Agriculture – Pêche

Sécheresse en Côte-d'Or : à Aiserey une vingtaine d’agriculteurs ont misé sur des bassins de rétention d'eau

Par Stéphanie Perenon, France Bleu Bourgogne lundi 10 juillet 2017 à 5:00

A Aiserey les bassins de rétention d'eau de l'ASA de la Biètre fournissent une vingtaine d'agriculteurs tout au long de l'année
A Aiserey les bassins de rétention d'eau de l'ASA de la Biètre fournissent une vingtaine d'agriculteurs tout au long de l'année © Radio France - Stéphanie Perenon

Les mesures de restrictions d'eau ont encore été renforcées par la préfecture en Côte-d'Or. A Aiserey, une vingtaine d'agriculteurs font partie de l'ASA de la Biètre, qui gère plusieurs bassins de rétention d'eau, ce qui leur permet d'irriguer leurs productions tout au long de l'année.

Avec la sécheresse qui s'aggrave en Côte-d'Or, la préfecture a renforcé les mesures de restrictions d'eau. Treize des seize bassins du département manquent d'eau et c'est la Biètre qui est le plus dans le rouge. Un secteur où les agriculteurs n'ont pas attendu pour s'organiser : depuis plus de six ans maintenant l'ASA de la Biètre, l'Association Syndicale Autorisée, permet à une vingtaine d'agriculteurs d'irriguer leurs cultures tout au long de l'année grâce aux bassins de décantation de l'ancienne sucrerie. Le site a fermé en 2007 mais ces bassins ont été reconvertis en bassin de rétention d'eau.

Jean-Michel Fèvre le président de l'ASA de la Biètre devant les bassins de rétention d'eau qui irrigue les exploitations d'une vingtaine d'agriculteurs du secteur - Radio France
Jean-Michel Fèvre le président de l'ASA de la Biètre devant les bassins de rétention d'eau qui irrigue les exploitations d'une vingtaine d'agriculteurs du secteur © Radio France - Stéphanie Perenon

Un double intérêt pour les agriculteurs

Au total 22 agriculteurs de Brazey à Rouvres-en-Plaine, sont engagés dans le projet et composent l'association. Ils disposent de 800.000 m3 d'eau approvisionnés par pompage dans la nappe souterraine de la Biètre. L'intérêt est double : une meilleure gestion des nappes phréatiques et une sécurité pour assurer les productions quels que soient les aléas du climat. Jean-Michel Fèvre préside l'ASA de la Biètre depuis ses débuts et y voit de nombreux avantages.

"On est en ce moment dans une période où il est interdit de pomper dans la nappe de la Biètre mais nous avec nos bassins on a fait des réserves pendant l'hiver donc on peut continuer à irriguer nos cultures de type pommes de terre, oignons, semences et soja".

Jean-Michel Fèvre, présiodent de l'ASA de la Biètre

Le principe c'est que l'eau a été puisée pendant l'hiver, quand les niveaux des nappes sont au plus haut, entre octobre et avril. Il y a aussi une petite partie de réapprovisionnement de mai à fin juillet. "Là les pompes sont arrêtées mais avec les orages des derniers jours, a permis de maintenir les niveaux donc il devrait avoir asse d'eau pour finir la campagne", précise Jean-Michel Fèvre .

Un investissement sur le long terme

Au niveau travail, c'est aussi un gain de temps car "tout est mécanisé, l'eau est mise sous pression donc de ce point de vue, on a gagné en facilité et surtout on peut se permettre d'avoir des contrats avec des industriels". C'est l'énorme avantage de ce système pour Jean-Michel Fèvre car dit-il, "l’investissement est certes très important, on en a pour au moins quinze ans à rembourser donc ça nous coûte cher sur les exploitations mais ça sécurise notre rentabilité".

Le projet, inauguré en 2011, a coûté au total un peu plus de 7 millions d'euros.

Reportage