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Agriculture – Pêche

Zones défavorisées : "Sans cette aide, plus de salaire" pour Séverine, agricultrice dans l'Yonne

jeudi 15 février 2018 à 0:46 Par Lisa Guyenne, France Bleu Auxerre

C'est un nouveau coup dur qui vient se rajouter à la liste déjà longue des maux des agriculteurs : la carte des "zones défavorisées" va être revue. A la clé, certains éleveurs gagneront une subvention mais d'autres risquent de perdre cette aide, pourtant nécessaire.

Séverine Carron-Fermier et sa fille
Séverine Carron-Fermier et sa fille © Radio France - Lisa Guyenne

Yonne, France

La révision de la carte des "zones défavorisées d'élevage" inquiète les agriculteurs. C'est le cas de Séverine Carron-Fermier, éleveuse-laitière à la Ferté-Loupière (Yonne). Sa commune risque d'être retirée de cette carte, inchangée depuis 1976. 

Les agriculteurs des communes intégrées à la carte bénéficient d'une subvention de l'Union européenne pour l'élevage dans des conditions plus difficiles (zones montagneuses, rocailleuses...) Sur son terrain vallonné, Séverine perçoit l'aide depuis deux ans. Un bonus financier devenu question de survie pour cette agricultrice de 35 ans, maman d'une petite fille.

"Cette aide, c'est 6000 à 8000 euros par an. Ce qui représente à peu près mon revenu annuel. Donc si on nous supprime cette aide, clairement, je ne me paie plus du tout." — Séverine Carron-Fermier, éleveuse-laitière à la Ferté-Loupière

Vous avez bien lu : 6000 euros par an, soit un salaire de 500 euros par mois... pour un travail quotidien, avec ses 150 vaches. "Le réveil, c'est 5 heures du matin, et le soir, on ne rentre pas avant 20 heures à la maison. Et c'est sept jours sur sept."

Mais cela, Séverine ne s'en plaint pas, au contraire : "J'ai toujours voulu faire ce métier", affirme celle qui est issue d'une famille d'agriculteurs depuis des générations. "Je trouve que c'est l'un des plus beaux métiers du monde", sourit-elle. 

Quelques 150 vaches à lait, veaux, et quelques vaches à viande sont élevées dasn l'exploitation de Sévrine - Radio France
Quelques 150 vaches à lait, veaux, et quelques vaches à viande sont élevées dasn l'exploitation de Sévrine © Radio France - Lisa Guyenne

"Les aides, on s'en passerait si on était rémunéré à notre juste valeur"

Ce qui la dérange, en fait, ce ne sont pas les horaires, pas non plus le fait de ne pas pouvoir partir en vacances avec sa fille, ni même la suppression des aides. Le nerf de la guerre, comme toujours, c'est la rémunération des agriculteurs.

"Les aides, on s'en passerait, si on pouvait ! Mais il faudrait qu'on soit rémunéré à notre juste valeur" soupire la jeune femme. "Aujourd'hui, on a l'impression que les produits agricoles ne valent plus rien." Et pour cause, le calcul est redoutablement simple : "En 2016, on l'a vu, le prix du lait est descendu à 270 euros les 1000 litres. Sauf que trois quarts des éleveurs qui ont des mises aux normes et des emprunts sur le dos ont un coût de production à 340 euros les 1000 litres."

Les prix d'achat du lait encore bien trop bas

Si les prix sont relativement remontés en début d'année, "autour de 330 euros", cela reste insuffisant. 330 euros, cela équivaut à 0,33 centimes du litre, soit trois fois moins que ce que nous, consommateurs, payons pour une brique de lait en grande surface... "On ne demande pas beaucoup d'argent", déplore Séverine. "Juste de quoi vivre dignement. Lorsqu'on travaille, sans compter ses heures, en théorie, on doit gagner un minimum...

Lorsqu'on lui demande ce qu'elle fera, si d'aventure l'aide aux zones défavorisées lui est retirée, une seule réponse : "_Je ne sais pas_. Mais ça va être très compliqué."

Une énigme qu'elle devra résoudre, si la carte est remodelée ainsi, tout comme les éleveurs de cinq autres communes dans l'Yonne : la Ferté-Loupière, mais aussi Sommecaise, les Ormes, Lindry et Pierre-Perthuis. En revanche, dix autres communes doivent être ajoutées au dispositif. 

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