Agriculture – Pêche

Signature d'une charte pour limiter les pesticides en Haute-Vienne et Corrèze

Par Julien Balidas, France Bleu Limousin lundi 20 mars 2017 à 11:04

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Illustration. © Maxppp - MAXPPP

Après deux ans de négociations, pomiculteurs, riverains, associations de défense de l'environnement et pouvoirs publics de la Corrèze et de la Haute-Vienne signent ce lundi une charte de bonnes pratiques pour limiter les pesticides.

La charte des bonnes pratiques pour limiter l'usage des pesticides est signée ce lundi. Le président de l'association Alerte des Médecins sur les pesticides Pierre-Michel Périnaud était notre invité ce lundi matin pour évoquer le sujet.

Quelles sont les avancées avec cette charte ?

"Déjà on entérine un dialogue constructif entre des points de vue qui au départ étaient irréconciliables. Ce qu'on a construit dans cette charte, c'est quelque chose qui va durer. Notre point de vue à nous, c'était de dire qu'il y a des choses qui doivent concerner tout de suite le problème de la dérive. C'est le fait que quand vous épandez des pesticides, il y a une dérive aérienne. Il y avait des points importants comme le respect de la vitesse du vent par exemple. D'où l'installation de manches à air ou de haies anti-dérive. Rien de tout cela n'est suffisant bien sûr, c'est pour ça que dans la charte il y a aussi l'examen des pesticides les plus toxiques."

Tout n'est pas réglé donc...

"Bien sûr que non. Il y a deux ans, on était à couteaux tirés. Il y avait un contexte conflictuel. Là on avance. C'est un point de départ. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut surveiller de près les pesticides les plus dangereux."

L'un des points de la charte, c'est l'interdiction désormais d'exploiter à 50 mètres des limites des propriétés et non plus à 50 mètres des maisons. Il y a une perte de surface pour les producteurs. Comment on fait ?

"S'il n'y a pas de haie là oui le producteur doit reculer. Il faut donc mettre une haie."

Combien de temps auront les exploitants pour faire les aménagements nécessaires ?

"Il y a un comité de suivi qui se met en place. Le but c'est de contractualiser avec chaque producteur et de trouver des solutions. Tout cela va demander un peu de temps."

En Nouvelle-Aquitaine, il y a aussi énormément de vignes ou autres. Vous agissez hors-Limousin ?

"La préoccupation est aussi dans la viticulture. Notre association a enfin obtenu une étude nationale concernant l'ensemble des régions viticoles et arboricoles concernant les cancers pédiatriques. On va donc en deux, trois ans, pouvoir répondre à la question."