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Un "observatoire de l'agribashing" en Creuse contre le dénigrement et les agressions des agriculteurs

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Par , France Bleu Creuse

La Creuse vient de lancer un "observatoire de l'agribashing". Agriculteurs, préfecture, parquet et forces de l'ordre se réuniront tous les six mois pour chercher ensemble des solutions contre les attaques subies par la profession agricole.

200 agriculteurs ont manifesté à Guéret en octobre 2019 notamment contre l'"agribashing"
200 agriculteurs ont manifesté à Guéret en octobre 2019 notamment contre l'"agribashing" © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

La Creuse lance son "observatoire de l'agribashing". Ce dispositif est développé à la demande du ministère de l'Intérieur dans tous les départements de France depuis novembre 2019. Le principe : réunir autour de la table agriculteurs, préfecture, forces de l'ordre et parquet tous les six mois pour discuter du dénigrement et des violences qui visent la profession agricole. La première réunion s'est tenue à Guéret jeudi 30 janvier.

Les agriculteurs creusois victimes de vols

En Creuse, les agriculteurs sont moins concernés par l'"agribashing" qu'ailleurs en France selon la préfecture. Mais 160 faits ont quand même été signalés en 2019. Pour la grande majorité, il s'agit de vols de gasoil, d'animaux ou de matériel, comme les batteries de clôture. Le colonel Vincent, qui commande le groupe de gendarmerie de la Creuse, détaille :

Les poules et autres gallinacés sont les principaux animaux dérobés.

Les actes de malveillance contre les agriculteurs en creusois ont baissé de 30% en 2018 mais augmenté de près de 9% l'an dernier. Aucun acte de cruauté envers les animaux ou de destruction n'a été signalé aux forces de l'ordre en 2019.

Un système d'alerte par sms

Le but de cet observatoire est déjà de faire connaître aux agriculteurs les dispositifs qui existent déjà pour les protéger contre les vols notamment, comme le réseau des référents sûreté, explique le colonel Vincent : 

J'ai deux militaires à Guéret qui peuvent faire des diagnostic de sûreté chez les agriculteurs, leur apprendre à protéger leurs exploitations. Ce réseau est conforté par onze correspondants sûreté dans les brigades territoriales

Les gendarmes creusois veulent aller plus loin. Ils préparent la mise en place d'un dispositif baptisé "agriculteurs vigilants" : une sorte de système d'alerte entre forces de l'ordre et agriculteurs. Cela fonctionnerait par sms ou sous la forme d'une application téléphone. C'est une bonne idée pour Thierry Jamot, le président de la FDSEA : "Mettre en place ces alertes peut être indispensable, car on voit des campagnes de vol d'animaux, de clôture ou de carburant dans certains secteurs. Si les gendarmes avertissent les agriculteurs aux alentours, on pourra être plus prudent." Les producteurs pourront aussi prévenir rapidement les forces de l'ordre en cas d'agression.

Le terme d'agribashing, un fourre-tout ?

Jeunes Agriculteurs, FDSEA et Coordination Rurale se félicitent de la création de cet "observatoire". Thierry Jamot de la FDSEA espère simplement que "la montagne n'accouche pas d'une souris, car il reste encore beaucoup à faire pour sécuriser les exploitations et prévenir les actes de malveillance vis à vis des agriculteurs."

La Confédération paysanne salue aussi la création de l'observatoire. Son porte-parole, Thierry Dolivet, éleveur à Bourganeuf, reconnaît qu'il y a "de vrais questionnements légitimes autour du dénigrement, comme les intrusions sur les fermes ou les attaques d'extrêmistes vegan." Mais il a une réserve : le terme d'agribashing ne doit pas devenir un prétexte pour couper court à certaines critiques de consommateurs concernant l'utilisation des pesticides notamment :

L'agribashing recouvre tout et n'importe pas, plutôt que se poser en victime en disant qu'on est accusé de traiter les cultures, il faut aussi se remettre en question.

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