Agriculture – Pêche

Tereos va augmenter sa production de 30% cette année pour faire face à la fin des quotas de sucre

Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord et France Bleu Picardie mardi 3 octobre 2017 à 6:30

Cette année Denis Gosselet, agriculteur à Cambrai a cultivé 10% de betteraves en plus
Cette année Denis Gosselet, agriculteur à Cambrai a cultivé 10% de betteraves en plus © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Depuis dimanche, il n'y a plus de quotas sucriers en Europe. Les industriels peuvent donc produire autant qu'ils veulent mais sans avoir de prix minimum garanti. Pour faire face à la concurrence mondiale, Tereos avec ses 7 sucreries, et 9000 coopérateurs dans la région a du s'adapter.

La campagne betteravière qui bat son plein en ce moment dans les champs de la région est un peu particulière cette année car elle marque depuis le 1° octobre la fin des quotas sucriers en Europe. Les industriels pourront donc produire ce qu'ils veulent pour le marché mondial, mais il n'y aura pas de prix minimum garanti sur un marché où les cours sont très fluctuants.

Pour faire face à cette concurrence mondiale notamment des pays d'Amérique du Sud, Tereos, n°1 du sucre en France qui possède 7 sucreries dans les Hauts de France a anticipé depuis plusieurs années. L'idée c'est de produire plus pour compenser la baisse des prix. L'industriel a donc décidé d'augmenter sa production de 30% et pour relever le défi, Tereos a aidé ses 9000 collaborateurs à cultiver 25% de surface supplémentaire, allongé la campagne d'une quinzaine de jours pour atteindre 140 jours, embauché 270 personnes en France et investit très fortement dans ses usines, 100 millions d'euros sur 5 ans pour réduire les consommations d'énergie ou encore pour créer à Escaudoeuvres dans le Cambrésis un centre logistique destiné à l'export Hors Europe de 500 000 tonnes de sucre par an.

Une campagne qui s'annonce meilleure que les 5 dernières années

Malgré des cours mondiaux très bas, Tereos se dit prêt à affronter la concurrence mondiale avec cette stratégie d'autant plus que la campagne s'annonce prometteuse avec un potentiel de rendement de plus de 90 tonnes à l'hectare soit 8% de plus que la moyenne des 5 dernières années.

Pour passer le cap, Tereos garantit quand même un prix de 25 euros la tonne à ses producteurs comme Denis Gosselet de Cambrai qui a accepté d'augmenter de 3 hectares sa surface en betteraves soit une hausse de 10%. L'agriculteur qui a sacrifié un peu de culture de blé se dit confiant pour cette nouvelle page de l'histoire betteravière.

Denis Gosselet agriculteur à Cambrai

Christophe Mullie le président de la confédération interdépartementale betteravière Nord et Pas de Calais attend lui que les cours remontent car la situation risque d'être tendue selon lui dès l'année prochaine. Avec la confédération il réfléchit à un mécanisme d'aide aux agriculteurs en cas d'aléas climatiques.