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Agriculture – Pêche DOSSIER : L214 milite pour le bien-être des animaux d'élevage avec ses vidéos chocs

Vidéo de L214 : quel impact pour la filière viande dans l'Indre ?

lundi 5 novembre 2018 à 17:54 Par Jonathan Landais, France Bleu Berry

Eleveurs de bovins, ateliers de découpe, bouchers.... l'ensemble de filière viande du Boischaut tente de se réorganiser après la suspension provisoire de l'activité de l’abattoir de Lacs, près de la Châtre dans l'Indre.

L'atelier de découpe de Briantes redoute une baisse de son chiffre d'affaires.
L'atelier de découpe de Briantes redoute une baisse de son chiffre d'affaires. © Radio France - Jonathan Landais

Lacs, France

Trois jours après la suspension provisoire de l'activité de l'abattoir du Boischaut, dans l'Indre, à Lacs, près de La Châtre, à la suite de la diffusion d'une vidéo de L214 montrant des dysfonctionnements, c'est toute une filière qui est mise à mal. Éleveurs de bovins, ateliers de découpe, bouchers... tous les professionnels de la filière viande du bassin de La Châtre, dont l'activité était très dépendante de celle de l'abattoir du Boischaut, doivent se réorganiser.

D'autant que la situation pourrait durer : selon nos informations, l'arrêté de suspension provisoire de l'activité a été pris pour une durée maximum de trois mois. Autrement dit, l'activité de l'abattoir pourrait ne pas reprendre avant le 5 février.

Des coûts de transport supplémentaires

Hugues Piot élève des bovins à Saint-Chartier. Il devait emmener l'une de ses bêtes à l'abattoir du Boischaut dans quinze jours, pour ensuite commercialiser la viande sur sa ferme, "parce que nous faisons de la vente directe, donc je dois trouver un autre abattoir pour faire tuer mes bêtes", explique-t-il. Comme lui, de nombreux éleveurs du Boischaut vont désormais se tourner vers l'abattoir de Saint-Amand Montrond dans le Cher, mais c'est à une heure de route de La Châtre et c'est autant de frais supplémentaires. 

On subit les éclaboussures de plein fouet"

"On reçoit les éclats d'obus directement"

"Mon prestataire de découpe, à Briantes, va devoir faire plus de kilomètres donc ça veut dire des coups de transport qui vont augmenter". Pour Gaël Pichon, lui-même éleveur à Saint-Chartier, ce temps de transport va nuire aux animaux : "quand on parle du bien-être animal, et qu'on va leur faire faire plusieurs dizaines de kilomètres pour aller les faire abattre... on ne peut plus parler de bien-être animal".

De gauche à droite les éleveurs Marc Piot, Hugues Piot et Gaël Pichon. - Radio France
De gauche à droite les éleveurs Marc Piot, Hugues Piot et Gaël Pichon. © Radio France - Jonathan Landais

En moyenne une bête tuée rapporte environ 3.000 euros à l'éleveur, ce qui veut dire autant de manque à gagner, si les agriculteurs n'arrivent pas à faire abattre leurs animaux. Tous sont unanimes pour déplorer l'impact d'une telle vidéo sur la filière, "on subit les éclaboussures de plein fouet" dit l'un d'eux, un autre déclare : "on se prend les éclats d'obus en plein figure".

L'atelier de découpe inquiet pour l'avenir

A la "découpe briantaise", un atelier de découpe de viande à Briantes, la viande provient en quasi totalité de l'abattoir du Boischaut. Elle est découpée et vendue sur place dans le magasin, ou redistribuée, dans les fermes qui font de la vente directe. "On a huit ouvriers, si on veut garder tout le monde, il va falloir qu'on trouve du travail", explique Fabrice Pasquet, l'un des gérants.

Les gérants de la "découpe briantaise"', Claude Rotinat et Fabrice Pasquet. - Radio France
Les gérants de la "découpe briantaise"', Claude Rotinat et Fabrice Pasquet. © Radio France - Jonathan Landais

Avec 120 tonnes de viande achetées par an, la "découpe briantaise" est le deuxième client de l'abattoir du Boischaut après Châteauroux viande, autant dire que la fermeture temporaire du site a été un véritable coup de massue. "On avait un planning jusqu'à la fin de l'année de quarante bêtes à tuer et à découper, donc la première chose à faire c'est de retrouver un abattoir".

Baisse du chiffre d'affaires

L'entreprise a déjà pris contact, elle-aussi, avec l'abattoir de Saint-Amand Montrond, dans le Cher, avec lequel elle devrait pouvoir travailler. Mais, là-encore, ce changement va coûter cher, assure Claude Rotinat, le boucher. Jusqu'ici, "on allait à l'abattoir de La Châtre, on récupérait notre bête et à 6h du matin, tout le monde était au travail, là ça ne va pas pouvoir être comme ça, il va falloir tout réorganiser".

L'atelier de découpe redoute une baisse de son chiffre d'affaires. "Je pense que les gens vont bouder... c'est encore une mauvaise image de la viande, donc pour nous je pense que ça va être un petit peu difficile". La découpe briantaise travaille avec une cinquantaine d'éleveurs de la région et emploie au total huit salariés.