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Agriculture – Pêche DOSSIER : Les Bonnes Ondes

Un musée de vaches anciennes vivantes !

vendredi 12 janvier 2018 à 4:12 Par Bruno Blanzat, France Bleu Auxerre

L'agriculteur Michel Pautard, installé à Vault-de-Lugny, possède une quarantaine de vaches de races anciennes et rares. Il a créé un conservatoire de race bovine pour relancer ces races menacées de disparition.

La Highland (à gauche) et l'Aurochs reconstitué de Michel Pautard
La Highland (à gauche) et l'Aurochs reconstitué de Michel Pautard © Radio France - Bruno Blanzat

Vault-de-Lugny, France, Avallon

La Montbéliarde? Oui, on connait... Elle est marron et blanche et produit du lait. La Charolaise? Toute blanche, une belle bête à viande. On passe rapidement sur la limousine et la Prim'Holstein et on a fait le tour des vaches les plus connues des Français. Mais connaissez-vous la Highland, originaire d'Écosse, la Casta, vache des Pyrénées, la Ferrandaise, originaire du Massif central, la Villard-de-Lans ou l'Aurochs reconstitué ?

Ces races sont très rares, 500 "exemplaires" par exemple pour la Casta en France, 1 500 pour la ferrandaise. De faibles effectifs qui pourraient les faire disparaitre. Or ces vaches, pour les dernières citées, sont "des bêtes robustes, capables de tout faire : donner un veau, sans l'aide de l'homme pour vêler, faire du lait, de la viande et même de tirer les charrettes dans les petites fermes" explique Michel Paulard, agriculteur Bio à Vault-de-Lugny.

Reportage à la ferme de Michel Pautard durant les portes ouvertes

"Les décideurs ont dit: on va essayer d'avoir des vaches qui produisent beaucoup de lait. On a donc perdu l’intérêt de ces races capables de tout faire." — Michel Pautard

Mais çà, c'était avant. Car "après la Seconde Guerre Mondiale et la relance de l'agriculture, les décideurs ont dit : on va essayer d'avoir des vaches qui produisent beaucoup de lait détaille l'éleveur icaunais. On a donc perdu l’intérêt de ces races capables de tout faire."

Des associations de sauvegarde de ces races ont été créées. Et il y a une dizaine d'années, Michel Pautard a décidé d'ouvrir un conservatoire de races bovines, dans sa ferme, à deux pas du magnifique château de Vault-de-Lugny. Dans les près et sous la stabulation, on peut y apercevoir une quarantaine de ces bêtes à cornes, comme cette Highland, une race écossaise ou, encore mieux, cette Aurochs reconstitué. Michel Pautard enfile alors sa casquette d'historien "L'Aurochs existait à la préhistoire avant de disparaître. Des éleveurs ont alors regroupé des animaux qui ressemblaient à l'ancienne Aurochs : les grandes cornes, le poil, la robe noire et fauve. Cela ressemble un petit peu à aux peintures des grottes."

"On sent que c'est un autre temps, cela fait assez moyen-âgeux comme animal"

En visite dans l'exploitation un jour d'ouverture au public, Christelle et Jérôme n'en reviennent pas : "On sent que c'est un autre temps, ça fait assez moyen-âgeux comme animal."

"Il serait dommage que ces races disparaissent complètement, car elles ont des qualités intéressantes jure Michel Pautard. Mais, à un moment donné, elles ont été volontairement oubliées. Dans les années 50, ces races là étaient interdites d'insémination artificielle. On a recherché que la productivité : grosse quantité de viande pour certaines, grosse quantité de lait pour d'autres et on a oublié tout le reste."

"Il serait dommage que ces races disparaissent complètement car elles ont des qualités intéressantes" dixit Michel Pautard

Ces vaches anciennes, qui ont fait le bonheur de nos arrières grand-parents deviennent aujourd'hui "un réservoir génétique selon l'éleveur avallonais. Il serait donc bien qu'elles ne soient pas éteintes. Un jour, elles peuvent resservir, éventuellement à améliorer des races courantes" 

Jérôme valide cette démarche. "On jette 50% de la production mondiale assure cet habitant de l'Aube venu visiter la ferme de Michel Pautard. Revenir à des races mixtes, où on ferait moins de viandes, moins de lait, mais de meilleure qualité, c'est le futur selon moi, c'est la seule solution que l'on puisse s'en sortir". 

Michel Pautard en est persuadé : ces races bovines oubliées retrouveront bientôt de l'intérêt auprès des agriculteurs. Pour leurs nombreux atouts, dont celui de ne pas coûter bien cher en frais vétérinaire.

Faites-nous partager vos bonnes ondes à redac.bleuauxerre@radiofrance.com - Radio France
Faites-nous partager vos bonnes ondes à redac.bleuauxerre@radiofrance.com © Radio France