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Tensions autour de l'interdiction de la pêche à la palourde dans l'Étang de Berre

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Après une diminution gravissime du nombre de palourdes dans l'Étang de Berre cet été, la préfecture a interdit la pêche de ce coquillage. Aujourd'hui, certains pêcheurs se retrouvent sans ressources et pointent du doigt la responsabilité de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas.

80% des palourdes ont disparu cet été dans l'étang de Berre
80% des palourdes ont disparu cet été dans l'étang de Berre © Radio France - Gipreb

En seulement quelques jours cet été, 80% de la population de palourdes a disparu dans l'Étang de Berre selon les estimations du GIPREB, le Groupement d'Intérêt Public pour la Réhabilitation de l'étang de Berre . La préfecture a donc interdit la pêche de ce coquillage le 10 septembre 2018, huit mois seulement après son autorisation. Les pêcheurs en mono-activité, soit une dizaine de familles qui ne vivait que de la palourde, se retrouvent aujourd'hui sans ressources. Ils sont contraints d'arrêter le travail et risquent une amende de 22.500 euros s'ils ne respectent pas l'interdiction.

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Une catastrophe écologique

Les rejets en eaux douces dans l'anse de Saint-Chamas © Radio France - Gipreb

La disparition des palourdes est due à un phénomène rarissime : l'Étang de Berre a manqué d'oxygène cet été. C'est ce que les scientifiques appellent l'anoxie. Cela a provoqué la mort de plusieurs espèces de poissons, en plus de la disparition inquiétante des palourdes. "Ce phénomène est dû a une combinaison de plusieurs facteurs : le manque de vent, la chaleur et les rejets en eau douce de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas", explique Nicolas Mayot scientifique au GIPRED.  Ces rejets d'eau douce chargée en nitrates font baisser la salinité de l'Étang et favorise son asphyxie.

Les anguilles aussi ont souffert du manque d'oxygène © Radio France - Gipreb

Les pêcheurs en mono-activité en colère

Pour la dizaine de pêcheurs qui ont tout misé sur la palourde, la responsabilité de la centrale hydroélectrique est très dure à digérer. "Ce qu'on constate c'est que personne, je dis bien personne, ne veut entendre parler de la centrale et personne ne veut rien faire pour arrêter cette catastrophe", s'indigne Virginie Bendjema, femme d'un pêcheur de palourde et représentante des pêcheurs en mono-activité.  

Les autorités n'ont pas de solutions

Aucune aide n'est proposée aux pêcheurs qui se retrouvent sans salaires depuis l'interdiction. "Comment on peut les aider ? Je n'ai pas de réponses. On ne peut pas reprocher à l'Etat de ne rien faire pour des gens qui se sont mis dans des situations dont on ne peut pas dépendre aujourd'hui. C'est un problème d'entreprise, c'est pas le problème de l'Etat qui lui est là pour s'assurer de la durabilité des stocks. Dès que les conditions de réouverture de la pêche seront réunies, on le fera", explique Nicolas Chomard, chargé des affaires maritimes à la DDTM, la Direction Départementale des Territoires de la Mer. Les autorités administratives doivent se réunir le 17 octobre 2018 pour faire le point sur la situation.

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