Agriculture – Pêche

TAFTA et CETA : le fromage Ossau-Iraty contre-attaque

Par Bixente Vrignon, France Bleu Béarn et France Bleu Pays Basque mercredi 21 septembre 2016 à 20:07

Peio Etxeleku de la fromagerie Agour
Peio Etxeleku de la fromagerie Agour © Maxppp -

Le fromage basco-béarnais demande à être inclus dans la liste des 143 AOP protégées au Canada. Il a aussi ouvert un dossier pour être protégé sur le marché des Etats-Unis.

Le fromage Ossau-Iraty c'est une tomme de brebis à pâte pressée, mais surtout l'image de bergers en montagne qui transhument avec leurs brebis. Une valeur ajoutée qui permet de rémunérer le lait à un prix bien meilleur que celui du marché pour les bergers, et les laiteries locales. Mais les producteurs craignent l'accord CETA, que l'Union Européenne prévoit de signer fin octobre. Le CETA c'est un accord avec le Canada pour supprimer les droits de douane, mais il a fallu faire des concessions: l'Union ne protègera que 143 des 3.000 AOP européennes, celles qu'elle estime les plus performantes à l'export. Le Roquefort fait partie de la liste, mais pas l'Ossau-Iraty.

Mais l'Ossau-Iraty risque-t-il vraiment d'être copié par d’hypothétiques bergers canadiens ? C'est loin d'être de la science-fiction pour Francis Poineau, producteur de fromage à Moncayolle et membre du Conseil d'Administration de l'Ossau-Iraty. Il a lui-même formé des producteurs québécois qui se sont mis à fabriquer le même type de fromage au Québec.

Francis Poineau producteur à Moncayolle et transhumant à Larrau

Derrière le CETA avec le Canada, se profile le TAFTA avec les Etats-Unis. Alors l'Ossau-Iraty a pris les devants et décidé d'ouvrir une procédure pour être protégé en fonction des lois des Etats-Unis sans attendre d'accord. Parce que le fromage réalise 10 à 15% de ses ventes à l'export, et c'est là que se trouve ses perspectives de progression les plus prometteuses pour Peio Etxeleku, de la fromagerie Agour à Hélette.

Peio Etxeleku, fromagerie Agour

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