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Agriculture – Pêche

Deux ans et demi de retard pour des aides de conversion au bio : un agriculteur alsacien attaque l'Etat

lundi 11 mars 2019 à 21:02 Par Solène de Larquier, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

A Witternheim, Kevin Goetz attend toujours 50 000 euros d'aides à la conversion au bio promis depuis 2016. L'agriculteur a décidé de se joindre à l'action en justice collective soutenue par la Fédération nationale de l’agriculture biologique. C'est le premier agriculteur alsacien à le faire.

Kevin Goertz a entrepris avec ses beaux-parents la conversion au bio de la ferme de la coccinelles (Witternheim) en 2015. Deux ans et demi après, ils attendent toujours 50 000 euros d'aides publiques.
Kevin Goertz a entrepris avec ses beaux-parents la conversion au bio de la ferme de la coccinelles (Witternheim) en 2015. Deux ans et demi après, ils attendent toujours 50 000 euros d'aides publiques. © Radio France - Solène de Larquier

Witternheim, France

Le bio, une filière qui se porte bien, surtout en Alsace où 107 fermes se sont converties au bio l'an dernier. Il y en a 838 au total, cela représente 8 % de la surface agricole utile des deux départements. L'Etat encourage d'ailleurs la conversion... en théorie. Car les aides à la conversion et au maintien à l'agriculture biologique ont du retard, un retard qui se compte parfois en années.  

Une plainte collective des agriculteurs bio

Après deux ans et demi d'attente, Kevin Goetz, installé à Witternheim dans le Bas-Rhin, a décidé d'attaquer l'Etat. C'est le premier agriculteur alsacien à se joindre à la plainte collective soutenue par la FNAB, la Fédération nationale de l’agriculture biologique.

Cet ancien cuisinier s'est lancé dans l'agriculture avec ses beaux-parents, d'abord en tant que salarié, puis en s'installant avec eux en 2012 avec l'idée d'en faire une exploitation biologique. Ils entament en 2015 la conversion de l'élevage de bovins et volailles en en bio. "Ce fut long, au départ on n'avait pas les acheteurs pour notre lait car il n'y avait pas de filière ici." explique Kevin Goetz. Des céréales sont aussi produites pour la vente, il décide de changer radicalement la production pour nourrir les bêtes et créer une indépendance de la production. 

Avec sa compagne et son meilleur-ami, ils lancent également un magasin de vente directe où il est possible d'acheter des produits transformés sur place et de se restaurer. "On m'a toujours sensibilisé à ça, explique le jeune agriculteur, étant ancien cuisinier, j'ai aussi appris à apprécier les produits de qualité, c'est donc comme cela que je voyais l'agriculture."

En parallèle de la conversion au bio, Kevin Goetz, sa compagne et son meilleur ami se lancent dans la vente directe et la restauration. - Radio France
En parallèle de la conversion au bio, Kevin Goetz, sa compagne et son meilleur ami se lancent dans la vente directe et la restauration. © Radio France - Solène de Larquier
En parallèle de la conversion au bio, Kevin Goetz, sa compagne et son meilleur ami se lancent dans la vente directe et la restauration - Radio France
En parallèle de la conversion au bio, Kevin Goetz, sa compagne et son meilleur ami se lancent dans la vente directe et la restauration © Radio France - Solène de Larquier

Mais le processus est long, il dure plusieurs années. "Il a fallu tout transformer, se rééquiper, produire pendant deux ans comme une exploitation bio mais tout en restant officiellement en conventionnel avant de pouvoir obtenir le label." Un label obtenu en 2017. C'est pour accompagner les agriculteurs dans cette lente conversion que les aides publiques existent

50 000 euros d'aides à la conversion non payées depuis 2016

L'aide à la conversion au bio est censée durer cinq ans. Sauf que depuis 2016, les retards de paiement s'accumulent, partout en France. En 2015, l'agriculteur a tout reçu, ensuite il perçoit 75% des aides promises en 2016, 50% l'année suivante, et en 2018, Kevin Goetz n'a rien touché des 30 000 euros annuels promis. "Cela fait environ 50 000 euros de retard. Sur notre chiffre d'affaires, les aides budgétisés  représentent environ 12 %. Aujourd'hui, _c'est l'équivalent du salaire des quatre personnes qui travaillent sur l'exploitation_." résume le Bas-rhinois. 

Un impact financier très lourd, mais également moral. "On parle partout de bio, de transition énergétique, ce sont des sujets au cœur de notre quotidien. En tant qu'agriculteur, on essaye de faire ce qui va dans ce sens et on n'est pas soutenu... l'Etat ne remplit pas son rôle." regrette Kevin Goetz.  Sa banque lui a prêté une partie de la somme attendue, engendrant bien sûr des intérêts. Les services de l'Etat lui ont promis prochainement le versement des aides pour 2016 et 2017 mais lui ont annoncé que les 30 000 euros pour l'année 2018 ne seraient pas versés pas avant l'été. Sans l'arrivée rapide des aides de l'Etat, l'éleveur craint pour l'avenir de la ferme de la Coccinelle. 

Kevin Goertz a entrepris avec ses beaux-parents la conversion au bio de la ferme de la coccinelles (Witternheim) en 2015. Deux ans et demi après, ils attendent toujours 50 000 euros d'aides publiques. - Radio France
Kevin Goertz a entrepris avec ses beaux-parents la conversion au bio de la ferme de la coccinelles (Witternheim) en 2015. Deux ans et demi après, ils attendent toujours 50 000 euros d'aides publiques. © Radio France - Solène de Larquier
A Witternheim, la ferme de la Coccinelle s'étend aujourd'hui sur 160 hectares, avec des vaches laitières, de la volaille et des céréales. - Radio France
A Witternheim, la ferme de la Coccinelle s'étend aujourd'hui sur 160 hectares, avec des vaches laitières, de la volaille et des céréales. © Radio France - Solène de Larquier