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Agriculture – Pêche

Une cagnotte solidaire pour aider une bergère du Trièves à redémarrer, après l'abattage de son cheptel

jeudi 14 mars 2019 à 20:13 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère

On pourrait la surnommer la bergère-courage ! Christèle Durand élevait depuis 15 ans des brebis laitières bio dans sa ferme de Chichilianne jusqu'au jour où ses bêtes meurent les unes après les autres d'anaplasmose. Le troupeau a été abattu. Elle a tout perdu. Une cagnotte solidaire est lancée.

Christèle Durand, avant que l'anaplasmose ne s'abatte sur son troupeau, aujourd’hui disparu
Christèle Durand, avant que l'anaplasmose ne s'abatte sur son troupeau, aujourd’hui disparu - Emmanuel BRETEAU.

Chichilianne, France

Son histoire rappelle un peu celle du film d'Hubert Charuel, Petit paysan. Christèle Durand, la cinquantaine, 3 enfants, s'était lancée à 40 ans dans l’élevage des brebis laitières bio. Installée dans sa ferme de Chichilianne dans le Trièves, baptisée : la ferme des petits bergers, cette ancienne ingénieure agronome vivait enfin son rêve ! 

"J'ai beaucoup travaillé, sans compter mes heures, mais je vivais ma passion !" Jusqu'à cette funeste année de 2014, où ses 300 bêtes sont tombées malades les unes après les autres. Elles sont prises d'un mal mystérieux qu'aucun vétérinaire - elle en a consulté une dizaine- ne réussit à identifier. Elle se tourne vers l'école vétérinaire de Lyon. En vain. On l'accuse même de maltraiter son cheptel.

L'un des enfants de Christèle, avec les agneaux, avant la maladie - Aucun(e)
L'un des enfants de Christèle, avec les agneaux, avant la maladie - C.D

Accusée de maltraiter son troupeau

"On m'a dit que c'est parce que j'étais une femme, que je ne pouvais pas m'occuper d'un tel troupeau, qu'il fallait que je me trouve un mari ou que je vende ! Que je ne donnais pas assez d'eau à mes brebis ! J'ai failli un moment devenir folle ! C'était violent ! Je lançais des SOS et personne ne m'écoutait."

L'anaplasmose ovine se transmet, notamment,  par les tiques

Finalement, c'est un expert de cette maladie, qu'elle va voir dans l’Aveyron, qui diagnostique, en vingt minutes, qu'il s'agit de l'anaplasmose ovine. Un parasite sanguin qui détruit les globules rouges et les bêtes meurent d’hémorragie ou de maigreur. "Cette maladie est transmise par les tiques, mais aussi les insectes piqueurs, les tondeurs, ou une aiguille sale, quand on fait des prises de sang. Ca peut aussi se transmettre in utero, dans le ventre de la brebis. Et pour moi, c'était surtout cela" explique Christèle Durand. 

Malheureusement, le parasite va résister à tous les traitements antibiotiques, et après 4 ans de combat, Christèle doit se rendre à l'évidence, le troupeau doit être abattu en décembre dernier. Christèle évalue alors son manque à gagner à 800 000 euros. Elle a tout perdu. "On mange avec le colis alimentaire. Mais je ne veux pas abandonner ma ferme. Et mes enfants y sont attachés. Je vais prendre des chevaux en pension, me débrouiller pour tenir encore."

Les stagiaires qui ont fréquenté la ferme des petits bergers ont lancé une cagnotte solidaire - Aucun(e)
Les stagiaires qui ont fréquenté la ferme des petits bergers ont lancé une cagnotte solidaire - C.D

Une cagnotte solidaire, sur Leetchi, pour aider la bergère-courage

Mais cela n'est pas suffisant faire face aux échéances, comme le paiement des fermages. Alors, les stagiaires, les éco-volontaires et autres woofers qu'elle a accueillis dans sa ferme pendant 15 ans pour leur apprendre le métier ont été émus par sa détresse et ont décidé de l'aider. Ils ont lancé une cagnotte solidaire sur Leetchi, à l'adresse la ferme des Petits bergers. Christèle est très touchée. :"Heureusement qu'ils sont là. Ils me donnent du courage. Sans eux, j'aurais peut-être commis l'irréparable..."

Actuellement, les prés et les étables sont vides. Pendant un an, elle fait ce que l'on appelle le vide sanitaire. Toute l'exploitation est nettoyée pour éradiquer le parasite. Ensuite, elle espère pouvoir reconstituer son cheptel, petit à petit.

En attendant, Christèle se lance dans un nouveau combat. Elle voudrait mieux faire connaitre cette maladie, l'anaplasmose, dans notre région, pour éviter à d'autres éleveurs de vivre l'enfer qu'elle a connu pendant 4 ans.