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Yonne : les éleveurs inquiets des sécheresses à répétition

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Depuis plusieurs années la sécheresse frappe l'Yonne. L'eau vient à manquer, tout comme l'herbe dans les prés. Conséquences, pour les éleveurs (de charolais notamment ) : des dépenses supplémentaires imprévues qui s'accumulent.

Pour que les vaches puissent continuer d'allaiter leurs veaux, Jean-Louis Riotte les a rentrées à l'étable et les nourrit avec du fourrage. Pour que les vaches puissent continuer d'allaiter leurs veaux, Jean-Louis Riotte les a rentrées à l'étable et les nourrit avec du fourrage.
Pour que les vaches puissent continuer d'allaiter leurs veaux, Jean-Louis Riotte les a rentrées à l'étable et les nourrit avec du fourrage. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Depuis 2017 l'Yonne est frappée chaque année par la sécheresse. La chaleur et le manque d'eau a répétition inquiètent les éleveurs du département car ces aléas climatiques provoquent une accumulation de dépenses imprévues. L'année 2020 ne déroge pas à la règle comme par exemple sur l'exploitation de Jean-Louis Riotte, le président du syndicat des éleveurs de charolais dans l'Yonne. Avec son associé, ils élèvent un peu plus de 350 bovins à Angely dans l'Avalonnais.

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Des dépenses supplémentaires de fourrage et de paille 

A l'extérieur de l'étable les prés et les champs ont déjà jaunis. L'herbe semble brûlée par le soleil, et par endroit elle ne repousse déjà plus. A l'intérieur de l'étable des vaches et des veaux. " Ce n'est pas normal " souligne Jean-Louis Riotte, " elles devraient être au pré et manger de l'herbe mais regardez autour de vous ! Il n'y a plus rien ! " 

A proximité de l'exploitation les prés sont jaunes, l'herbe semble brûlée par le soleil. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Alors pour que les vaches puissent continuer d'allaiter et pour que les veaux plus âgés ne maigrissent pas avant d'être vendus, l'éleveur les rentre à l'étable et les nourrit avec du fourrage. Ce qui se fait, habituellement, durant l'hiver ! " Des mélanges d'orge, d'avoine, de triticale, de blé, de pois, de féveroles et de vesse qu'on enrubanne" détaille l'éleveur pour qui tout cela représente un coût " Minimum 3 euros pour le plastique, 4 euros pour la machine, auquel il faut ajouter le fourrage. Donc, une botte revient à 10 euros minimum !".L'an dernier déjà, Jean-Louis Riotte estime avoir dépensé 25 000 euros supplémentaire en alimentation pour ses bêtes. 

Nos amis céréaliers ont aussi des récoltes de céréales faibles, donc très peu de paille (Jean-Louis Riotte )

Mais il faut également ajouter à cela la paille qui sert de litière. Des bêtes qui rentrent plus tôt que prévu à l'étable c'est autant de litière en plus consommée dans l'année. Problème, son prix a augmenté de 25% et Jean-Louis Riotte observe avec inquiétude les résultats de ses collègues céréaliers cette année_. "Ils ont aussi des récoltes de céréales faibles, donc très peu de paille, entre 500 kilos et 2 tonnes dans les meilleurs cas par hectare, ce qui veut dire que nous, nous devons aller de plus en plus loin pour répondre à nos besoins" . _

Jean-Louis Riotte a également rentré dans l'étable des veaux plus âgés pour que ceux-ci reprennent du poids avant d'être vendus. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Paille comme fourrage, si la sécheresse perdure les éleveurs ne pourront pas faire de nouvelles récoltes d'ici l'hiver et il faudra donc acheter pour refaire les stocks. De ce côté là justement, Jean-Louis Riotte fait un triste constat, la situation se répète inlassablement "2018, 2019, 2020, ce qui fait qu'on ne peut pas refaire nos stocks !"

Investir pour trouver de l'eau

Qui dit sécheresse, dit aussi manque d'eau ! L'an dernier par exemple Jean-Louis Riotte et son associé ont constaté que certaines sources connues depuis plus d'un millier d'années s'étaient taries, du jamais vu selon lui ! Surtout il faut garantir à chaque bête sa quantité d'eau quotidienne. Pour cela Jean-Louis Riotte et son associé ont investi des sommes importantes d'abord dans des compteurs mais pas seulement. Ils ont acheté 2 kilomètres de tuyau "pour mettre de l'eau propre et de qualité a disposition dans tous nos prés et puis on a aussi acheté des pompes solaires pour alimenter nos pâtures à partir de source naturelle"

Des dépenses qui se répètent d'année en année et qui s'accumulent d'où l'inquiétude des éleveurs de charolais alors que cette année, encore, l'Yonne est placée en alerte sécheresse, et même depuis ce vendredi en alerte renforcée dans la partie sud-est du département. L'inquiétude est d'autant plus vive que les revenus sont en baisse. A cause de la crise sanitaire les délais d'abattages ont été rallongés. Conséquences : les éleveurs doivent nourrir leurs bêtes plus longtemps et au moment de la vente, leur qualité n'est plus optimale ce qui fait baisser leur valeur. 

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