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Agriculture – Pêche

CETA, Mercosur : quels impacts des accords de libre-échange sur les agriculteurs de l'Yonne ?

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Par , France Bleu Auxerre

Le CETA, accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada, est en passe d'être ratifié. L'Assemblée Nationale se prononce ce mercredi sur ce traité commercial. Une décision que suivent de près les agriculteurs de l'Yonne, pour certains inquiets des conséquences de l'accord.

Le CETA pourrait avoir un impact sur la filière viande, notamment bovine, ce qui inquiète certains éleveurs de l'Yonne.
Le CETA pourrait avoir un impact sur la filière viande, notamment bovine, ce qui inquiète certains éleveurs de l'Yonne. © Radio France - Flore Catala

Yonne, France

Mettre en place entre l'Union Européenne et le Canada des échanges commerciaux presque sans droits de douane  : grâce au CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement ou accord économique et commercial global), ce sera bientôt possible. Pour le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, c'est une très bonne nouvelle. Mais pour certains agriculteurs français, en particulier les éleveurs, ça l'est un peu moins.

Menace économique

Beaucoup craignent une invasion des produits canadiens sur le marché français, et par conséquent une baisse importante des prix, qui serait fatale pour l'agriculture française. C'est notamment ce que redoutent plusieurs agriculteurs dans la région, à l'instar de Maxime Boucher, président des Jeunes Agriculteurs de l'Yonne : _"C'est une mise en péril de notre agriculture. On n'est pas contre les échanges internationaux, mais ce qui compte c'est surtout qu'on puisse travailler aux mêmes prix, et que ça ne vienne pas faire effondrer les prix chez nous. Vu qu'on n'a pas les mêmes conditions de production à respecter que le Canada, ça devient de la concurrence déloyale."_

"C'est une mise en péril de notre agriculture" - Maxime Boucher, président des Jeunes Agriculteurs de l'Yonne

Du côté du gouvernement, on s'efforce de calmer les craintes et de se vouloir rassurant. Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l'Yonne et chargé du dossier CETA en tant que secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, assure que le CETA est au contraire une aubaine économique pour les agriculteurs : "Cet accord, nous avons déjà pu le voir vivre puisqu'il est entré en vigueur provisoirement en septembre 2017. Ce que l'on constate, c'est que la France y a gagné : en 2018, l'excédent commercial français s'est élevé à près de 450 millions d'euros. Ça représente une augmentation des exportations de 6,5% par rapport à 2017. Tout ça, ce sont des emplois sur nos territoires."

Risques sanitaires

La crainte des agriculteurs, partagée avec les défenseurs de l'environnement, porte ensuite sur la qualité des produits exportés, et notamment de la viande. Les normes de production n'étant pas les mêmes entre l'Union Européenne et le Canada, beaucoup redoutent l'arrivée de viandes non réglementaires sur le marché, issues de bétails nourris aux hormones et aux OGM. Le CETA ferait planer sur la France le spectre des scandales sanitaires, comme ceux qu'a connu l'Europe avec la viande de cheval ou la viande avariée venue de Pologne. Selon les opposants à l'accord, les normes établies ne seraient pas assez strictes, et permettraient l'importation de denrées produites selon des règles trop différentes de celles en vigueur dans l'Union Européenne.

Là encore, Jean-Baptiste Lemoyne assure que les contrôles sont réalisés par des agents de l'Union Européenne, selon des règles précisément établies : "Nous avons fait des contrôles depuis la mise en oeuvre du CETA, ils ont tous montré la conformité de la viande par rapport à nos règles et à nos normes."

Gare au Mercosur

Si certains agriculteurs restent inquiets, d'autres reconnaissent que le CETA peut avoir ses avantages. Gilles Abry, agriculteur en Puisaye, tombe d'accord avec Jean-Baptiste Lemoyne sur la nécessité, pour l'agriculture française, de s'ouvrir aux marchés internationaux, dans un contexte de tensions économiques entre pays, comme les Etats-Unis et la Chine par exemple. Selon Gilles Abry, le CETA a l'avantage de permettre à la France de mettre en valeur à l'étranger ses produits locaux de qualité, notamment les produits bénéficiant d'appellations d'origine contrôlée (AOC), comme certains fromages ou vins.

Il s'agit cependant de veiller à ce que la concurrence reste loyale et à ce que les règles d'importation, qu'elles soient économiques ou sanitaires, soient respectées. Plus que le CETA, beaucoup d'éleveurs comme Gilles Abry craignent surtout de voir conclu un accord entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur, le marché commun sud-américain (formé par le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. Les modes de productions, notamment des viandes bovines, dans ces pays diffèrent bien plus que pour le Canada, et les conséquences d'un accord mal négocié pourraient être véritablement néfastes pour l'agriculture française.

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