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Agriculture – Pêche

La sécheresse exceptionnelle inquiète les agriculteurs et les écologistes

jeudi 11 octobre 2018 à 17:18 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Après un été chaud et un mois de septembre exceptionnellement sec, une soixantaine de départements sont touchés par la sécheresse, du Nord-Est au nord de la Savoie et jusqu'au Limousin. Une situation qui inquiète et divise les agriculteurs et les écologistes.

Sécheresse dans le Haut-Rhin.
Sécheresse dans le Haut-Rhin. © Maxppp - Thierry GACHON

Malgré les fortes pluies qui se sont abattues sur la Bretagne et la Basse-Normandie puis la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ces derniers jours, le mois de septembre 2018 est l'un des plus secs que la France ait connu selon Météo France. La sécheresse qui touche aujourd'hui une soixantaine de départements a des conséquences sur les éleveurs qui manquent de fourrage pour nourrir les bêtes mais aussi sur la faune et la flore et même les particuliers par endroits. 

Quelles sont les causes de cette sécheresse exceptionnelle ?

Le déficit pluviométrique a atteint 70% sur l'ensemble du pays en septembre a indiqué Météo France dans un communiqué publié mardi 9 octobre. 

Ce manque de pluie, combiné à des températures élevées, "a accentué la sécheresse des sols superficiels" dans l'ensemble du pays. En clair, il n'y a pas assez d'eau pour que la végétation pousse. 

Quelles sont les régions les plus touchées ?

À ce jour, 62 départements sont en situation de restriction d'eau comme l'indique le site internet Propluvia (ministère de la Transition écologique et solidaire).

  - Visactu
© Visactu

C'est en Bourgogne-Franche-Comté, en Alsace, dans le Limousin et en Auvergne-Rhône-Alpes que les sols superficiels sont les plus secs. Le débit du Doubs notamment inquiète particulièrement les autorités locales.

Au 1er octobre précise Météo France, les sols superficiels étaient jusqu’à 30 % plus secs que la normale sur l’extrême nord du pays, les Alpes, le piémont pyrénéen, l’Eure, l’Eure-et-Loir et l’intérieur de la Corse. Sur le reste du pays, l’indice d’humidité des sols était généralement déficitaire de 40 à 60 %, voire de 60 à 80 % notamment du nord de l’Aveyron et du Limousin au Nord-Est.

Quelles conséquences pour les éleveurs ?

Faute de pluie, les sols et les cultures n'ont pas été convenablement irrigués et la végétation pour nourrir les bêtes se fait rare.

Dans certaines régions, les éleveurs ont déjà utilisé 50% de leur stock prévu pour nourrir les animaux cet hiver. C'est notamment le cas en Mayenne où la FDSEA s'est tournée vers ses homologues espagnols. 

En Bourgogne-Franche-Comté, la Confédération paysanne a lancé une opération "solidarité fourrage" pour éviter aux éleveurs de se ruiner en achetant du foin. Le syndicat met en relation les paysans les plus durement touchés et ceux qui ont réussi à mettre du fourrage de côté.

Pour acheter du fourrage, certains doivent aussi se résoudre à vendre des bêtes par anticipation, à l'image de Fabrice Jacquot qui s'attend à un "hiver terrible". Ce producteur de lait bio de Meurthe-et-Moselle a accepté de témoigner sur France Bleu.

TÉMOIGNAGE - "L'hiver va être terrible" : les éleveurs de Meurthe-et-Moselle inquiets après la sécheresse de l'été

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© Visactu

Quel impact pour la faune et la flore ?

A Annecy la sécheresse a fait descendre le niveau du lac au plus bas depuis 1947. Si cela a des conséquences positives sur les roselières, la sécheresse provoque en revanche des "assecs assez prononcés" dans le lit des cours d'eau de la région, une catastrophe pour la faune aquatique selon le directeur Environnement du Syndicat mixte du lac d'Annecy. En Haute-Vienne, la fédération de pêche parle de désastre écologique : toute forme de vie a disparu de plusieurs cours d'eau totalement à sec.

Les particuliers sont également touchés. En haute Corrèze, les pompiers ont été obligés d'acheminer de l'eau potable par camion-citerne dans les environs de Bort-les-Orgues pour éviter la pénurie mi-septembre, car les cours d'eau qui alimentaient les quelque 5.000 habitants étaient au plus bas.

Y a-t-il des solutions ?

Lors du sommet de l'élevage organisé en Auvergne la semaine dernière, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a de nouveau demandé un allègement de la taxe sur le foncier non bâti, des reports de cotisations sociales, et un accompagnement financier pour le transport du fourrage. 

En réponse, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a promis de faire tout ce qu'il peut pour obtenir une "reconnaissance de calamité agricole", qui devrait ouvrir la voie au versement d'indemnités. Une soixantaine d'agriculteurs ont manifesté mercredi dans les rues de Guéret (Creuse) pour réclamer à l'Etat d'accélérer les procédures.

En attendant, dans certaines des régions les plus touchées, les autorités locales ont pris des mesures. Dans le Jura par exemple, la préfecture a annoncé une réduction 25 à 45% de la taxe foncière sur les propriétés non bâties. Et en Haute-Saône, le conseil départemental a voté lundi une aide pour les agriculteurs du département. Une enveloppe globale de 600.000 euros pourrait être débloquée.