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Agriculture – Pêche

Sangliers contaminés, porcs abattus, forêts interdites : le point sur la peste porcine en 4 questions

vendredi 28 septembre 2018 à 5:35 Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

18 sangliers porteurs de la peste porcine africaine ont été découverts en Belgique depuis les deux premiers cas révélés le 13 septembre. À ce jour, la maladie n’a pas été détectée en France. Les autorités wallonnes ont bon espoir de restreindre le périmètre de confinement à compter du 15 octobre.

Sur 44 carcasses analysées, 18 sangliers ont été décelés positifs à la peste porcine africaine
Sur 44 carcasses analysées, 18 sangliers ont été décelés positifs à la peste porcine africaine © Radio France - Catherine Grain

Ardennes, France

Ce sont désormais 18 sangliers qui ont été détectés positifs à la peste porcine africaine en Belgique, depuis les deux premiers cas détectés le 13 septembre à Etalle, à une quinzaine de kilomètres des Ardennes françaises. Cette maladie touche les suidés, comprenez la famille des cochons. En clair, porcs et sangliers. Elle ne se transmet pas à l’homme mais celui-ci peut véhiculer le virus, notamment par le simple contact des vêtements. 

L’essentiel (mis à jour le 28 septembre)

  • 18 cas de sangliers porteurs de la peste porcine africaine ont été détectés dans la zone de confinement, aucun en-dehors. 
  • 4000 porcs d’élevage sont abattus à compter de ce vendredi 28 septembre. 
  • Les autorités belges comptent restreindre le périmètre de confinement et le clore à l’aide d’une barrière. 
  • La justice a ouvert une instruction pour une possible importation illégale de sangliers vers des parcs à gibiers non autorisés, l’une des causes possibles de l’arrivée du virus. 
La zone belge infectée par la peste porcine africaine - Aucun(e)
La zone belge infectée par la peste porcine africaine - Service public de Wallonie (http://geoportail.wallonie.be)

Comment s'est propagé le virus depuis sa détection ? 

En deux semaines, 30 agents du Département de la Nature et des Forêts et 48 chasseurs volontaires et formés ont sillonné les 63 000 hectares de la zone de confinement. Leurs patrouilles ont permis d’analyser 30 carcasses de sangliers trouvés à l’intérieur du périmètre sanitaire dont 18 se sont avérées être porteuses du virus. Les 14 autres animaux trouvés en-dehors de la zone sont tous sains. Jusqu’à présent les sangliers ont été retrouvés sur une zone d’environ 15 km sur 15, dans le secteur d’Etalle, Buzenol, Ethe, Lagland et Saint-Léger.

Comment le virus est arrivé jusqu’en Belgique ? 

La peste porcine africaine touche neuf pays de l’Union européenne. Elle n’était présente jusqu’alors qu’en Europe de l’Est, à 1000 km de la Belgique. Après avoir analysé l’ADN de 17 carcasses de sanglier, les scientifiques de l’Institut national de Santé publique belge (Sciensano) et du laboratoire espagnol CISA/INIA ont établi que les animaux malades en Belgique étaient porteurs du génotype II, celui qui circule en Europe de l’Est. 

Selon le ministère de l’Agriculture de Wallonie, les experts ont « tendance à privilégier le facteur humain » pour expliquer ce bond du virus jusqu’aux frontières françaises. Localement, le milieu de la chasse évoque l’éventualité d’importations illégales de sangliers en provenance d’Europe de l’Est et à destination de parcs à gibiers wallons, qui ne sont pourtant pas autorisés à détenir des sangliers. La justice a ouvert une instruction. Autre hypothèse : une contamination via des denrées alimentaires abandonnées au bord de la route par des voyageurs en provenance de pays infectés. 

Quelles mesures sur le terrain ? 

  • L’accès aux forêts de la zone touchée en province du Luxembourg restera interdit aux exploitants forestiers, aux promeneurs et aux chasseurs au moins jusqu’au 15 octobre. Il s’agit d’éviter que la maladie ne se propage soit par les sangliers qui fuiraient les chasseurs, soit en se faisant véhiculer par l’homme, sur les vêtements par exemple. 
  • A compter de ce vendredi 28 septembre, 4000 porcs des 58 élevages de la zone de confinement vont être abattus. Suivra un vide sanitaire de 18 mois pendant lequel les fermes de la zone ne pourront plus accueillir de porcs. C’est un chiffre d’affaire annuel d’un million 600 000 euros qui s’envole mais qui sera en partie compensé par des indemnités du gouvernement fédéral et de la Commission européenne. 
  • Les discussions pour compenser également les pertes des exploitants forestiers ont commencé le 27 septembre 2018, dans le cadre du conclave du gouvernement chargé de préparer le budget 2019.  L’activité forestière, représente 244 emplois sur le périmètre concerné. 
  • Le gouvernement wallon envisage de fermer physiquement le périmètre de sécurité à l’aide de clôtures. Cela concernera une zone probablement plus restreinte que les 63 000 hectares actuellement confinés. Si d’ici le 15 octobre, les probables nouveaux cas restent proches de ceux décelés jusqu’alors, les interdictions de circuler en forêt pourraient porter sur un périmètre restreint
  • À l’intérieur de cette zone où les cochons d’élevage auront déjà été abattus, on procèdera alors à l’éradication de tous les sangliers. Le gouvernement wallon estime qu’il y en a 2000. Une partie seront déjà morts de la peste porcine africaine, ceux qui y auront survécu seront abattus. 

Et côté français ? 

Au 27 septembre 2018, aucun cas de peste porcine africaine n’a été détecté dans le département français des Ardennes. La chasse au gros gibier reste interdite dans 43 communes proches de la frontière belge. Sur cette zone, les trois élevages porcins sont soumis à des règles sanitaires renforcées. Le recensement des petits propriétaires de cochons, qui ne sont pas enregistrés comme professionnels, se poursuit.