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Agriculture – Pêche

Restrictions d'eau précoces pour les agriculteurs de l'Allier

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

La préfecture de l'Allier a pris cette semaine un deuxième arrêté sécheresse. Les agriculteurs qui avaient l'habitude d'irriguer en pompant notamment dans la Sioule ont désormais interdiction de prélever de l'eau et d'arroser en journée.

Le dernier arrêté de la préfecture de l'Allier interdit le pompage de l'eau de la Sioule en journée.
Le dernier arrêté de la préfecture de l'Allier interdit le pompage de l'eau de la Sioule en journée. © Radio France - Juliette Micheneau

Étroussat, France

A Etroussat, près de Saint-Pourçain-sur-Sioule, le réseau d'irrigation qu'utilise Julien Cusin-Masset arrose 250 à 300 hectares. "Chaque agriculteur a son quota d'eau" explique le jeune exploitant, qui reconnaît que cette année, ils ont dû se servir plus tôt que prévu. "On a eu un printemps très sec, et on a été obligé d'arroser les blés", confirme son voisin Aurélien Lafoucrière, "et maintenant on arrose les maïs et les betteraves".

Julien Cusin-Masset devant les maïs qui risquent de manquer d'eau. - Radio France
Julien Cusin-Masset devant les maïs qui risquent de manquer d'eau. © Radio France - Juliette Micheneau

Un hiver et un printemps sec après, déjà, une sécheresse en 2018, plus les très fortes chaleurs de la semaine dernière : Julien Cusin-Masset n'a pas été surpris quand il a reçu le mail de la Préfecture lui annonçant l'interdiction d'irriguer entre 11 heures et 19 heures. "Parole d'anciens, c'est la première année qu'on voit la Sioule très très basse. Quand vous voyez les crépines qui pompent dans la Sioule qui sortent pratiquement, _oui, on se dit que c'est alarmant_."

Reportage à Etroussat chez deux agriculteurs touchés par les restrictions d'eau.

Dans cette parcelle de maïs, le sol est tellement sec qu'il se fissure. - Radio France
Dans cette parcelle de maïs, le sol est tellement sec qu'il se fissure. © Radio France - Juliette Micheneau

Les deux agriculteurs s'inquiètent évidemment pour leurs récoltes : le blé a déjà souffert des fortes chaleurs et maintenant c'est le maïs qui ne pourra être arrosé que la nuit. "L'année dernière ont a eu un mois d'août très très chaud, tout ce qui n'était pas irrigué a cramé sur pied", se souvient Julien Cusin-Masset. "Malheureusement, on ne peut pas faire autrement que de subir la décision", déplore Aurélien Lafoucrière. "Maintenant les maïs sont semés, il faut qu'on arrive à arroser suffisamment la nuit pour les maintenir en état et payer nos emprunts, et tout le reste". 

Aurélien Lafoucrière, agriculteur à Etroussat.

En s'éloignant d'Etroussat et de la Sioule, la Bouble est au plus bas et ne semble plus avoir de débit. Ce bassin là a été placé en crise par la Préfecture. Comme sur le Boublon, l'Andelot et le Cher, en amont de Chambonchard, les prélèvements sont interdits sauf pour l'alimentation en eau des hommes et des bêtes.

La Bouble, bassin placé "en crise" par le comité sécheresse de l'Allier. - Radio France
La Bouble, bassin placé "en crise" par le comité sécheresse de l'Allier. © Radio France - Juliette Micheneau

Peu de solutions face aux sécheresses récurrentes

Voilà un an que la pluie, en quantité, se fait désirer. Cet été les restrictions d'eau sont tombées plus tôt que l'an dernier et l'avenir inquiète bien sûr Aurélien Lafoucrière. Que faire ? Changer les pratiques ? Arrêter avec le maïs trop gourmand en eau ? "En France on consomme beaucoup de maïs et de blé, voilà... S'il faut faire autre chose, on fera autre chose mais il faut que ce soit rémunérateur pour l'agriculteur et adapté à nos terres". Julien Cusin-Masset, lui, voudrait pouvoir retenir l'eau : "Ce qu'il faut que le gouvernement et les politiques comprennent, c'est d'arriver à stocker l'eau dans certains endroits l'hiver quand on a des gros coups d'eau, ça éviterait des inondations, pour qu'on puisse la réutiliser l'été."