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"Zones de non-traitement" : "on va perdre 2% de la surface agricole utile pour une mesure qui ne servira à rien"

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Par , France Bleu Lorraine Nord

Cette semaine, des centaines de "feux de la colère" ont été allumés en France, pour protester notamment contre le projet de "zones de non traitement". Par ailleurs, le film "Au nom de la terre" est sorti hier, il évoque le suicide des agriculteurs : un agriculteur se suicide chaque jour en France.

Un tracteur effectue un épandage dans un champ
Un tracteur effectue un épandage dans un champ © Maxppp - Romain Boulanger

Le malaise et la colère des agriculteurs une nouvelle fois au coeur de l'actualité. Cette semaine, des centaines de paysans ont allumédes "feux de la colère", un peu partout en France, à l'appel de la FNSEA, pour protester notamment contre le projet "zones de non traitement", les ZNT, qui prévoient des zones où toute pulvérisation de pesticide serait interdite. 

Un suicide par jour chez les agriculteurs

Malaise aussi au moment de la sortie hier en salles du film "Au nom de la terre", avec Guillaume Canet. Le réalisateur y raconte son père, un agriculteur qui a fini par mettre fin à ses jours : un sujet qui colle tristement à la réalité, puisqu'en effet, un agriculteur se suicide chaque jour en France : "C'est le genre de film qui peut vraiment mettre un coup de projecteur sur un problème, qui existe depuis de nombreuses années", souligne Sylvain Franz, président de la Coordination rurale 57, invité de France Bleu Lorraine ce jeudi.

"Aujourd'hui, tous les agriculteurs connaissent d'autres agriculteurs qui se sont suicidés. Le phénomène s'est amplifié ces dernières années, avec les crises agricoles successives", explique-t-il. Pour lui, plusieurs phénomènes sont liés : "une pression interne des filières agricoles, on nous demande de faire toujours plus, et une pression politique et sociétale, avec des normes et des contraintes toujours plus importantes."

Les normes françaises et la concurrence mondiale : "c'est comme si on interdisait les crampons aux joueurs de foot français et qu'on s'attendait à ce qu'ils gagnent la coupe du monde !"

Parmi ces "contraintes", donc, les fameuses ZNT, voulues par le gouvernement. Or, selon Sylvain Franz, "on a déjà en France une agriculture très propre avec une traçabilité exceptionnelle, on a des pulvérisateurs qui subissent un contrôle technique, on a des certificats pour avoir le droit d'épandre ces produits, et à côté de ça, on importe en France des produits qui n'ont pas les mêmes normes que nous. C'est comme si on interdisait les crampons aux joueurs de foot français et qu'on s'attendait à ce qu'ils gagnent la coupe du monde !"

La première cause de mortalité en France, c'est le tabac, pas les pesticides." - Sylvain Franz

Mais que répondre aux riverains, qui habitent à cinq ou dix mètres des exploitations, et qui, de fait, subissent l'épandage des pesticides ? "On a un matériel très performant, avec des buses anti-dérives, on passe très tôt le matin, entre 5h et 7h, on essaye au maximum de le faire quand les gens ne sont pas au bord du champ. La première cause de mortalité en France, c'est le tabac, pas les pesticides. Aucun lien n'est prouvé entre le fongicide qu'on met pour qu'un blé ne soit pas malade et que les gens aient des cancers plus tard." Là dessus, le débat est ouvert.

Une mesure "qui ne satisfait pas non plus les écologistes"

La Coordination rurale demande, en tout cas, "que le gouvernement retire cette mesure. Elle ne satisfait pas non plus les écologistes. Et pour nous, ça représente 2% de la surface agricole utile qui serait perdue en France. On ne peut pas se le permettre pour une mesure qui ne servirait à rien". 

Sylvain Franz, invité de France Bleu Lorraine

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