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"Vraiment ça me fait mal au cœur" : après deux nuits de gel en Gironde, les viticulteurs constatent les dégâts

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Par , France Bleu Gironde

Beaucoup de viticulteurs girondins ont passé deux nuits à se battre contre le gel cette semaine. Ce jeudi, ils ont constaté les dégâts très importants sur beaucoup de parcelles, malgré le déploiement de brûlots pour réchauffer l'atmosphère. L'épisode pourrait être comparable à celui de 2017.

Sur ce pied de vigne, à Barsac, dans le Sauternes, un seul bourgeon (en vert à gauche) a été épargné par le gel, les autres (en blanc) ont gelé.
Sur ce pied de vigne, à Barsac, dans le Sauternes, un seul bourgeon (en vert à gauche) a été épargné par le gel, les autres (en blanc) ont gelé. © Radio France - Thomas Coignac

"Sur ce pied là, toutes les pousses, quasiment, sont gelées. Seule une sur huit à l'air encore un peu vigoureuse". Dans sa propriété de Barsac, au château de Myrat, où l'on fait du Sauternes, Slanie Ricard constate les dégâts. Sur les 20 hectares de sa propriété, "on a été gelés sur toutes les parcelles, quasiment à 90% partout", déplore-t-elle. 

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Et Slanie Ricard n'est pas la seule. Les températures sont largement descendues, dans la nuit de mardi à mercredi, surtout, et dans celle de mercredi à jeudi. Des records de froid pour le mois d'avril ont d'ailleurs été battus en Gironde, dans la nuit de mardi à mercredi. Il a par exemple fait -4,5 degrés à Belin-Beliet, la température la plus froide au mois d'avril depuis la mise en place de la station Météo France en 2006. 

Alors, comme d'autres, Slanie Ricard, a allumé des brûlots, pour réchauffer l’atmosphère. Dès 4 heures du matin, les employés, mais aussi la famille, les amis sont venus brûler des bottes de paille, des palettes, des pieds de vigne. "On s'est battus, on a essayé, on a fait le maximum... C'est comme ça", conclut, fataliste, la propriétaire. "Ça me désole, vraiment ça me fait mal au cœur. On a travaillé tout l'hiver, on a taillé, donné tout notre amour... Pour arriver à ça. On pensait avoir réussi pourtant, on pensait vraiment", se désole Céline, qui travaille sur la propriété depuis trois ans. 

Des brûlots allumés au château de Myrat à Barsac, la nuit dernière.
Des brûlots allumés au château de Myrat à Barsac, la nuit dernière. - DR

Les images des brûlots ont d'ailleurs circulé, notamment sur les réseaux sociaux, des internautes s'inquiétant et s'indignant de la pollution engendrée. 

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"Heureusement, cela n'arrive pas trop fréquemment. Mais c'est une pollution, qui, je comprends, est dérangeante", répond Bernard Farges, le président du CIVB, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux. "Mais ce sont des bougies, du foin qui sont brûlés, ce n'est pas très nocif. Il est évident qu'il faut qu'on arrive à trouver des outils différents de ceux-là, qui sont très archaïques. Mais il faut bien comprendre que c'est un peu la panique en ce moment dans les vignobles partout en France".

Le vignoble "très sévèrement touché" 

La panique, parce que, comme le dit le CIVB dans un communiqué, le vignoble a été "très sévèrement touché". Si des dégâts ont été enregistrés à peu près partout (le Médoc a été assez épargné), ce sont surtout les Graves et le Sauternais, au sud de la Gironde, qui ont été très touchés. Dans les Graves, "le bilan est assez lourd. On peut imaginer qu'avec un tel froid, les dégâts ont été terribles", reconnaît Mayeul L'huillier, le directeur du syndicat viticole des Graves. Même s'il faudra attendre quelques semaines pour avoir le bilan définitif, parce qu'"il faut aller regarder bourgeon par bourgeon sur tous les pieds. Donc, il faut que les viticulteurs passent dans toutes leurs parcelles, dans toutes les zones et regardent les pieds un par un pour voir ce que ça va donner". 

Ça fait probablement et malheureusement partie de ces années qui auront marqué l'histoire

L'étendue des dégâts constatés se rapproche en tout cas de 2017, et du dernier épisode de gel très important dans le vignoble bordelais. "Ça fait probablement et malheureusement partie de ces années qui auront marqué l'histoire", confirme Mayeul L'huillier. Pour autant, même si la majorité des bourgeons ont été gelés, il reste de l'espoir, avec les "contre-bourgeons", qui pourraient sortir plus tard, et donner une récolte intéressante. D'autant que dans ces épisodes de gel important qui arrivent tous les 30 ans, 1961 et 1991 avaient été des bons millésimes, notamment en Sauternes. Mais pour l'heure, les viticulteurs sont "dépités, fatigués aussi d'avoir lutté pendant deux nuits avec les moyens qu'ils avaient pour limiter les dégâts", reprend Mayeul L'huillier. 

Au château de Myrat, on voit encore la trace des bottes de foin qui ont été brûlées pour réchauffer l'atmosphère.
Au château de Myrat, on voit encore la trace des bottes de foin qui ont été brûlées pour réchauffer l'atmosphère. © Radio France - Thomas Coignac

D'autant que c'est peut-être la goutte qui fait déborder la barrique. "La viticulture subit de nombreuses difficultés en ce moment, détaille Bernard Farges. "Les taxes Trump, le recul de la commercialisation en Chine, la pandémie qui a vu fermer les restaurants qui sont parmi nos gros clients, auxquels on ajoute ce grave sinistre. Un sinistre climatique, c'est très brutal, c'est une violence faite aux entreprises et à ceux qui travaillent dans les vignes. C'est leur travail qui disparaît en quelques heures". Des viticulteurs qui devront rester vigilants sur les aléas climatiques, au moins jusqu'à la mi-mai et aux Saints de Glace. 

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