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Dossier : Salon de l'Agriculture 2019

Salon de l'agriculture : la jolie vitrine ne doit pas faire oublier les difficultés des éleveurs bovins

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Par , France Bleu Mayenne

Les éleveurs bovins profitent du salon de l'agriculture pour parler des difficultés de leur métier aux visiteurs.

Hervé Legay peut être fier de sa vache Normande. Elle vient de remporter un prix au salon de l'agriculture 2019.
Hervé Legay peut être fier de sa vache Normande. Elle vient de remporter un prix au salon de l'agriculture 2019. © Radio France - Charlotte Coutard

Tous les éleveurs interrogés nous le disent, au salon de l'agriculture, ils oublient quelques heures les soucis de la ferme, les prix bas, les salaires faibles, les difficultés à payer toutes les factures. Mais ils profitent aussi de ce salon 2019 pour ne pas se faire oublier, et pour alerter les consommateurs.

Les producteurs laitiers toujours en difficulté

"Quand on est éleveur il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre", plaisante Hervé Legay, éleveur de vaches laitières de race Normande à Chevaigné-du-Maine en Mayenne. Il a repris l'exploitation familiale il y a sept ans, et il savait où il mettait les pieds. "En connaissance de cause. Je savais que ça allait être compliqué, mais j'avais la passion, j'adorais ça, donc c'est pour ça que je me suis installé. J'aime toujours ça, même si c'est sur qu'on connait des années difficiles depuis deux ou trois ans".

Hervé Legay vend le lait de ses vaches à la coopérative Sodiaal, il est payé 315 euros les 1000 litres. "Sans faire de folie, on arrive encore à joindre les deux bouts, après on se demande toujours jusqu'à quand ? parce que la crise dure depuis tellement longtemps qu'on se demande si on va en voir le bout", ajoute l'éleveur.

Une satisfaction tout de même pour lui ce dimanche, il vient de remporter un prix avec l'une de ses vaches sur le salon.

"Je savais que ça allait être compliqué, mais j'avais la passion".

Mais certains éleveurs ne résistent pas à cette crise. "L'année dernière, sur la coopérative, il y a 250 fermes adhérentes, et il y en a eu 20 qui ont arrêté le lait", explique Quentin Maurel, producteur laitier dans l'Ain. "Jusqu'à maintenant, c'était des gens de 55 ans, des petits élevages qui arrêtaient, parce que personne ne reprenaient, mais de plus en plus, on a des élevages de grosse taille qui s'arrêtent parce qu'il y a une démotivation".

Et ça se sent selon lui dans les relations entre tous les éleveurs et les acteurs de la filière : "c'est un monde qui est hyper tendu, c'est assez spécial, tout le monde se méfie de tout le monde de plus en plus j'ai l'impression".

Les éleveurs bovins producteurs de viande également concernés

Le malaise est aussi présent chez les éleveurs de vaches à viande. Arnaud Boucher est éleveur en Charente, et en parallèle, il est aussi enseignant dans un lycée agricole.

"On ne vit pas correctement de nos métiers [...] nous ne sommes plus maîtres du jeu".

"On ne vit pas correctement de nos métiers parce qu'on est dépendant de l'Union Européenne et des aides apportées. C'est très dur, et c'est pour ça que j'ai un autre métier à côté. Il faut que l’État et nos politiques mettent un peu plus de pression sur les grandes surfaces, parce que ce sont elles qui font la loi agricole malheureusement. Et nous, éleveurs, qui avons notre matière première, nous ne sommes plus maîtres du jeu. C'est le gros problème de l'agriculture d'aujourd'hui, et l'agriculture devrait avoir une place aussi dans le grand débat national".

Car étonnement, l'agriculture ne figure pas dans les quatre thèmes choisis pour le grand débat national. Or selon un sondage Odoxa, 93% des personnes interrogées trouvent les agriculteurs utiles, 92% les jugent courageux.

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