Agriculture – Pêche

Un mois après, les éleveurs béarnais sont toujours handicapés par la grippe aviaire

Par David Ravier, France Bleu Béarn jeudi 7 janvier 2016 à 20:09

67 cas de grippe aviaire ont été détectés dans la région depuis novembre
67 cas de grippe aviaire ont été détectés dans la région depuis novembre © Radio France - Axelle Labbé

Près d'un mois après l'apparition du premier cas de grippe aviaire dans le Béarn, les éleveurs attendent toujours les résultats des tests vétérinaires pour recommencer leurs activités normalement et être indemnisés.

Les cas de grippe aviaire se succèdent dans la région. Le 4 janvier, un nouveau cas de grippe aviaire a été découvert à Miers, dans le Lot, ainsi qu'à Toulouzette (Gers) le lendemain. Au total, depuis la découverte du premier cas de grippe aviaire à Biras (Dordogne), le 25 novembre, ce sont 67 cas qui ont été recensés dans le sud-ouest.

► Zoomez dans la carte et cliquez sur les points oranges pour en savoir plus (communes concernées, date, élevage).

En Béarn, Jérome Lahorgue a été le premier éleveur touché par la grippe aviaire. Installé dans la commune d'Arrosès, à la limite des Haute-Pyrénées, depuis à peine un an, son exploitation s'arrête au début du mois de décembre, lorsque plusieurs canards de son entreprise de gavage sont atteints par la grippe aviaire. 

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S'en suit une campagne de stérilisation de toute son exploitation, l'abattage de ses 1.500 canards et la mise en place d'une zone de surveillance de trois kilomètres autour de son élevage. Les élevages des alentours sont passés au peigne fin par les équipes vétérinaires, et les déplacements ou ventes de volailles sont interdits dans cette zone. Au moment où il a appris la nouvelle, ses pensées sont avant-tout tournées vers les éleveurs comme lui, qui ont des élevages sains mais qui subissent les dommages collatéraux.

Jérome Lahorgue est ambarassé pour la gêne qu'il occasionne à ses voisins

Un mois plus tard, la situation n'a pas vraiment évolué 

Si les contrôles sanitaires n'ont pas montré de nouveaux cas dans le périmètre, celui de Jérôme Lahorgue est toujours en sursis. Pour pouvoir recommencer à gaver des canards, son exploitation doit avoir eu une période de 21 jours sans aucune concentration animale, c'est ce que l'on appelle le vide sanitaire. Dans le cas de Jérôme Lahorgue, bien qu'il n'ait plus de canards sur son domaine, la période de 21 jours n'a toujours pas commencé, la faute à sa fosse à purin. Cette dernière doit être vidée et lavée avec de la chaux vive par une entreprise agréée par l'Etat pour que le décompte de 21 jours soit lancé. 

Or, trois semaines après, l'éleveur n'a toujours pas pu trouver d'entreprise pour réaliser cette tâche. "Si ça ne tenait qu'à moi je l'aurais fait tout seul, mais l'État me l'interdit, sans doute parce que les autorités ne nous font pas confiance" se lamente Jérôme Lahorgue. Depuis près d'un mois, il est pieds et poings liés.

Cette situation qui traîne depuis 3 semaines est pesante pour Jérome Lahorgue

Même dans les exploitations saines, la situation est intenable

Mais il n'est pas le seul à être indisposé par la grippe aviaire. La commune d'Aydie, qui est limitrophe d'Arrosès, voit également ses exploitations tourner au ralenti. C'est le cas pour Yannick Pédargay. Cet éleveur d'un millier de canards a du mal à faire face à cette crise sanitaire. "Avant, entre chaque bande de canards, il fallait 3 voire 4 jours de vide sanitaire avant de reprendre de nouvelles bêtes dans son exploitation. Avec la grippe aviaire, j'ai dû attendre 18 jours". 

Une période plus longue qui est à la charge des éleveurs, qui doivent avancer de l'argent pour nourrir les bêtes dans les moment où ils doivent garder les canards plus longtemps. Ils subissent en même temps un manque à gagner non négligeable lorsque la période de vide sanitaire est plus longue que prévue. Dans les deux cas, les éleveurs dans la zone de surveillance sont perdants.

Yannick Pédargay évoque sa situation depuis le début de la grippe aviaire

La grippe aviaire et ses restrictions laissent les exploitations dans une situation financière délicate. Si pour Jérôme Lahorgue, cette situation s'arrangera lorsqu'il sera indemnisé par l'Etat, rien n'est moins sûr pour Yannick Pédargay et les autres éleveurs dans sa situation, qui vont surement subir une perte sèche, car même si la volaille est encore comestible sans aucun risque, les bandes de canards qui n'ont pas pu être gavés par les éleveurs durant cette période ne seront pas forcément remboursées.

L'épidémie de grippe aviaire qui sévit actuellement dans le Sud-Ouest est la première en France depuis 2007.

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