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Agriculture – Pêche

Un plan régional pour sauvegarder les races normandes menacées

lundi 9 avril 2018 à 6:06 Par Solène Cressant, France Bleu Cotentin

Entre agriculture et patrimoine, la région Normandie a lancé un plan de préservation des races normandes le 4 avril dernier. Une enveloppe de 500.000 euros par an pour aider les éleveurs à la sauvegarde d'espèces parfois menacées comme l'âne du Cotentin, le Cob normand et autres abeilles noires.

Les juments de la race Cob normand de Bruno Paysant à Vauville
Les juments de la race Cob normand de Bruno Paysant à Vauville © Radio France - SC

Vauville, France

Dans leur pré, face à la mer, les trois juments de la race des Cob normands paissent tranquillement, Bruno Paysant les élève à Vauville, un élevage professionnel et familial transmis de son grand-père. 

Un coup de pouce pour des espèces menacées

Avec sa trentaine de Cob normands, c'est l'un des plus importants éleveurs du Cotentin, "Tout cela c'est une passion ! Maintenir des races, je crois que ça fait aussi partie de notre patrimoine, _c'est très important mais c'est aussi très difficile_, on vient de passer 10 ans compliqués avec le Cob normand, les poulains se vendaient très peu". 

Cette nouvelle aide me permettra par exemple de racheter un étalon, c'est essentiel pour préserver la race, mais c'est aussi très compliqué - Bruno Paysant, éleveur à Vauville

L'aide annoncée de la région est donc une bonne nouvelle pour l'éleveur "Ça me permettra d'acheter un nouvel étalon, ça vaut entre 4.000 et 5.000 euros, car nous devons repenser notre jumenterie qui commence a entrer en consanguinité. Cela coûte très cher de faire des tests pour changer d'étalon."

De nombreux éleveurs risquent de ne pas en bénéficier 

Bruno Paysant est aussi l'un des derniers agriculteurs à élever des chèvres des fossés, une espèce typique du Cotentin ou des poules du Cotentin. Un élevage traditionnel, "mes bêtes ne sont pas nourries à l’ensilage elles sont en permanence dans les prairies naturelles". Mais c'est une exception dans la région, ses poules du Cotentin, il les a même achetées à un amateur: Jean-Yves Varin, le président de la société d'aviculture de Valognes

Lui aussi participe à la préservation de la race, passionné des poules, sauf qu'il n'est pas agriculteur, il craint de n'avoir aucune aide pour son élevage : "Nous n'avons jamais eu aucune aide, rien qu'en grain j'en ai pour 80 euros par mois, mais c'est sans compter le vétérinaire, le matériel etc. Il faudrait que l'on reconnaisse officiellement ce nous faisons c'est-à-dire préserver cette race, qui sans nous, aurait totalement disparu aujourd'hui."

Les chèvres des fossés, typiquement cotentines, élevées dans des prairies naturelles par Bruno Paysant - Radio France
Les chèvres des fossés, typiquement cotentines, élevées dans des prairies naturelles par Bruno Paysant © Radio France - SC

Dans la Manche, ils sont nombreux à élever des ânes du Cotentin ou des Percherons, en tant qu'amateurs. Pour les ânes, (âne du Cotentin ou âne normand), en cotisant aux associations il est possible de recevoir quelques aides lors des naissances, mais elles ne provient que de ces associations. 

Si les agriculteurs restent prioritaires, la région prévoit néanmoins d'inventorier et de cartographier des élevages amateurs de la région, ainsi qu'une enveloppe d'aides collectives.

INFO PRATIQUE

Si vous voulez admirer les bêtes 100% cotentines de Bruno Paysant, une ferme pédagogique va ouvrir au jardin botanique de Vauville, quelques unes seront en pension là-bas avec, en prime, des explications sur la race.