Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

Sécheresse : certains éleveurs de Savoie puisent déjà dans les stocks de fourrage prévus pour l'hiver

lundi 27 août 2018 à 6:05 Par Clément Conte, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Depuis plusieurs semaines, certains éleveurs de Savoie sont obligés de puiser dans les stocks de fourrage, prévus pour l'hiver, afin de nourrir correctement les animaux. Une conséquence directe de la sécheresse estivale qui a empêché la pousse d'herbe dans les prairies.

Les pâturages ont souffert de la sécheresse cet été
Les pâturages ont souffert de la sécheresse cet été © Radio France - Clément Conte

Domessin, France

Ils n'avaient pas connu une situation pareille depuis 2003, année de forte canicule en France. Beaucoup d'éleveurs savoyards subissent en ce moment les conséquences d'une grosse chaleur et d'une longue sécheresse cet été. Ces phénomènes impacteront la trésorerie des agriculteurs. 

Le premier effet de la météo sur les exploitations agricoles se voit presque à l’œil nu, avec des prairies jaunes, sans la moindre trace d'herbe, une bonne partie de l'été. "On a eu un printemps très pluvieux qui a asphyxié les sols. Ensuite, la chaleur et le vent ont cramé la couche superficielle et la végétation n'a pas pu pousser", explique Raphaël Nantois, président des Jeunes agriculteurs de Savoie. Dans ce décor parfois lunaire, il est impossible pour les animaux de se nourrir convenablement.

Le plan de secours pour les éleveurs, c'est de puiser d'ores et déjà dans les stocks de fourrage, réservés aux bêtes lorsqu'elles sont à l'étable, l'hiver. Seulement les réserves ne sont pas abondantes cette année : "On a attaqué les foins tardivement. Normalement on fait deux coupes, voire trois. Mais là, c'était impossible", confie Sébastien Guicherd, éleveur de vaches Salers à Domessin, dans l'avant-pays savoyard.

Le prix du foin augmente de plus en plus

Comme beaucoup d'éleveurs, Sébastien Guicherd est obligé d'acheter du foin à d'autres agriculteurs. Et dans une logique parfaite de l'offre et de la demande, les tarifs augmentent de plus en plus, semaine après semaine. 

La trésorerie des éleveurs en prend un coup avec cet achat supplémentaire imprévu. C'est la conséquence immédiate. Mais à la fin de l'hiver, au moment de faire les comptes, les éleveurs auront une autre mauvaise surprise : "Comme les bêtes mangent moins, elles sont moins grosses. Et des kilos en moins pour l'animal, ça se ressent financièrement, développe Raphaël Nantois. En plus, avec les fortes chaleurs, les bêtes ont perdu en production. Ce n'est pas donc pas impossible que l'on manque de lait et par conséquence, de fromages."

Le Président des jeunes agriculteurs de Savoie craint maintenant un découragement chez les éleveurs suite à cette crise fourragère : "Il y  aura moins d'argent pour les agriculteurs, c'est sûr, avec l'augmentation des charges à travers l'achat de fourrages et la baisse de la production. J'ai une inquiétude pour les éleveurs qui viennent de s'installer. Des situations comme celle-là peuvent les pousser à arrêter l'activité agricole." 

Pour connaître le bilan exact des conséquences de cet été très sec, les agriculteurs devront attendre la fin de l'hiver.