Agriculture – Pêche

Six mois après les manifestations de l’été, les agriculteurs ne vivent pas mieux

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord mercredi 20 janvier 2016 à 18:20

L'A31 bloquée à la Maxe en Moselle à l'été 2014.
L'A31 bloquée à la Maxe en Moselle à l'été 2014. - Vianney Smiarowski

Six mois après un été de lutte chez les agriculteurs, rien ne semble s’améliorer selon eux. Les Jeunes agriculteurs de Moselle tenaient mercredi 20 janvier leur assemblée générale à Rémilly. Tous affirment qu'ils ne vendent pas plus cher leur viande ou leur lait.

Le moral n’est pas revenu six mois après de fortes mobilisations du monde agricole partout en France et en Moselle. L’été dernier, des routes ont été bloquées, des opérations escargots se sont enchainées, des parkings de supermarchés ont été recouverts de lisier, des industriels ont été interpellés. Le gouvernement a réuni tous les acteurs autour d’une même table pour renégocier des prix d’achats. Mais après quelques déclarations de bonnes intentions, les jeunes agriculteurs mosellans ont le sentiment d’être revenus à la case départ. Ils étaient réunis mercredi 20 janvier en assemblée générale à Rémilly. Ils ont élu un nouveau président (photo ci-dessous), Adrien Defloraine, céréalier à Rezonville.

Pourtant, l'Etat a mis la main à la poche cet automne. En Lorraine, quatre millions d'euros ont été versés. Mais c’est dérisoire explique Julien Charpentier, l'ex-président des Jeunes agriculteurs de Moselle : « quand on entend des annonces à coups de millions d’euros, le grand public peut se dire que les agriculteurs vont encore toucher beaucoup d’argent. Mais, pour une exploitation moyenne en Moselle, cela n’a représenté que 300 à 400 euros d’aides ».

L’accord sur la viande n’a tenu que quelques jours

Le gouvernement a également forcé les industriels à négocier de meilleurs prix d'achat, notamment sur la viande. Seulement là aussi, c'est un coup d'épée dans l'eau raconte Jeremy Risse, secrétaire général adjoint des JA 57 : « on devait avoir une augmentation du kilo de viande de cinq centimes par semaine pendant cinq semaines. Et à peine quelques jours après ces négociations, l’accord n’était plus respecté ».

Impossible de prendre un engagement sur les prix

Un représentant de l'abattoir Charal de Metz avoue qu' « il est impossible de s'engager sur un prix minimum. La concurrence mondiale est trop rude, et l'embargo russe fait mal ».

En France, quatre grandes centrales d'achats achètent 90% de la production agricole. La Moselle compte environ 2 000 exploitations agricoles.

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Le nouveau président des JA 57, Adrien Defloraine élu en 2016. - Aucun(e)
Le nouveau président des JA 57, Adrien Defloraine élu en 2016. - François Pelleray

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