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Agriculture – Pêche

Rachat de terres agricoles : des paysans de toute la France dans l'Indre pour une action coup de poing

mercredi 29 août 2018 à 16:50 - Mis à jour le mercredi 29 août 2018 à 18:39 Par Jonathan Landais, France Bleu Berry et France Bleu

A l'appel de la Confédération Paysanne, le syndicat national, une centaine d'agriculteurs se sont invités ce mercredi midi sur une exploitation rachetée par des Chinois dans l'Indre pour dénoncer l'accaparement des terres agricoles.

L'action avait lieu sur une exploitation de Clion-sur-Indre, au Lieu-Dit Le Grand Mée
L'action avait lieu sur une exploitation de Clion-sur-Indre, au Lieu-Dit Le Grand Mée © Radio France - Jonathan Landais

Clion, France

Une bonne centaine de militants de la Confédération Paysanne, le syndicat agricole, venus de toute la France, se sont invités mercredi à la mi-journée sur une exploitation à Murs près de Clion-sur-Indre, au Lieu-Dit Le Grand Mée, dans l'Indre pour réclamer une nouvelle loi plus protectrice sur le foncier agricole. La parcelle n'a pas été choisie au hasard : il s'agit d'une exploitation qui avait été rachetée par des investisseurs chinois entre 2015 et 2016.

Un climat assez tendu

Arrivés vers midi sur place, après être venus en convoi depuis le champ de foire de Châtillon-sur-Indre où ils s'étaient donné rendez-vous, la centaine d'agriculteurs commence à envahir le champ avec drapeaux et banderoles, quand une personne intervient pour les déloger. "Vous n'êtes pas chez vous ici, c'est quoi ce bordel ?!"

S'agit-il d'un ouvrier agricole qui travaille pour les Chinois ? L'homme ne se présente pas. En tout cas, il n'accepte pas de voir les militants occuper le terrain. "Ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer", lui lance un agriculteur venu manifester. La tension redescend, une tribune s'improvise sur un tracteur. "On est là parce qu'on estime que c'est notre droit d'être là, sur les terrains des Chinois, sur les terrains d'accapareurs de terres".

Nouvelle loi en préparation

Avec cette action, le syndicat entend faire pression sur le gouvernement alors qu'une nouvelle loi sur le foncier agricole est annoncée pour le début de l'année 2019. "On ne peut pas avoir de paysans sans foncier, on ne peut pas avoir de politique de repeuplement des campagnes, de politique d’installation ambitieuse si on ne met pas fin à la concentration du foncier entre les mains de quelques-uns", déclare Laurent Pinatel, le porte-parole national de la Confédération Paysanne.

Le risque est que tout parte à l'agrandissement"

Laurent Pinatel, porte parole national de la Confédération Paysanne - Radio France
Laurent Pinatel, porte parole national de la Confédération Paysanne © Radio France - Jonathan Landais

"On veut que le droit d'usage prime sur le droit de propriété"

Des exploitations toujours plus grandes, au détriment des fermes familiales... le syndicat veut mettre fin à ce système. "Le plus grave aussi c'est le captage de la rente foncière qu'est la PAC (Politique Agricole Commune), donc l'accaparement du foncier s'accompagne d'un modèle agricole qui ne permet pas sur le territoire le développement de l'emploi et de produits de qualité pour les consommateurs", estime Gilles Menou, représentant régional du syndicat.

L'enjeu est important : "Dans les dix ans à venir, la moitié du foncier agricole va se libérer, car de nombreux agriculteurs (de plus de 55 ans) vont _partir à la retraite_, le risque est que tout parte à l'agrandissement et à l'accaparement du foncier et très peu à l'installation", poursuit-il. Comme un symbole, avant de repartir, les militants ont fini par semer de l'herbe sur le terrain, pour disent-ils "semer l'espoir d'une nouvelle loi".

Plus de 1.700 hectares vendus aux Chinois

Une nouvelle loi sur le foncier agricole est actuellement en préparation, elle est annoncée pour début 2019. Objectif : mieux protéger le foncier et mieux le partager. Trois députés (Hautes-Pyrénées, Bouches-du-Rhône, Meurthe-et-Moselle) ont été chargés d'une mission d'information sur le sujet, ils doivent rendre leur rapport dans les mois qui viennent (peut-être à l'automne).

En deux ans, entre 2015 et 2016, ce sont plus de 1.700 hectares de terres agricoles qui ont été rachetées dans l'Indre par une société chinoise (la société Hongyang, basée à Hong-Kong), sur différentes communes du département : Clion-sur-Indre, La Berthenoux, Châtillon-sur-Indre, Vendoeuvres et Anjouin. Une première loi avait déjà été votée en mars 2017, mais le syndicat estime qu'elle n'est pas assez protectrice.