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Agriculture – Pêche

Visite surprise de la commission d'enquête parlementaire à l'abattoir d'Autun

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Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

Ce lundi 23 mai, la commission d'enquête parlementaire a rendu une visite inopinée à l'abattoir d'Autun, en Saône-et-Loire. À 4h30 du matin, Olivier Falorni, président de la commission et Jean-Yves Caullet, rapporteur, ont visité les chaînes d'abattage des porcs et des moutons.

Sybille Le Meur, Jean-Yves Caullet et Olivier Falorni
Sybille Le Meur, Jean-Yves Caullet et Olivier Falorni © Radio France - Marion Bargiacchi

Autun, France

Souvenez-vous, en février dernier, l'association L214 avait dévoilé des vidéos chocs dans les abattoirs certifiés bio du Sud de la France : animaux jetés contre les murs, cochons et vaches emmenés à la découpe encore conscients ou saignés vivants... depuis mars, une commission d'enquête parlementaire fait un tour de France des exploitations pour dresser un bilan de la situation dans tout le pays.

C'est la seconde visite inopinée du genre : la première c'était à Feignies près de Maubeuge dans le département du Nord . Un abattoir "Bigard", de taille industrielle spécialisée dans le bovin. Les infrastructures avaient été jugées conformes. L'abattoir d'Autun est  de taille bien plus modeste. Il est la propriété de la communauté de communes du Grand Autunois Morvan (CCGAM) mais une Société d'Intérêt Collectif Agricole (SICA), une sorte de coopérative le gère par délégation de service public. Elle regroupe une vingtaine de salariés, 450 éleveurs locaux répartis à 100 kilomètres alentours. 1600 tonnes de viande en sortent chaque année.

Des installations "archaïques"

Pour Olivier Falorni, le problème vient de la technique pas des hommes. "Ce qu'on peut constater dans cet abattoir c'est le travail difficile que font les employés. C'est aussi des problèmes réels d'équipements, de structures... L'équipement n'est pas adapté." Il le juge même "archaïque", mais il comprend la problématique de genre de site "plein de bonnes volontés, qui ont besoin qu'on les aide".

Jean-Yves Caullet est le rapporteur de la commission d'enquête. Il était sur place pour constater les manquements sur le site d'Autun mais il salue le sérieux de la structure"On a pu constater qu'il y avait une volonté de montrer comment ça fonctionnait, en admettant tout à fait la critique de l'inspection qui a eu lieu. Même avec la meilleure intention du monde on ne peut pas faire mieux."

Vues de l'abattoir d'Autun. - Radio France
Vues de l'abattoir d'Autun. © Radio France - Marion Bargiacchi

Nous avons vu des salariés qui respectaient les animaux"" précise Olivier Falorni. En effet, le problème est ailleurs. Ce qu'il faut changer ici, c'est le matériel... "Archaïque...Ce qui ne remet pas en cause la bonne volonté des employés qui veulent tuer un animal sans souffrance !"  Sans souffrance, pas complètement non plus : certains cochons refusent de suivre le couloir en métal, celui au bout duquel les attends une grosse pince en fer. Un peu comme celle pour recharger votre batterie de voiture en plus grand... sauf que là elle électrocute l'animal. Inconscient, il peut être saigné. Alors, quand les bêtes trainent des sabots, c'est au bouvier de les forcer. "Bon ça se fait par quelqu'un qui sait manipuler les animaux, ça se voit...mais si ça se produit trop souvent ça finit par devenir un problème." explique Jean-Yves Caullet. Si l'abattoir manque tant de moyens c'est parce qu'il perdait en activité depuis près de dix ans. Sybille Le Meur a pris la direction il y a deux ans, elle veut relever et moderniser la structure. "Pour redevinir positif et se refaire un outil neuf" précise Sybille Le Meur.

En octobre 2014, l'abattoir est devenu le premier site-école de France. Sa mutation débute juste et devrait s'achever en 2018.

Une transparence rare

Dès l'arrivée des députés et des équipes de journalistes, la directrice a ouvert en grand les portes de l'abattoir. Rien n'a été caché, tout a pu être filmé, même si Sybille Le Meur avoue avoir peur de la diffusion de certaines images : "Voir tout ce sang le soir dans son canapé, ce n'est pas comme lorsque l'on travaille ici". Elle privilégie les visites sur site ouvertes à tous sur réservations. Et c'est vrai que certaines visions sont perturbantes. Mais Sybille ne veut rien cacher "sinon les gens fabulent". Elle laisse d'ailleurs caméras et appareils photo capturer l'endroit.

VIDEOS : à l'intérieur de l'abattoir (attention certaines images peuvent heurter la sensibilité)

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