Agriculture – Pêche

A Saint-Julien, la ferme des Louvières échappe à la crise du porc grâce à la vente directe

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne dimanche 24 janvier 2016 à 17:27

Chaque cochon produit 12 à 15 kg de jambon.
Chaque cochon produit 12 à 15 kg de jambon. © Radio France - Marion Bastit

Dans l'ouest de la France, les éleveurs porcins manifestent pour réclamer une hausse du prix de la viande. A Saint-Julien, près de Dijon, ça fait 17 ans que la ferme des Louvières échappe à la crise des prix grâce à la vente directe. Du porcelet jusqu'au jambon, tout est fait sur place.

La crise du porc fait rage dans l'ouest de la France. La semaine dernière, les éleveurs porcins ont bloqué des routes en Bretagne, dans la Sarthe et en Mayenne. Ce qui fâche, c'est le prix de la viande de porc, qui ne cesse de dégringoler. Aujourd'hui, le porc se vend 1,07 euro le kilo, ce qui ne permet plus aux éleveurs de dégager des bénéfices.Depuis l'été dernier, ils réclament que l'Etat fixe un prix minimum d'1,40 euro, ce que refusent Bigard et Cooperl, les deux gros acheteurs du secteur en France.

Le dernier mois avant l'abattage, les porcs prennent environ un kilo par jour. - Radio France
Le dernier mois avant l'abattage, les porcs prennent environ un kilo par jour. © Radio France - Marion Bastit

A Saint-Julien, au nord de Dijon, ça fait 40 ans que la ferme des Louvières élève des cochons. Et ça fait 17 ans qu'elle échappe à la crise des prix grâce aux circuits courts. Dans cette ferme, tout est fait sur place, depuis le porcelet jusqu'au jambon. A part l'abattage, qui se fait à Beaune, Véronique Saudemont et ses deux associés s'occupent de tout. Ils découpent, salent, cuisent, préparent et conditionnent jambon, saucisses, côtelettes et autres terrines, qui sont vendus sur place, à la ferme.

La porcherie de la ferme des Louvières abrite 80 porcs âgés de 2,5 à 7 mois. - Radio France
La porcherie de la ferme des Louvières abrite 80 porcs âgés de 2,5 à 7 mois. © Radio France - Marion Bastit

Résultat, il n'y a pas d'intermédiaire pour imposer son prix. « Le prix de vente de la viande et de la charcuterie est calculé en fonction du prix d'achat du porcelet et du coût d'élevage. Donc c'est un peu moi qui fixe mes prix pour pouvoir en vivre. » C'est vrai que son jambon est un peu plus cher qu'en grande surface. « On n'utilise pas de colorants, pas de polyphosphates, donc automatiquement le jambon perd plus de poids à la cuisson, explique-t-elle, donc le prix sera forcément un peu plus élevé qu'un produit Label rouge par exemple. »

Il faut compter entre 80 et 100 euros d'aliments pour engraisser un cochon. - Radio France
Il faut compter entre 80 et 100 euros d'aliments pour engraisser un cochon. © Radio France - Marion Bastit

Son jambon se vend presque 19 euros le kilo, contre 17 pour un jambon Label rouge en supermarché. Ramenée à quelques tranches de jambon, cette différence est infime pour le consommateur, mais elle est capitale pour Véronique, qui arrive à se verser un salaire, un exploit dans une filière en crise. « J'en vis correctement, après on n'est pas millionnaires. Si on comptait le Smic multiplié par le nombre d'heures, là on serait peut-être millionnaires, s'amuse-t-elle. Il ne faut pas seulement compter sur le conjoint. Moi je suis toute seule, donc je suis bien obligée de me tirer un salaire. »