Agriculture – Pêche

Un premier pas vers la reconnaissance de la race bovine des Albères

Par Baptiste Guiet, France Bleu Roussillon et France Bleu mercredi 20 janvier 2016 à 12:09

- Nicolas Miralles

La préfecture des Pyrénées-Orientales, la Generalitat catalane et le gouvernement espagnol viennent de mettre en place un dispositif pour valoriser la race Albéra. Une action qui doit aussi permettre de régler l'épineux problèmes des vaches errantes sur le massif.

"C'est génial ! Ça fait des années que j'attends qu'on se réunisse tous pour enfin pouvoir travailler ensemble !"  A la sortie de la réunion en préfecture, le visage de Marta Carola rayonne. L'éleveuse gère un troupeau de 350 vaches sur les hauteurs d'Espolla, au sud de la frontière espagnole.

Il y a quelques années elle a réussi à faire reconnaître officiellement la race Albéra auprès des autorités catalanes et espagnoles. Aujourd'hui elle rêve de voir cette reconnaissance étendue du côté français :

"Il faut absolument faire connaitre cette vache. Elle fait partie du paysage du massif et sa viande est très savoureuse. Il faudrait un label Vache des Albères."

L'Albéra ou Massanaise est une race rustique, présente depuis des centaines d'années sur le secteur et qui vit en semi-liberté une partie de l'année sur les hauteurs du massif.

Jusqu'ici les relations entre les éleveurs bovins du sud et du nord étaient plutôt rares, à quelques exceptions près. Désormais ils souhaitent travailler en partenariat pour pérenniser voire développer leur activité.

Harmonisation des réglementations

Il faudra d'abord harmoniser les réglementations sanitaires entre les deux pays. Ensuite, il faudra déterminer des critères précis : côté français, beaucoup de bêtes ne sont en effet pas de pures massanaises. Il y a eu de nombreux croisements.

La valorisation de la race doit aussi permettre de régler à moyen terme la question des vaches errantes sur le massif. Certaines bêtes sont revenues à l'état sauvage et elles posent des problèmes de sécurité pour les automobilistes ou les promeneurs.

Mardi, les éleveurs français et espagnols ont enfin abordé le problème. "On a trouvé des solutions, on s'est échangé nos numéros" se réjouit Stéphane Fabre, de la Chambre d'agriculture des Pyrénées-orientales :

"Aujourd'hui quand des français vont se retrouver avec des vaches espagnoles chez eux, il pourront appeler leurs collègues catalans pour régler le problème. On va aussi travailler ensemble sur la collecte des animaux. C'était impensable il y a quelques années. Même si une montagne nous sépare, on est voisins."