Agriculture – Pêche

Sarthe : la crise agricole affecte aussi les entreprises d'agro-fournitures

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine mercredi 28 septembre 2016 à 17:29

Un champs de maïs dans le nord-Sarthe
Un champs de maïs dans le nord-Sarthe © Radio France - Marie Mutricy

C'est l'effet domino de la crise des prix que traversent les éleveurs laitiers et bovins et des mauvaises récoltes de cet été : les commandes de tracteurs et d'intrants sont en baisse et sur les postes de dépenses inévitables, les entreprises d'agro-fournitures craignent des impayés.

En France, les prévisions sur marché des tracteurs sont plutôt pessimistes : "on prévoit une baisse d'au moins 15% des ventes au second semestre" précise Elodie Dessart, économiste pour l'Axema, le syndicat français des industriels de l'Agroéquipement. En fait la crise agricole a un effet domino sur les entreprises d'agro-fournitures : nourriture pour bétails, intrants, recours aux entrepreneurs agricoles, c'est toute la chaîne qui est menacée.

Moins de commandes

Exemple chez Anjou Maine Céréales. L'entreprise a plusieurs activités. Elle collecte les céréales et les oléagineux, elle vend des intrants et de la nourriture pour bétail. Les conséquences de la crise agricole se font ressentir confirme le PDG Pierre Guy : "notre collecte a été diminuée d'un quart par rapport à l'an dernier. Donc on a une perte de marge brute importante de ce point de vue. Le deuxième impact c'est que les agriculteurs montrent une frilosité à investir pour la prochaine récolte donc essayent de diminuer leurs intrants". Le chaulage (la chaux épandue dans les champs pour préparer la parcelle à une nouvelle récolte) a été la première victime selon lui, puisque "notre campagne d'été a diminué de 60%" précise le chef d'entreprise implanté en Mayenne, en Sarthe, dans le Maine-et-Loir et dans l'Orne. Enfin, il déplore des retards de paiement en augmentation.

Un manque de trésorerie

Mais ça ne veut pas dire que les commandes baissent forcément. Sécheresse oblige, les éleveurs doivent apporter des aliments à leurs animaux dans les champs, car la pâture ne suffit plus. "Mais ça n'empêche la difficulté de trésorerie des éleveurs laitiers dont le prix du lait est insuffisant pour faire face à leurs charges". Là aussi, il redoute les retards de paiement. Comme Franck Bellessort, entrepreneur de travaux agricoles en Sarthe : "Ça va être difficile aussi pour nous prestataire de service parce qu'il va falloir faire tampon".

Ils vont avoir recours à nos services quand même puisqu'en agricole, le travail est toujours là. Le soucis, ça va être que puisque les trésoreries sont très tendues, pour régler les factures ça va être difficile - Franck Bellessort, entrepreneur de travaux agricoles en Sarthe

Les ventes de tracteurs en baisse

Les ventes de tracteurs diminuent également, c'est le résultat de deux effets. La crise agricole c'est vrai mais aussi la fin de "l'effet Macron" (une déduction fiscale sur l'achat d'un nouvel engin). Selon les données statistiques d'Axema, cela devrait surtout se ressentir au second semestre. En Vendée les ventes d'aout par exemple sont inférieures à celles du même mois en 2015. En Mayenne, c'est carrément 50% de moins. Mais la Sarthe est préservée par la filière des Fermiers de Loué. Et face à la crise, les agriculteurs semblent retourner vers les Cuma, les coopératives d'utilisation de matériel agricole, explique Arnaud Mussard qui préside la fédération des Cuma en Sarthe : "notre force c'est qu'on a une assise financière plus large" donc la possibilité d'investir dans des ensileuses, notamment, cet hiver.

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