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Agriculture – Pêche

"On regarde l'eau tomber dans la Garonne : il faut en stocker davantage", le président de la Chambre d'Agriculture 31

jeudi 7 septembre 2017 à 8:36 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Des milliers d'agriculteurs sont réunis près de Toulouse pour un salon de plein air. L'occasion de se questionner sur l'avenir au regard des défis climatiques et écologiques qu'elles relèvent déjà. En Haute-Garonne, la question de la sécheresse et des retenues d'eau irrite le monde agricole.

30.000 agriculteurs viennent à Ondes au nord de Toulouse ces 6 et 7 septembre.
30.000 agriculteurs viennent à Ondes au nord de Toulouse ces 6 et 7 septembre. © Radio France - Paul Ferrier

Ondes, France

Trente mille professionnels de l'agriculture, dont 40% ne viennent pas d'Occitanie, sont rassemblés au lycée d'Ondes au nord de Toulouse entre le 6 et le 7 septembre. Innov'Agri a choisi cette année la Haute Garonne pour y installer son salon en plein air : démonstration de matériel mais aussi conférences et ateliers-débats. Les agriculteurs - ils sont 6.000 dans notre département - s'interrogent sur leur avenir. Yvon Parayre, le président de la Chambre d'Agriculture était l'invité de France Bleu Toulouse ce jeudi 7 septembre.

INVITÉ - Yvon Parayre, président de la Chambre d'Agriculture de la Haute-Garonne (6'46'')

Bénédicte Dupont : Prise de température très générale. : en 2017, dans quel état d'esprit se trouve le monde agricole en Haute-Garonne ?

Yvon Parayre : "Le monde agricole souffre dans la Haute-Garonne car nous ne sommes pas favorisés par le climat et le relief, contrairement au bassin parisien. Malgré tout, le climat nous a été un petit peu favorable cette année et les récoltes sont dans la moyenne. En revanche ce qui va très mal, ce sont les prix dans le lait et les céréales. Les producteurs vendent à perte, de l'ordre de 30 euros en moins la tonne. Le prix du blé tendre par exemple devrait être de 180 euros la tonne, or il est à 150 euros la tonne depuis deux ans. Il y a des pays émergents qui se sont mis à produire sans contraintes comme la Russie et l'Ukraine. La faiblesse du prix du pétrole nous lèse aussi car elle fait chuter le coût du fret maritime. Ce qui fait que le blé dur mexicain arrive à des prix inférieurs à Bordeaux ou Montpellier et tire les prix vers le bas.

Cette année, les récoltes sont moins mauvaises que prévu.

Vous dites que les récoltes n'ont pas été si catastrophiques que ça cette année ?

On a eu des dégâts à cause du gel, à la grêle. Mais dans l'ensemble, on craignait le pire et nos récoltes étaient dans la moyenne. Le début de l'année a été pluvieux, du coup les cultures d'été en ont profité et ont été précoces. On est en train de récolter les tournesols et les premiers résultats sont encourageants.

Les récoltes, ici un champ de tournesols près de Cadours, ont été moins mauvaises que prévu. - Radio France
Les récoltes, ici un champ de tournesols près de Cadours, ont été moins mauvaises que prévu. © Radio France - Bénédicte Dupont

On ne stocke que 1% de l'eau qui tombe. Il suffirait d'en retenir 6% pour parer les problèmes de sécheresse.

La sécheresse devient structurelle. Faudrait-il s'adapter, arrêter les cultures trop gourmandes en eau comme les céréales ?

Tout est relatif, c'est le maïs qui est visé, or on a divisé par deux sa consommation d'eau en trente ans et les contraintes sont telles que les cultures irriguées en Haute-Garonne ne représentent plus que 10% de la surface totale cultivée. Ce n'est pas en changeant les cultures qu'on va améliorer les choses. Il faut créer des retenues d'eau. Il y a beaucoup d'eau qui tombe sur notre région en hiver et on n'en retient que 1%, on la regarde tomber dans la Garonne et elle part vers Bordeaux ! On stockerait seulement 6% de ce qui tombe du ciel, on n'aurait plus ces crises de sécheresse et toutes ces réunions en préfecture qui deviennent pénible. Il suffit de faire comme en Espagne, créer des retenues, des réserves, stocker de l'eau dans les Pyrénées et l'amener ensuite en plaine. C'est compliqué chez nous car il manque toujours quelqu'un à l'appel : l'Etat, la Région, la profession. On se refile la patate chaude et en plus, il y a maintenant une certaine pression environnementaliste qui est contre les retenues, on l'a vu il y a deux ans à Sivens dans le Tarn. Tout est centralisé, on ne peut toucher à rien, c'est regrettable. Il faut être capable de retenir de l'eau et conserver un jardin en Midi-Pyrénées qui permettra d'approvisionner la grande métropole toulousaine avec une production locale et de qualité".

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