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Un viticulteur d'Arbois compte sur son éolienne pour protéger ses vignes du gel

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Par , France Bleu Besançon

Il l'a fait installer l'année dernière avec l'espoir de ne jamais l'utiliser. Philippe Bulabois, viticulteur dans le vignole d'Arbois (Jura), a acquis une éolienne réchauffante pour protéger du gel ses quatres hectares de savagnin. Cela fait depuis vendredi dernier qu'elle tourne toutes les nuits.

Elle mesure 10 mètres, est composée d'une hélice à deux palles. Philippe l'active les nuits de gelées grâce à la traction de son tracteur. Ce qui l'oblige à rester au milieu des vignes jusqu'au petit matin.
Elle mesure 10 mètres, est composée d'une hélice à deux palles. Philippe l'active les nuits de gelées grâce à la traction de son tracteur. Ce qui l'oblige à rester au milieu des vignes jusqu'au petit matin. © Radio France - Lucas Archassal

Ils sont cinq dans tout le département du Jura. Cinq viticulteurs à avoir fait le parti d'acheter une éolienne réchauffante pour protéger du gel leurs vignes. Depuis la baisse des températures sur toute la France le week-end dernier, vignerons et arboriculteurs craignent de perdre toute leur récolte à cause d'une nuit de gelée destructrice. Dans le Jura, les souvenirs de 2019, 2017, ou pire, ceux de 1991 ne sont pas effacés, bien au contraire. 

Dans le vignoble AOP d'Arbois, le débourrement (lorsque le bourgeon éclot et laisse place à la fleur) a lieu de plus en plus tôt. Cette année, il  a eu lieu globalement fin mars/début avril, contre fin avril il y a quelques années ou décennies. Alors les dernières gelées persistantes d'avril et de mai inquiètent les viticulteurs. La récolte d'une année peut disparaître d'un coup sous la puissance d'un gel à -3 degrés. 

Voici la différence entre un bourgeon non éclos (à gauche) toujours enrobé de son coton et une fleur qui se dessine (à droite). En cas de gel, la fleur et le bourgeon noircissent et se décrochent de la vigne en quelques heures ou quelques jours.
Voici la différence entre un bourgeon non éclos (à gauche) toujours enrobé de son coton et une fleur qui se dessine (à droite). En cas de gel, la fleur et le bourgeon noircissent et se décrochent de la vigne en quelques heures ou quelques jours. © Radio France - Lucas Archassal

Depuis vendredi dernier, les gelées ont été bien anticipées. Les viticulteurs ont disposé dans les rangs de vignes à protéger des barils dans lesquels on fait brûler du bois. D'autres font brûler du fioul, quand certains investissent dans des bougies de la taille d'un petit pot de peinture. 

Enfin, d'aucuns, à l'instar de Philippe Bulabois, viticulteur à Arbois en agriculture biologique, ont acquis une éolienne réchauffante. Son principe est peu ou prou le même que celui d'un ventilateur géant. L'éolienne rétribue l'air chaud à 10 mètres sur les vignes où il gèle. Avec l'espoir que ce dispositif fonctionne. Une éolienne coûte 30 000 euros. 

Une éolienne aux propriétés d'un gros ventilateur

« C'est plus un ventilateur qu'une éolienne. Il prend l'air un peu plus chaud à 10 mètres de hauteur pour le rabattre sur les vignes afin de les empêcher de geler. » Voici le principe de cette éolienne énoncé par Philippe Bulabois, 5e viticulteur du département du Jura à s'être dôté d'un tel mécanisme. Un gros ventilateur qui fonctionne donc en cas de gel radiatif (quand les couches de températures sont différentes à 10 mètres de hauteur et sur le sol, NDLR), un type de gelées qui a lieu en général au printemps comme c'est le cas en ce moment. Dans cette configuration météorologique particulière, il est possible de faire baisser les températures de 3 degrés au sol.

Sauf que les nuits de lundi à mardi et de mardi à mercredi échappent à ce type de gel. Ce qui conduit Philippe à utiliser d'autres procédés pour protéger sa vigne. « On a eu beaucoup d'air froid qui venait du Nord et de la petite pluie. Donc, on doit chauffer en plus de brasser l'air », explique le viticulteur. Une façon d'aider l'éolienne en lui envoyant un peu d'air chaud pour le partager sur les 4 hectares de cépage savagnin protégés par ce nouveau dispositif. 

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Un inconvénient : rester au milieu des vignes le temps que l'éolienne fonctionne

Pour activer l'éolienne, Philippe Bulabois a besoin de faire fonctionner son tracteur. Il a installé une station météo au pied de l'éolienne qui le réveille dans la nuit lorsque les températures descendent dans les négatives. Seul inconvénient donc à ce dispositif : Philippe doit impérativement rester au milieu des vignes quand l'éolienne et son tracteur fonctionnent. « Quand je n'ai pas besoin d'alimenter les feux dans les vignes en plus de l'éolienne, je peux dormir dans le tracteur. Sinon, je mets régulièrement du bois dans les tonneaux, je vais voir mon voisin et je prie même si ça ne sert à rien ! » 

Beaucoup de collègues vignerons appellent Philippe pour prendre conseil afin de jauger si oui ou non acheter une éolienne pour protéger les vignes est rentable. Dans les vignobles du Jura, on dit généralement qu'il ne gèle qu'une fois toutes les 10 à 15 années. Or, Philippe Bulabois a perdu 60 % de sa récolte en 2017, 70 % en 2019. « Ils savent que je surveille les températures donc j'ai tout le temps des appels. Heureusement que c'est le confinement sinon je pourrais ouvrir une buvette dans mes vignes », rigole le viticulteur. Signe que cette idée d'éolienne pour réchauffer la vigne qui serait susceptible de geler intéresse d'autres vignerons dans la région.

Philippe Bulabois prépare le bois qu'il s'apprête à brûler les nuits de gelées, en complément de son éolienne.
Philippe Bulabois prépare le bois qu'il s'apprête à brûler les nuits de gelées, en complément de son éolienne. © Radio France - Lucas Archassal
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