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Agriculture – Pêche

Sécheresse : les prix du fourrage flambent, la FDSEA de Haute-Saône appelle à la raison

La sécheresse qui touche le nord de l'Europe provoque une flambée des prix du fourrage. Des agriculteurs belges et néerlandais viennent en acheter en France. Leur pouvoir d'achat étant supérieur à celui des exploitants français, les prix doublent. Les agriculteurs de Haute-Saône ne peuvent suivre.

Manque de fourrage en Haute-Saône.
Manque de fourrage en Haute-Saône. © Radio France - Jean-Francois FERNANDEZ

Moimay, France

Les producteurs laitiers de Haute-Saône et du Territoire de Belfort se seraient bien passés de cette nouvelle épreuve. Tout le monde connait la crise du lait, le prix du litre qui est acheté aux exploitants agricoles n'étant pas en adéquation avec le coût de production, certaines exploitations tournent à perte et ont du mal à faire surface. 

C'est dans ce contexte que la sécheresse est venue frapper la profession dans le Nord Franche-Comté cet été.

Il faut savoir que sur une exploitation laitière, il y a d'une part les vaches laitières, mais il y a aussi des surfaces cultivées. Contrairement à d'autres régions de France où les cultures sont une source de revenus avec la revente, en Franche-Comté les producteurs laitiers cultivent : blé, soja, maïs pour nourrir leurs bêtes durant les 12 mois que dure une saison. 

Les exploitants agricoles sont obligés de nourrir les bêtes avec le fourrage destiné à l'hiver. - Radio France
Les exploitants agricoles sont obligés de nourrir les bêtes avec le fourrage destiné à l'hiver. © Radio France - Jean-Francois FERNANDEZ

Les conséquences de la sécheresse

Selon les secteurs, le blé a en général bien donné, avec parfois 15  jours d'avance. En revanche, la sécheresse à frappé le Nord Franche-Comté au moment où le maïs avait besoin d'eau pour grossir. Dans de nombreuses exploitations, le maïs qui a trop souffert du manque d'eau n'a pas les qualités nutritives nécessaires, et il va falloir en acheter pour nourrir les vaches cet hiver. 

De même, avec un été trop sec, il a été difficile de faire du fourrage. Après la moisson, les herbes repoussent, c'est ce que l'on appel le regain. Sur une exploitation laitière la paille est utilisée à la fois pour nourrir les vaches en hiver, mais aussi pour faire les litières. Sans ce fourrage, une exploitation ne peut tourner.

Manque de fourrage en Haute-Saône.Illustration - Radio France
Manque de fourrage en Haute-Saône.Illustration © Radio France - Jean-Francois FERNANDEZ

Acheter du fourrage à l'exterieur

Depuis quelques années, la FDSEA de Haute-Saône lance une opération "paille". Le syndicat agricole négocie des tarifs intéressants à la tonne auprès d'exploitations de la Marne et de l'Aube, moins exposées aux aléas climatiques que la Franche-Comté. Des camions de paille sont ainsi achetés au tarif de groupe, et sont livrés fin août début septembre dans les exploitations de la Haute-Saône. La FDSEA du Territoire de Belfort a également lancé une commande groupée.

Pour avoir une telle sécheresse, il faut remonter à 2003. Pascal Koehly, le président de la FDSEA du Territoire de Belfort attend des pluies d'automne pour éventuellement limiter la casse.  

Pascal Koehly, Président FDSEA du Territoire de Belfort

De la paille en plein mois d'août pour nourrir les vaches laitières - Radio France
De la paille en plein mois d'août pour nourrir les vaches laitières © Radio France - Jean-Francois FERNANDEZ

Les prix de la paille flambent

La sécheresse touche également les pays au Nord de la France, ainsi des agriculteurs belges et néerlandais viennent en France acheter du fourrage. Cette forte demande, avec un pouvoir d'achat supérieur de nos voisins, provoque une spéculation, et les prix flambent. Habituellement  la tonne de paille est achetée auprès d'agriculteurs de la Marne de l'Aube 72 euros, mais cet été  dans certains départements des agriculteurs demandent jusqu'à 120 ou 130 euros la tonne. La FDSEA de Haute-Saône lance un appel à la solidarité avec des prix plus raisonnables.

Alexandre Lacroix, directeur adjoint de la FDSEA de Haute-Saône.

La FDSEA de Haute-Saône a déjà regroupé des commandes de paille pour 1000 tonnes, mais il en faudrait encore 600. La FDSEA du Territoire de Belfort a pour sa part commandé 250 tonnes de paille. Mais à 120 euros la tonne, les exploitants du Nord Franche-Comté ne peuvent suivre.

Reportage avec un exploitant installé à Moimay, l'achat de fourrage provoque des dépenses imprévues qui vont fragiliser l'équilibre financier de l'exploitation.

Les premiers camions de livraison ont commencé à arriver dans les exploitations, mais le gros des livraisons se fera en septembre, à condition de trouver des tarifs décents.  

La FDSEA de Haute-Saône a demandé à la FNSEA de contacter au niveau national l'Association Française des Sociétés d'Autoroute pour obtenir la gratuité aux péages des camions transportant de la paille, une mesure qui s'est déjà faite par le passé.

Le sénateur de Haute-Saône (Les Républicains) Michel Raison intervient auprès du gouvernement  

Le sénateur de Haute-Saône Michel Raison vient d'envoyer un courrier à Elisabeth Borne (ministre chargée des transports) et Stéphane Travert (ministre de l'agriculture) pour demander au gouvernement d'intervenir auprès de l'Association des Sociétés Françaises d'Autoroutes.  Michel Raison rappelle qu'en 2011 l'ASFA avait accordé la gratuité des péages pour les camions de fourrage. Le sénateur "Les Républicains" de Haute-Saône appuie et relaie ainsi la demande formulée par la FDSEA de Haute-Saône face à la pénurie de fourrage qui entraîne des dépenses supplémentaires pour les exploitations agricoles.

Les exploitants agricoles sont obligés de nourrir les bêtes avec le fourrage destiné à l'hiver.  - Radio France
Les exploitants agricoles sont obligés de nourrir les bêtes avec le fourrage destiné à l'hiver. © Radio France - Jean-Francois FERNANDEZ