Agriculture – Pêche

Vendanges : à défaut de quantité, la qualité dans le Pays des Trois Frontières

Par Ulysse Khalife, France Bleu Lorraine Nord lundi 3 octobre 2016 à 19:01

Au domaine Sontag, les vendanges devraient durer deux semaines cette année.
Au domaine Sontag, les vendanges devraient durer deux semaines cette année. © Radio France - Ulysse Khalife

Alors que le coup d'envoi des vendanges vient d'être donné en Moselle (officiellement depuis samedi), les viticulteurs peuvent se faire une première idée de leur récolte 2016. Au domaine Sontag, à Contz-lès-Bains, près de la frontière luxembourgeoise, c'est la quantité qui fait défaut cette année.

Claude Sontag exploite cinq hectares de vigne à Contz-lès-Bains et ses environs. Ce lundi, avec une quinzaine de saisonniers, la récolte se passe entre autres sur une parcelle d'auxerrois. Mercredi, il avait commencé la récolte avec un autre cépage : le Müller-thurgau. Sur la parcelle en question, il n'a fallu travailler qu'un jour, contre deux habituellement. "A la louche, on est sur 40% de moins par rapport en 2015", déplore le propriétaire du domaine.

Une quinzaine de vendangeurs pour cette récolte. - Radio France
Une quinzaine de vendangeurs pour cette récolte. © Radio France - Ulysse Khalife

Et ce n'est guère mieux pour l'auxerrois, en tout cas au niveau de la quantité. La qualité, elle, est au rendez-vous : "Ici, on a des grappes heureusement épargnées par le gel et la maladie. Elles sont bien jaunes, avec une belle maturité de 12,5 degrés", se satisfait Claude Sontag. Certains bourgeons ont été effectivement détruits par les gelées printanières, et ce n'est pas tout : "Ce qui a fait mal aussi, ce sont les grosses pluies du mois de juin, en pleine période de floraison".

Certaines grappes sont victimes du Mildiou, une maladie redoutable pour les viticulteurs. - Radio France
Certaines grappes sont victimes du Mildiou, une maladie redoutable pour les viticulteurs. © Radio France - Ulysse Khalife

La météo n'est pas la seule raison de cette quantité en baisse : il y a aussi le mildiou, cette maladie qui parasite les feuilles et les grappes. Sans oublier les dégâts occasionnels causés par certains animaux sauvages, comme les sangliers.

Certaines grappes sont parfois mangées par du gibier. - Radio France
Certaines grappes sont parfois mangées par du gibier. © Radio France - Ulysse Khalife

Déçu, Claude Sontag relativise cependant :

J'ai un vendangeur qui revient de Champagne, il m'a dit que sur l'exploitation où il a travaillé, ils vendangent 12 à 13 jours habituellement. Cette année, en seulement quatre jours, c'était fini. Mes collègues luxembourgeois et allemands me tiennent le même genre de discours. Économiquement, ça va être très compliqué, sachant que 2012 et 2013 étaient de petites années, que 2014 et 2015 ont été des années qu'on peut considérer normales, c'est dur de voir que 2016 est à nouveau une petite année. Parce que les charges ne baissent pas, et parce que même si on récolte peu, il faut prendre soin de la vigne pour préparer l'année suivante"

Cette année, Claude Sontag pense produire 15 000 bouteilles maximum, contre près de 30 000 pour les meilleures années.

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