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Retour des néonicotinoïdes : l'enjeu de tout un secteur pour les producteurs de betteraves alsaciens

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

L'avenir de la filière de la betterave entre les mains de l'Assemblée Nationale. Les députés doivent débattre dans une semaine d'un projet de loi sur la ré-autorisation temporaire des néonicotinoïdes. Un insecticide miracle pour les betteraviers alsaciens mais qui inquiète les écologistes.

Gérard Lorber, producteur de betterave à Scherviller, dans le Bas-Rhin
Gérard Lorber, producteur de betterave à Scherviller, dans le Bas-Rhin © Radio France - Julien Penot

Producteurs de betteraves alsaciens et écologistes en bras de fer autour de la ré autorisation des néonicotinoïdes. Interdits depuis deux ans, le retour temporaire de cet insecticide de 2021 à 2023 est au cœur d'un projet de loi, présenté par le gouvernement et en débat à l'Assemblée Nationale le 5 octobre prochain. Le vote des députés est donc très attendu par les producteurs de betteraves alsaciens qui assurent que leur filière est en péril sans l'insecticide. 

Toute une filière menacée 

Sur son exploitation de 140 hectares, Gérard Lorber, agriculteur à Scherviller, dans le Bas-Rhin, en a consacré 40 à la betterave. Aujourd'hui près de 35 hectares sont contaminés par la jaunisse, une maladie transmise par les pucerons verts qui réduit de moitié le rendement de la plante. 

Un plant de betterave rongé par la jaunisse (image d'illustration)
Un plant de betterave rongé par la jaunisse (image d'illustration) © Maxppp - Bruno Levesque

L'agriculteur en est persuadé, sans les néonicotinoïdes, c'est toute la filière sucrière qui va sombrer : "Si on reste dans cet état, on risque de détruire la production betteravière française et alsacienne. Qui dit plus de betterave, dit plus de sucre français..." Il évalue ses pertes à 35 000 euros. 

"Aujourd'hui les agriculteurs ne vont pas prendre le risque de replanter de la betterave", regrette l'agriculteur. Son cas n'est pas isolé : sur 6 000 hectares de betterave en Alsace, 20% sont contaminés par la jaunisse. 

Apiculteurs et écologistes vent debout

Le projet de loi veut sauver la filière betteravière mais en menace une autre : l'apiculture. Les néonicotinoïdes ont des conséquences néfastes sur les abeilles et leur production de miel. "Ils raccourcissent la vie d'une abeille de deux jours, on peut estimer un manque de récolte qui se situe aux alentours d'un tiers", estime Charles Huck, membre du centre apicole de Molsheim. L'apiculteur craint également que l'insecticide augmente les pertes hivernales de 30%.

En plus des abeilles, c'est tout l'environnement est qui menacé alerte les écologistes. "C'est un produit qui est rémanent, il reste longtemps dans la terre, et peut être emporté par le ruissellement de l'eau", déclare Anne Vonesch, responsable de l'agriculture à Alsace Nature

A terme les défenseurs de l'environnement craignent que les nappes phréatiques soient touchées. Ils redoutent également que le retour temporaire des néonicotinoïdes devienne une porte d'entrée à d'autres dérogations pour des cultures céréalières par exemple.

Une dérogation sous condition

Pour convaincre les opposants au retour des néonicotinoïdes, l'Association interprofessionnelle de la Betterave et du sucre (AIBS) a présenté au ministre de l'agriculture le 22 septembre dernier un "plan de prévention". Il comporte une série d'engagements qui doivent permettre d'«accélérer la transition» et «protéger les pollinisateurs». 

Dans ce document, les professionnels s'engagent notamment à "la réduction de 25% de l'utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semence par rapport à la pratique précédente". Ou encore à "restreindre à "une seule année" l'utilisation de semences traitées aux néonicotinoïdes par parcelle sur la période 2021-2023, période durant laquelle doit courir cette dérogation renouvelée chaque année."

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Pour justifier la dérogation permettant un retour de l'insecticide le gouvernement s'appuie sur l’article 53 du règlement européen sur les phytosanitaires ( page 28 du document ndlr) permettant de déroger à l’interdiction de certains produits lorsqu’il existe un « danger qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables »

Ces autres moyens raisonnables seraient le progrès de la science pour les producteurs de betteraves. "La génétique a commencé à travailler dessus pour trouver des cultures plus résistantes mais cela ne se fait pas comme ça", déclare Gérard Lorber. A l'opposé, les écologistes mettent avant les "auxiliaires" : des plantes ou insectes qui limiteraient le développement des pucerons verts dans les champs de betteraves. 

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