA). Ils veulent devenir "responsable d'exploitation agricole". Pour tous, c'est une reconversion professionnelle. Ils passent en un an un brevet professionnel, avec une équivalence bac pro.

Cette formation marche bien. Nous avons une trentaine de candidats chaque année, pour une quinzaine de places. Certains sont sur des projets d'élevage (vaches laitières un peu moins d'année en année), des projets de grandes cultures et maintenant, de plus en plus en maraîchage biologique. Fabienne Pinard, formatrice au CFPPA et coordinatrice du brevet professionnel

Quelles sont les motivations des adultes en reconversion?

Crise céréalière, crise du lait, crise de la viande... des revenus qui n'ont jamais été aussi bas, des fermetures de fermes de plus en plus importantes, des emprunts de plus en plus lourds. Rien, à priori, ne donne envie de rejoindre le monde agricole, qui plus est pour devenir responsable d'exploitation. La moyenne d'âge au sein de la formation dispensée à Fondettes est de 30 ans. La proportion de fils et filles d'agriculteurs diminue au fil des années.

Pour comprendre le cheminement de ces adultes, nous en avons rencontré trois, qui comptent s'installer ensemble à la sortie du lycée agricole de Fondettes. Ils ne se connaissaient pas à la rentrée de septembre. Ils vont probablement créer de toute pièce une exploitation en maraîchage biologique dans l'est-tourangeau.

Il y a un moment où je ne pouvais plus faire mon activité. Il fallait donner plus de sens à ce que je faisais. On a peur forcément, mais c'est une belle aventure et on fera tout pour y arriver. Yann Gouin, 44 ans, informaticien pendant 17 ans, dont 14 ans en région parisienne, futur maraîcher bio

Yann Gouin, 44, futur maraîcher après une quinzaine d'années à Paris

Je me dis que le monde agricole a pris une route qui n'était pas la bonne. Il y a des choses à réinventer et à reconstruire différemment. Christine Métrard, 34 ans, en reconversion après une dizaine d'années dans le commerce

"Nous avons un métier à réinventer". Christine Métrard

On a incité les jeunes exploitants à s'installer sur des grosses structures, avec de gros emprunts. C'est une pression trop forte. Nous allons nous installer avec Christine et Yann pour nous dégager du temps pour la vie sociale et familiale. C'est une demande qu'on entend beaucoup de la part des agriculteurs aujourd'hui. Yanis Belhadj, 24 ans, ancien menuisier, convaincu après deux saisons dans une exploitation en maraîchage bio

"Il faut sortir de la spirale des grosses exploitations, des gros emprunts". Yanis Belhadj, 24 ans