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Terre de Touraine : "l’Hexagone a la chance d’avoir encore une agriculture variée et très organisée"

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Par , France Bleu Touraine

Avec Philippe Guilbert, journaliste à Terre de Touraine, nous évoquons la place de l"agriculture dans la crise sanitaire actuelle.

Terre de Touraine
Terre de Touraine - *

Journaliste à Terre de Touraine, Philippe Guilbert répond aux questions de France Bleu Touraine sur la situation agricole actuelle. 

La France manque de masques, mais elle mange ?

Dans tous ces malheurs secouant l’humanité, l’Hexagone a la chance d’avoir encore une agriculture variée et très organisée et comme par magie, l’AgriBashing s’est évaporé. Ses paysans cultivent, sèment, élèvent, stockent,  transforment, livrent. Finalement il aura fallu peu de temps à des filières agricoles réactives pour reconnecter les circuits de vente en accord avec les pouvoirs publics afin que les français, la peur au ventre ne le gardent pas vide.

Mais les filières sont perturbées malgré, tout. Qu’est-ce qui marche, qu’est-ce qui coince ? 

L’actualité des filières est très mouvante, mais les magasins du pays ne manquent de rien. Les bonnes nouvelles, ce sont les réouvertures sous conditions des marchés de plein air, la naissance de mini-marchés de producteurs sur les parkings  de la grande distribution ou près de commerce fréquentés comme les boulangeries. 

Du nouveau aussi pour les horticulteurs et les pépiniéristes ?

Effectivement, autorisés à reprendre les livraisons sur commandes, ils ont vu avec beaucoup de soulagement, rouvrir jeudi les jardineries pour les plants de légumes. Il est difficile pour les autorités d’expliquer côté sécurité sanitaire,  la différence entre un supermarché parfois bondé installant un grand rayon pour le potager et une jardinerie contrainte de rester fermée. Mais la vente des végétaux d’ornements reste problématique. 

Dans Terre de Touraine vous évoquez aussi la résilience des petits réseaux organisés ?

C’est juste, Last but not least, ce n’est pas parce que l’on est petit qu’on est négligeable. En première ligne de front pour remplir les paniers, les AMAP et le réseau « Ruche qui dit oui ». Au total une bonne cinquantaine  de petites communautés organisées faisant le lien entre les producteurs et les consommateurs. Pour les AMAP, les paniers disponibles sont payés d’avance au trimestre. Quant au réseau des Ruches tout se passe par internet au gré des offres et des besoins de  famille. Leur point fort, pas d’échanges d’argent et des rapports distants faciles à organiser. 

L’Indre et Loire compte aussi quelques magasins de producteurs ?

Oui et il y a fort à parier qu’il s’en ouvrira d’autres car ils cartonnent forts. Je les cite. Tours de ferme à Joué, la Charrette à Chambray et Truyes, Saveurs Lochoise à Loches, KDi fermier à Chaveignes et le dernier né, « à la ferme » à Ligueil font le plein. Restés ouverts, souvent ils proposent une formule drive, voire des livraisons pour les personnes vulnérables. La fréquentation  est aussi dopée par l’occupation comme en plein été des gîtes et des résidences secondaires. 

Eh oui une base arrière à la campagne, c’est toujours utile quand on peut le faire en cas de crise. Mais pour ceux qui n’ont pas cette chance, comment trouver des produits fermiers ?

Tout simplement dans les débits alimentaires, en général la distribution joue le jeu du « local ». Mais la profession a fait feux de tout bois pour mettre en relation directe producteurs et consommateurs. La page face book des jeunes  agriculteurs d’Indre et Loire qui recensait près de 200 producteurs en début de semaine affichait en quelques jours 50 000 connexions. Carte annoncée sur le site France Bleu Touraine depuis une semaine déjà. Trois autres sites sont aussi à connaître. « Amangerpreschezmoi »  en un seul mot et « mangez local, mangez touraine ». Le conseil régional a mise en ligne une plateforme sensée fédérer toutes ces initiatives, « produits-frais-locaux-centre-valdeloire » avec le tiret du 6 entre chaque mot. 

Vous avez évoqué les difficultés des horticulteurs et des éleveurs de chèvre pour écouler leurs produits ?

A cette liste j’ajouterai les producteurs d’agneaux, le gigot de Pâques, pièce maitresse du repas familial à du plomb dans l’aile avec des familles égaillées. Et les agneaux nés à noël ne trouvent pas toujours preneur.  

Pour les autres, la réouverture de nombreux marchés et des jardineries comme je l’ai dit leur donne un peu d’oxygène. Dans les chèvreries fermières, les éleveurs tentent de réduire la production de lait alors que les chèvres au contraire,  sont portées par la nature à donner le maximum. Certains vont reporter le lait à plus tard en congelant une partie du caillé, voire en lançant la production de tomme de chèvre. Terre de Touraine publie une pleine page de conseils aux éleveurs sur ces sujets. 

Des tommes de chèvres, dites donc, elle nous offre malgré tout quelques bonnes surprises cette crise sanitaire ?

Oui, si l’on peut dire. Mais il vous faudra, gourmand, attendre deux mois d’affinage avant de mordre dedans. Et n’oubliez pas, entier ou découpé pensez aussi à l’agneau de Touraine !

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