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VIDÉO - Confinement en Gironde : en manque de salariés, un viticulteur recrute un maçon et un plombier

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

#Lavignecontinue, c’est un hashtag que l’on voit fleurir sur Facebook ces derniers jours. Une initiative des viticulteurs pour montrer qu’ils travaillent toujours, malgré le coronavirus. L'absentéisme a poussé le domaine Gabard, situé à Galgon, à recruter deux profils éloignés du monde viticole.

Quatre employés s’activent sur les 40 hectares autour du domaine Gabard (châteaux La Croix de Queynac et château La Gabarre) situé à Galgon, près de Libourne. Il faut planter pour changer les plants morts. "C'est en ce moment que démarre la période végétative" explique le gérant du domaine, autrement dit, c'est le début du cycle de pousse de la vigne. Mais avec le confinement, Stéphane Gabard a dû renoncer à deux de ses employés : "Très rapidement la question s'est posée pour les personnes qui avaient de jeunes enfants, elles se sont organisées pour pouvoir finir ce qu'elles avaient entamé puis elles se sont mis en arrêt maladie pour garde d'enfant, comme le préconisait le gouvernement" détaille le viticulteur.

Il lance un appel sur les réseaux sociaux

Sauf que le gérant n'arrive pas à les remplacer via Pôle emploi. Il passe donc par les réseaux sociaux et ça fonctionne, un maçon de Galgon et un ancien plombier domicilié à Libourne répondent à son appel. Damien Maini, plombier-chauffagiste de formation, cherchait désespéramment du travail : "J'ai vu ce poste dans un message partagé sur Facebook par ma belle-mère en fait... merci belle-maman" dit-il le sourire en coin. Inscrit sur Pôle emploi, le jeune homme ne recevait que des refus dernièrement et tentait depuis plusieurs années de se réorienter professionnellement pour être "en plein air, en contact avec la nature."

REPORTAGE - En manque de bras à cause du confinement, un viticulteur girondin trouve deux personnes grâce à Facebook

C'est donc chose faite, il se forme depuis fin mars sous le soleil printanier girondin, mais sans masque ou protection particulière. "On en cherche mais c'est très difficile de trouver à cause de la pénurie, on avait quelques protections qu'on utilisait pour la transformation mais ce n'est pas adapté au travail en extérieur" détaille Stéphane Gabard qui encourage ses employés à respecter les gestes barrière. "On ne se serre pas la main, on ne se fait pas la bise après on est parfois à moins d'un mètre c'est sûr... C'est dur de tout le temps respecter mais on fait un maximum attention" explique Damien Maini. Il assure vouloir rester jusqu'à la fin de son contrat en juillet "et plus longtemps si l'occasion se présente."

Damien Maina, plombier-chauffagiste de formation, a répondu à l'appel de Stéphane Gabard pour venir travailler aux vignes.
Damien Maina, plombier-chauffagiste de formation, a répondu à l'appel de Stéphane Gabard pour venir travailler aux vignes. © Radio France - Solène de Larquier

Probable pénurie de main d'oeuvre dans les semaines à venir

Pour l’instant l’équipe est au complet, le domaine fonctionne avec cinq collaborateurs, mais Stéphane Gabard aura besoin de tripler ses effectifs d’ici juin. Chaque année il passe de 5 salariés à une quinzaine entre le mois d'avril et le début de l'été : "C'est le début de la période végétative, on va avoir besoin de monde." Problème, recruter des saisonniers est déjà difficile en temps habituel et risque de devenir un défi majeur si les mesures liées au coronavirus se prolongent : "Cela fait plusieurs années qu'on a du mal à recruter localement." 

Stéphane Gabard, devant le vignoble familial à Galgon.
Stéphane Gabard, devant le vignoble familial à Galgon. © Radio France - Solène de Larquier

Les viticulteurs girondins se sont donc largement tournés ces dernières années vers la main d'oeuvre européenne, qu'elle soit saisonnière ou même permanente. A l'annonce du confinement, ceux qui travaillaient en France ont souvent souhaité rejoindre leur famille "et aujourd'hui, certains veulent revenir mais avec les frontières fermées, ce n'est plus possible" se désole le propriétaire du domaine qui craint de ne pas trouver assez de monde. 

60 % de ventes en moins en mars 

Le domaine Gabard produit 200.000 bouteilles de Bordeaux et Bordeaux Supérieur par an. Il a des marchés diversifiés - particuliers, cavistes, local, national, export - mais tous sont au ralenti : "On a 60% de ventes en moins en mars, sachant que le confinement a débuté le 17. Pour le mois d'avril qui est un peu plus festif avec Pâques et les premiers week-end, la perte sera sûrement plus importante encore." Bonnes nouvelles tout de même : une commande est partie par cargo pour les Etats-Unis la semaine dernière et les clients commencent à revenir petit à petit à la boutique du domaine, restée ouverte. 

Stéphane Gabard, viticulteur, décrit une période de flottement et une chute des ventes importante

La boutique du domaine Galgon reste ouverte pendant le confinement.
La boutique du domaine Galgon reste ouverte pendant le confinement. © Radio France - Solène de Larquier
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