Agriculture – Pêche

Un rassemblement de 500 personnes en soutien au centre d'engraissement incendié

Par Adrien Bossard, France Bleu Creuse et France Bleu Limousin vendredi 23 décembre 2016 à 20:31

Philippe Chevalier prend la parole face aux personnes venus soutenir le centre d'engraissement.
Philippe Chevalier prend la parole face aux personnes venus soutenir le centre d'engraissement. © Radio France - Adrien Bossard

Soutien massif au centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux, ce vendredi 23 décembre. Près de 500 personnes se sont réunies en début d'après-midi, sur le site du centre d'engraissement, dans le sud de la Creuse. Là-même, où un bâtiment de 1.500 m² est parti en fumée, jeudi matin vers 5h.

Ils sont amis des associés, agriculteurs, politiques ou simples citoyens, tous touchés par cet incendie criminel au centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux, jeudi. "Regardez cet attentat, montre dépité à ses soutiens, le porte-parole de la structure, Philippe Chevalier. Tout est détruit". Le bâtiment destiné à stocker le fourrage pour les 400 bêtes, bientôt 800, est noirci par les flammes.

"Une forme de terrorisme'', Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA

Pour les 40 éleveurs de ce centre d'engraissement, le coup est encore difficile à encaisser. Et l'élan de solidarité, démontré lors du rassemblement, ne parvient pas à calmer la colère. "Je n'accuse personne en particulier, assure Gilbert Mazeau. Mais je constate juste que des associations soi-disant en faveur de la protection des animaux n'ont eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues. En alimentant un discours anti-élevage. Et lorsqu'elles ont vu que nous faisions tout dans la légalité, lorsque nous avions obtenu l'accord d'exploitation avec 800 bêtes, elles n'avaient plus d'argument. Si ce n'est de mettre le feu".

Le bâtiment où le fourrage était stocké est entièrement détruit. - Radio France
Le bâtiment où le fourrage était stocké est entièrement détruit. © Radio France - Adrien Bossard

Parmi les personnes mobilisées pour soutenir les éleveurs sinistrées, Patrick Bénézit tient à peu près le même discours. Mais en plus violent, encore. "Ces associations-là veulent imposer leur point de vue leur culture, à 98% des Français qui mangent de la viande, explique le vice-président de la FNSEA. Elles veulent imposer une forme de terrorisme. N'ayons pas peur des mots. Des militants dépassent les bornes, aujourd'hui, c'est un bâtiment qui est pris pour cible et demain ? Un éleveur ? Il faut que les pouvoirs publics nous aident."

"Aujourd'hui, c'est un bâtiment et demain, un éleveur ? Il faut que ça cesse", Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA.

Les éleveurs sinistrés reçus par l’État

Le message est entendu par Bernard Combes, présent dans le rassemblement. Le maire de Tulle et conseiller du Président de la République l'assure "une délégation d'éleveurs sinistrés sera reçu par le chef de l’État, je m'y engage." Le rendez-vous est pris pour le 7 janvier, soit deux jours après une première réunion à Matignon, avec le Premier Ministre, Bernard Cazeneuve.

Le reportage d'Adrien Bossard.