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"On refuse de se dire qu'on n'aura pas tout tenté" : les viticulteurs de Touraine face à une 5e nuit de gel

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Par , France Bleu Touraine, France Bleu

Les viticulteurs d'Indre-et-Loire s'attendent à subir la nuit prochaine leur cinquième nuit de gel depuis mercredi dernier. Même si certains ont déjà perdu la majeure partie de leurs futures vendanges, ils sont dehors chaque nuit, pour tenter de réchauffer leurs vignes.

Après les gros dégâts causés par le gel entre mercredi et vendredi dernier, les viticulteurs tourangeaux tentent cette semaine de protéger les parcelles préservées.
Après les gros dégâts causés par le gel entre mercredi et vendredi dernier, les viticulteurs tourangeaux tentent cette semaine de protéger les parcelles préservées. © Maxppp - Franck Dubray/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Il y a eu trois nuits dévastatrices pour le vignoble tourangeau, mercredi, jeudi et vendredi dernier. Après un cours répit pour encaisser des pertes parfois énormes, de nombreux viticulteurs ont été obligés de retourner dans leurs vignes, dans la nuit de dimanche à lundi, pour lutter contre un nouvel épisode de gel, moins violent et apparemment moins destructeur. Météo France annonçant encore des températures négatives la nuit prochaine, beaucoup de vignerons vont passer une cinquième nuit en alerte.

Nuit après nuit, les corps s'épuisent et le moral descend

La longueur de cet épisode de gel est, en quelque sorte, une double peine, comme le résume bien Didier Avenet, viticulteur avec sa fille à Saint-Martin-le-Beau. Leur exploitation a subi d'importants dégâts, la semaine dernière : "C'est difficile à expliquer parce qu'il faut le vivre, mais franchement, oui, c'est usant. La première nuit, on y va avec l'envie, puis quand on s'aperçoit qu'on s'est battu et qu'on a perdu, on y retourne avec un peu moins d'envie la deuxième, la troisième nuit." 

"On s'est vraiment posé la question de savoir s'il fallait y retourner quand on a su qu'on allait avoir une nouvelle vague de gel cette semaine. Mais il y a un refus d'abdiquer" - Didier Avenet, viticulteur de l'appellation Montlouis-sur-Loire

"On veut pouvoir se dire qu'on aura tout tenté, mais c'est quand même un phénomène qui revient beaucoup trop souvent. Il va falloir réfléchir autrement, collectivement, sur l'appellation. Ma fille s'est installée sur l'exploitation en 2017. Elle a gelé en 2017, 2019 et 2021. Un troisième gel en quatre ans, ce n'est pas supportable. C'est quand même de la perte de récoltes, de la perte de revenus et aussi la vigne qui souffre, avec des complications pour la suite. Ce n'est pas supportable", conclut Didier Avenet. 

Le système D pour réchauffer les vignes

Il avait préparé ce week-end des braseros avec des ceps de vignes pour faire des points de chaleurs autour des parcelles pas encore trop atteintes. Pour créer l'écran de fumée qui retient cette chaleur au sol et bloque les premiers rayons du soleil au lever du jour, il utilise ce qu'il appelle les fonds de tiroir.

"C'est de la paille et des copeaux de bois qu'on avait récupérés l'an dernier, dans une scierie voisine. Comme ils sont restés stockés dehors, ils ont un peu de mal à s'allumer, mais une fois qu'on arrive à mettre un peu de chaleur dedans, ça permet de faire pas mal de fumée. Mais bon, là, autant dire que je n'ai plus rien dans mes stocks."

Un appel à la solidarité lancé par l'UDSEA 37

L'UDSEA a donc lancé un appel aux agriculteurs pour qu'ils donnent ou vendent à prix coûtant de la paille non-alimentaire. Les besoins de certains viticulteurs sont énormes, selon Sébastien Prouteau, le président du syndicat en Touraine. "Pour protéger une cinquantaine d'hectares de vignes, ils peuvent avoir besoin de 90 ou 100 tonnes de paille par semaine."

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Agriculteur à Dolus-le-Sec, près de Loches, Benoît Latour a été parmi les plus réactifs. Il offre 30 tonnes de paille de maïs, un végétal qui se consume lentement et fait énormément de fumée : "On vit en ce moment une période où on doit garder nos distances et ou les gens ont tendance à se replier sur eux, mais pour bien des agriculteurs, c'est encore une habitude de travailler ensemble dans les campagnes, et c'est très bien comme ça."

Par ailleurs, la plupart des viticulteurs qui avaient misé sur des blocs de paraffine les ont tous utilisés. Les vignerons ont rarement plus de trois nuits de stocks car chauffer un hectare de vigne avec des bougies coûte près de 3.000 euros pour 12H. En comparaison, investir dans l'installation d'une éolienne anti-gel est presque bon marché, puisque ça revient, pendant une vingtaine d'années, à environ 1000 euros à l'hectare par an.

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