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Salon de l'Agriculture : la Creuse fait sans, hier c'était rendez-vous à la ferme de Philippe Auvillain

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Par , France Bleu Creuse

Puisque que le Salon de l'Agriculture n'aura pas lieu à Paris cette année, la Confédération paysanne de la Creuse a décidé d'ouvrir une ferme aux visiteurs. C'était samedi, dans l'exploitation des châtaigniers, sur la commune de Méasnes.

Plus d'une centaine de visiteurs ont visité la ferme des Châtaigniers, dans la commune de Méasnes, samedi.
Plus d'une centaine de visiteurs ont visité la ferme des Châtaigniers, dans la commune de Méasnes, samedi. © Radio France - Léa Guedj

Pas de Salon de l'agriculture cette année dans la capitale. Alors, puisque les agriculteurs ne peuvent pas venir Porte de Vincennes, ce sont les visiteurs qui viennent à eux. 200 fermes de la Confédération paysanne dans plus de cinquante départements ouvrent leurs portes, du 27 février au 7 mars. En Creuse, c'est la ferme Gaec (Groupement agricole d’exploitation en commun) des Chataigniers, à Marmeron, sur la commune de Méasnes, qui a accueilli plus d'une centaine de visiteurs, petits et grands, tout au long de la journée de samedi

Découvrir l'origine des aliments dans notre assiette... et faire un tour en tracteur

Émeline est venue de la commune Neuvy-Saint-Sépulchre, dans l'Indre. Elle achète régulièrement les produits de cette ferme et voulait faire découvrir à son fils de 4 ans, Marius, d'où viennent les yaourts à la vanille et la farine qui sert à préparer les gâteaux qu'il aime tant. "Je viens ici pour permettre à mon fils de _découvrir les agriculteurs du coin, grâce à qui on a à manger dans notre assiette_", dit-elle

Mais ce qui intéresse Marius encore plus que les poules et les vaches, c'est les tracteurs. Il va réaliser son rêve en montant pour la première fois dans la cabine de cet engin. Au volant, Philippe Auvillain, en plein nettoyage des stabulations des vaches. C'est lui qui reçoit dans sa ferme de polyculture élevage et de maraîchage d'environ 100 hectares, qu'il exploite avec sa femme Joëlle et sa fille Elsa.

Le jeune Marius est monté pour la première dans la cabine d'un tracteur, conduit par l'éleveur Philippe Auvillain.
Le jeune Marius est monté pour la première dans la cabine d'un tracteur, conduit par l'éleveur Philippe Auvillain. © Radio France - Léa Guedj

"Je veux lui montrer que c'est un beau métier, qu'on vit avec la nature, qu'on gère notre temps", nous dit Philippe. Il prône un modèle d'exploitation "à taille humaine" et "respectueux de l'environnement". "On a une quarantaine de vaches aujourd'hui, si on pouvait en avoir 20 ce serait encore mieux, mais il faudrait pour ça qu'on vende à des prix plus rémunérateurs", martèle Philippe. Sur la ferme, ils sont passés au bio depuis 17 ans.

Un mode d'agriculture qui inspire Bénédicte, 26 ans, et Raymond, 35 ans, venus visiter la ferme pour "piquer des idées". En effet, le jeune couple a repris une exploitation creusoise il y a trois ans, à la recherche du "contact avec la nature, les animaux", et surtout, avec l'envie de travailler en mode bio, avec moins de production et de la vente de proximité.

La transmission des exploitations au cœur des préoccupations

Mais les jeunes repreneurs comme Bénédicte et Raymond se font rares. Cet événement est d'ailleurs l'occasion d'aborder l'enjeu de la transmission des exploitations et de l'installation de repreneurs. Philippe et Joëlle sont directement concernés, puisqu'ils partent à la retraite l'année prochaine. "On ne sait pas vraiment ce que va devenir l'exploitation, s'inquiète Philippe. Elsa a décidé de reprendre l'ensemble, mais on ne peut pas passer de trois ou quatre personnes qui y travaillent à une seule."

2020 a été une "année catastrophique" dans la Creuse, note le député LREM du département, lui-même éleveur, Jean-Baptiste Moreau qui était sur place. _"_25 installations pour à peu près une centaine de départs, c'est quasiment 70 chefs d'exploitations qui ne seront pas remplacés cette année. Il faut qu'on retrouve une dynamique d'installation, parce que sinon des fermes vont partir à l'abandon", décrit l'élu. Pour "ramener les jeunes", il faut "redonner une rentabilité économique à nos exploitations agricoles", insiste-t-il.

Jean-Baptiste Moreau s'indigne du "prix payé aux éleveurs pour la viande [qui] n'est pas suffisant. C'était le but des Égalim [États généraux de l'alimentation] d'augmenter ce prix payé, mais force est de constater au bout de deux ans que ça ne fonctionne pas, donc il va falloir la compléter et la durcir, en imposant plus de transparence au niveau des négociations commerciales, et développer la contractualisation sur la base des indicateurs de coût de production. C'était l'article 1 de la loi et il a été globalement peu utilisé."

"On sait qu'il faudra entre 40% et 50% des gens issus hors du milieu agricole si on veut préserver toutes les exploitations, souligne Geneviève Barat, vice-présidente du Conseil régional en charge de la ruralité, qui avait également fait le déplacement. Mais l'agrandissement des fermes qu'on a connu en Creuse est un frein parce que c'est très compliqué de tout acquérir en un temps. On a des gens qui veulent venir s'installer, mais ils se fracassent sur le mur du foncier et du financement." Pour aider les aspirants repreneurs, la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) de Nouvelle-Aquitaine a mis en place un système d'acquisition progressive, un portage foncier, qui permet de "différer l’acquisition du foncier".

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