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Agriculture – Pêche

Un apiculteur de Haute-Garonne perd deux millions d'abeilles et soulève un élan de solidarité

lundi 14 mai 2018 à 5:34 Par Noémie Bonnin, France Bleu Occitanie et France Bleu

Un apiculteur bio, situé près de Saint-Gaudens a perdu un tiers de ses abeilles, à cause d'un pesticide, le 21 avril dernier. Il veut désormais alerter l'opinion publique sur la dangerosité de ces produits phytosanitaires.

Nicolas Puech (à gauche) produit du miel biologique à Saux-et-Pomarède, en Haute-Garonne.
Nicolas Puech (à gauche) produit du miel biologique à Saux-et-Pomarède, en Haute-Garonne. © Radio France - Noémie Bonnin

Saux-et-Pomarède, France

C'est une histoire occitane qui fait déjà quasiment le tour du monde, vécue par Nicolas Puech, apiculteur à Saux-et-Pomarède, près de Saint-Gaudens. Il fait partie du groupement Natur'miel qui réunit six producteurs.

Au départ, c'est un agriculteur de l'Ariège, qui a sollicité Nicolas Puech, pour polliniser son champ de colza. Mais au bout de quelques jours, sans savoir les conséquences que ça allait avoir, il a traité un champ voisin avec un produit chimique (le Voxan). Résultat, l'apiculteur a perdu 24 ruches sur 75, ça représente quasiment deux millions d'abeilles mortes. Le préjudice a été estimé par une experte à près de 28 000 euros.  

Nicolas Puech montre ses ruches touchées, il a perdu près de deux millions d'abeilles. - Aucun(e)
Nicolas Puech montre ses ruches touchées, il a perdu près de deux millions d'abeilles. - Nicolas Puech
Un tiers des ruches ont été touchées par l'empoisonnement. - Aucun(e)
Un tiers des ruches ont été touchées par l'empoisonnement. - Nicolas Puech

Nicolas a raconté son affaire sur les réseaux sociaux et depuis, elle fait le buzz (quasiment 70 000 partages à ce jour du post Facebook). "On ne s'y attendait pas du tout !" raconte le producteur de miel. "Au début on a eu le côté négatif, de tous les agriculteurs qui pensaient qu'on les mettait directement en cause. Alors que ce n'est pas eux qu'on vise, c'est le gouvernement et les laboratoires qui distribuent ces produits chimiques, les agriculteurs ne font que subir la chose. Mais après on a eu énormément de soutiens, même au niveau international : Québec, Maroc, Espagne, Italie..."

Un soutien d'anonymes d'une ampleur inattendue

Il y a une explication à cette popularité, selon l'apiculteur : "On se rend compte qu'on a beaucoup de gens riverains de parcelles cultivées qui ont des problèmes de santé graves avec des cancers notamment, qui seraient directement liés aux pesticides. On a notamment des cas d'enfants qui font des insuffisances respiratoires et cardiaques à chaque traitement de pesticides et de fongicides. Donc en fait notre dénonciation soulève un débat général et un ras-le-bol de toute la population qui en a marre de se faire empoisonner".

Nicolas Puech produit plusieurs types de miel biologique. - Radio France
Nicolas Puech produit plusieurs types de miel biologique. © Radio France - Noémie Bonnin

Nicolas Puech a perdu un tiers de ses ruches, sa saison est ratée. Mais pour autant, il n'en veut pas au responsable de l'empoisonnement de ses abeilles, ni aux agriculteurs en général : "On n'est pas du tout en colère contre eux, au contraire. En fait ils sont pris entre le marteau et l'enclume, pour des raisons économiques ils sont obligés d'appliquer ce genre de produits. La solution facile serait de se retourner contre l'agriculture en général, mais je pense qu'il faut se retourner plutôt contre le gouvernement qui autorise ce genre de produits et contre les laboratoires qui mettent sur le marché tous ces produits."

L'apiculteur veut désormais créer une campagne de sensibilisation, avec une exposition itinérante d'un "rucher mort", pour une prise de conscience générale. Nicolas Puech a également lancé une cagnotte pour se relancer.