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Sécheresse : l'arrêté préfectoral qui irrite les agriculteurs sarthois

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Le nouvel arrêté sécheresse de la Sarthe limite le puisage de l'eau des rivières en cas de sécheresse. Si les agriculteurs ne contestent pas la nécessité de préserver la ressource, ils demandent plus de souplesse, notamment en pleine période de floraison du maïs.

Bastien Bourges et ses frères cultivent 130 hectares de maïs à Allonnes et Saint Gervais en Belin. Une grande partie sert à alimenter leur élevage de cochons Bastien Bourges et ses frères cultivent 130 hectares de maïs à Allonnes et Saint Gervais en Belin. Une grande partie sert à alimenter leur élevage de cochons
Bastien Bourges et ses frères cultivent 130 hectares de maïs à Allonnes et Saint Gervais en Belin. Une grande partie sert à alimenter leur élevage de cochons © Radio France - yann lastennet

Bastien Bourges longe son champs de maïs. Cet agriculteur sarthois a les yeux rivés sur son téléphone portable. "C'est un site internet qui me permet de piloter l'irrigation. Des courbes affichent les relevés des sondes plantées dans le sol. Elles indiquent le besoin d'eau pour la culture". Une aide précieuse qui permet à Bastien d'arroser avec précision son maïs. "de pouvoir arrêter ou reprendre l'irrigation au moment le plus opportun notamment l'été quand on a des orages. C'est toujours des volumes d'eau économisés". Car Bastien et ses 3 associés de frères savent que l'eau est précieuse. Ils exploitent 130 hectares de maïs entre Allonnes et Saint Gervais en Belin, là où se trouve leur exploitation. Du maïs qui sert en grande partie à l'alimentation de leur élevage de porcs comme l'orge et le blé qu'ils produisent. Oui mais voilà, le nouvel arrêté préfectoral sur l'usage de l'eau vient bouleverser leurs plans. "Une partie de nos parcelles de maïs se trouvent dans la zone Sarthe Médiane. Depuis l'entrée en vigueur de cet arrêté, nous devons réduire de 40 % les volumes d'eau que nous puisons dans la rivière ou dans les puits__. Ce qui n'était pas le cas l'année dernière". 

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Or nous sommes en pleine période de floraison du maïs, moment où la plante a besoin d'eau pour se développer. La qualité et les rendements des futures récoltes en dépendent. " Avec cet arrêté, cela veut dire que 40% de la zone ne sera pas arrosée ou que l'arrosage sera réduit de 40%. Dans tous les cas, c'est une perte de rendement et de tous les investissements que l'on a pu faire au printemps sur le semi, le désherbage, le binage ou l'engrais".  Une perte aussi de nourriture pour les cochons et le risque de devoir acheter du maïs sur les marchés "à un prix incertain". Une logique que ne comprend pas vraiment Bastien alors que la crise sanitaire a mis en lumière le besoin impérieux de souveraineté alimentaire. " Pour les éleveurs de porcs comme nous, c'est une perte de l'autonomie alimentaire. C'est assez paradoxal de devoir importer des céréales ou même de la viande de pays tiers qui n'ont pas les mêmes contraintes que nous".

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Un arrêté préfectoral déjà appliqué dans les autres départements des Pays de la Loire  

Si Bastien ne conteste pas la nécessité de préserver la ressource en cas de sécheresse, il souhaite aussi un peu de souplesse pour les exploitants. "Mais cet arrêté sur l'usage de l'eau ne tombe pas du ciel" lui répond Patrick Dallennes. "Il est le fruit de longues négociations avec les agriculteurs. Il est d'ailleurs appliqué depuis un an dans les autres départements des Pays de la Loire__. C'est donc une mise en conformité". Le Préfet de la Sarthe rappelle aussi que cette restriction de l'usage de l'eau ne s'applique pas partout de la même façon. "D'abord, on a quatre niveaux de restrictions jusqu'à la situation de crise où l'on interdit tous les usages. Il y a aussi une progressivité parce qu'on n'applique pas les mêmes mesures dans tout le département, on agit bassin par bassin, en fonction des constatations qu'on le peut faire et des ressources en eau disponibles. Il y a aussi des dérogations. Et puis les agriculteurs peuvent mutualiser leurs capacités d'irrigation". C'est à dire que si l'un d'entre eux a besoin de moins puiser d'eau que son voisin, il peut lui octroyer le reste du volume d'eau qu'il n'a pas utilisé. 

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Le maïs fourrage n'est pas très développé pour la saison. Il a besoin d'eau © Radio France - yann lastennet

Construire des zones de stockage 

Ces restrictions de l'usage de l'eau sont nécessaires pour préserver la ressource en été. Et pourtant, l'eau tombe parfois en abondance en automne ou en hiver comme l'an passé. De la pluie qui pourrait être captée en créant des réserves. " Des zones de stockage qui pourraient non seulement servir aux agriculteurs mais aussi à la sécurité civile et à la bio diversité "explique Michel Dauton, le président de la Chambre d'agriculture de la Sarthe qui ne veut pas que ces zones de stockages soient à la seule charge des agriculteurs. " Ces créations de réserves peuvent être coûteuses car on sait que les sols du département sont sableux donc cela veut dire des réserves bâchées". 

Mais selon Michel Dauton, il en va de l'avenir de la filière agricole en Sarthe. "Derrière il y a des enjeux de production. De maintien dans notre département d'une production agricole diversifiée, tournée vers l'élevage car nos productions agricoles sont d'abord et avant tout à destination des élevages. Que ce soit en fourrage ou en grains, la filière Loué par exemple à besoin de maïs grains pour nourrir ses poulets". Pour le président de la chambre d'agriculture, il en va aussi de l'attractivité du métier. "Sachant que 35% des agriculteurs ont plus de 55 ans, cela pose la question du renouvellement des générations". 

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Le préfet de la Sarthe n'est pas contre le principe de création de zone de stockage en eau. " A condition qu'elles respectent les équilibres écologiques et que cela soit économiquement rentable pour les agriculteurs, ce peut être une bonne solution". Patrick Dallennes affirme même que cela fait partie des objectifs prioritaires qu'il s'est fixé en tant que préfet de la Sarthe; 

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