Agriculture – Pêche

Sécurité en tracteur : la cabine ou la vie

Par Marie Blondiau, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 23 août 2016 à 19:13

La dernière étude sur le sujet, en 2010, évoquait 20 à 30 décès par an en France suite à des renversements d'engins agricoles
La dernière étude sur le sujet, en 2010, évoquait 20 à 30 décès par an en France suite à des renversements d'engins agricoles - PS / Crédit photo / CCMSA Service Image(s)

En Loire et Haute-Loire, trois agriculteurs sont morts dans des accidents de tracteur cet été. À chaque fois, l'engin s'est renversé. À chaque fois, des modèles anciens de tracteurs, sans cabine de protection. Un dispositif pourtant obligatoire depuis 2010.

6 juillet à Saint-Julien-Chapteuil en Haute-Loire. 9 juillet à Saint-Jean-Soleymieux dans la Loire. 22 août à Roche-en-Régnier en Haute-Loire. Trois accidents mortels et toujours le même scénario : un tracteur qui se renverse - en raison d'une pente ou d'un accotement pas assez stable. Et un conducteur qui se retrouve écrasé. Pourtant depuis 2010, tous les tracteurs présents sur une exploitation doivent être équipés d’une structure de sécurité anti-retournement, quels que soient leur ancienneté ou leurs utilisateurs. Ce n'est évidemment pas toujours le cas.

« On essaie de sensibiliser ces agriculteurs, mais on ne les croise pas sur la voie publique » : Capitaine Patrick Mahinc, de l’escadron départemental de sécurité routière de la Loire

En cas de renversement, les conducteurs de ces anciens tracteurs ont peu de chance de s'en sortir. Ils sont bien mieux protégés si l'engin est équipé d'un arceau ou d'une cabine. À Vazeilles-Limandre en Haute-Loire par exemple, un tracteur forestier a fait 6 à 8 tonneaux la semaine dernière et son conducteur n'a été que légèrement blessé. Pas étonnant pour Pierrick Frison, chef d'atelier dans une concession de Saint-Genest-Malifaux :

En quatre ans, je n'ai connu que deux cas de renversement. Mais il s'agissait de tracteurs à cabine, les client n'ont rien eu" - Pierrick Frison

En 2010, quand ces dispositifs sont devenus obligatoires, l’État et la MSA ont lancé une grande campagne de prévention. Depuis, plus rien. Ces anciens tracteurs servent souvent de véhicules d'appoint. Pas forcément pas des agriculteurs retraités : les victimes de cet été avaient 53, 66 et 87 ans.