Agriculture – Pêche

Une moisson sur un échangeur contre le gaspillage des terres agricoles normandes

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 18 août 2016 à 9:16

La parcelle de 2,5 hectares autour de l'échangeur de Secqueville en Bessin a été semée en blé et moissonnée
La parcelle de 2,5 hectares autour de l'échangeur de Secqueville en Bessin a été semée en blé et moissonnée © Radio France - Olivier Duc

Des jeunes agriculteurs du Calvados ont semé des terres sur l'échangeur de Secqueville en Bessin, entre Caen et Bayeux. Ils y ont récolté du blé afin de le transformer en farine et l'offrir aux Restos du Coeur. Ils dénoncent par cette opération le gaspillage de terres agricoles.

Les jeunes agriculteurs de Caumont et Balleroy ont récolté le blé qu'ils avaient semé sur 2,5 hectares de parcelles sur l'échangeur de Secqueville-en-Bessin. Cet échangeur est situé sur la deux fois deux voies qui relie Caen à Bayeux. C'est la 2e année consécutive qu'ils mènent cette opération afin de sensibiliser sur le gaspillage et le grignotage des terres agricoles sur le Calvados.

"Ce sont les meilleures terres du département et on est en train de les piller"

"Juste sur un échangeur, on arrive à faire 2,5 hectares de blé. C'est quand même monstrueux, souligne Stéphane Françoise, à l'origine de l'opération l'an passé. La taille d'une exploitation maraîchère aujourd'hui, c'est de l'ordre de deux hectares en moyenne. Rien que sur cet échangeur-là on aurait pu faire vivre une famille complète en maraîchage. Ce sont les meilleures terres du département. C'est ça le pire et on est en train de les piller."

"Juste sur un échangeur, on arrive à faire 2,5 hectares de blé"

L' an passé, ils avaient semé du Maïs. La récolte avait permis aux jeunes agriculteurs de reverser les 1200 à 1300 euros gagnés au Téléthon. Cette année, le blé sera transformé en farine au bénéfice des Restos du Coeur. "Avec un hectare de blé, calcule Stéphane Françoise, on peut faire 500 baguettes par semaine pendant un an." Et c'est bien ce gaspillage alimentaire et de bonnes terres agricoles que souhaitent dénoncer les jeunes agriculteurs.

Stéphane Françoise et Astrid Granger déplorent le gaspillage des terres agricoles - Radio France
Stéphane Françoise et Astrid Granger déplorent le gaspillage des terres agricoles © Radio France - Olivier Duc

Tous les dix ans, l'équivalent d'un département en terre agricole est grignoté par l'urbanisation s'alarment les agriculteurs.

"C'est quand même dommage d'avoir 2,5 hectares de terres aux pieds de jeunes agriculteurs qui sont installés tout autour et qui ne soient pas exploitées, déplore Astrid Granger, la présidente des jeunes agriculteurs Caumont-Balleroy. L'Etat devrait au moins les louer à titre précaire, qu'elles aient une utilité. On nous répond que ces terres appartiennent à l'Etat et qu'ils les gardent sous le coude, que cela sert de dépôt et qu'ils ne voient pas l'intérêt de les louer aux agriculteurs."

"Mieux vaut avoir un champ de blé en bord de route que des grosses friches et des chardons"

"Quand ces terres sont comme cela, même s'il y a des constructions prévues, il faut les laisser être exploitée le temps que cela se fasse, propose Stéphane Françoise. Cela permettrait d'éviter d'avoir des grosses friches et des chardons et tout ce que l'on peut voir en bord de route aujourd'hui. Il vaut mieux avoir un champ de blé fauché, propre, au lieu de voir ce que l'on peut voir."

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