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Climat – Environnement

1000 km à pied le long de la Meuse pour la potabilité des rivières !

mercredi 6 juin 2018 à 12:15 Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne

Li An Phoa suit la Meuse de sa source à son embouchure. En chemin, cette professeur d’université hollandaise mesure la qualité de l’eau pour que la potabilité des rivières devienne un nouvel indicateur social, économique et environnemental.

Li An Phoa veut que les décideurs utilisent la potabilité de l'eau comme un nouvel indicateur social, économique et environnemental.
Li An Phoa veut que les décideurs utilisent la potabilité de l'eau comme un nouvel indicateur social, économique et environnemental. © Radio France - Alexandre Blanc

Charleville-Mézières, France

Li An Phoa, professeur d’université hollandaise, parcourt le fleuve Meuse à pied pour mesurer la qualité de l’eau et faire de la potabilité des rivières et des fleuves un nouvel indicateur. Son postulat de départ : quand on peut boire l’eau d’une rivière, c’est que l’environnement social, économique et écologique est sain. Le projet s'appelle "Drinkable rivers".

Li An Phoa est donc partie de la source de la Meuse à Pouilly-en-Bassigny (Haute-Marne), sur le plateau de Langres, le 16 mai dernier et compte rallier Rotterdam le 15 juillet après près de 1000 km de marche.

Le parcours de Li An Phoa - Aucun(e)
Le parcours de Li An Phoa - Drinkable Rivers

Ce parcours est une première étape pour sensibiliser les habitants, les élus qu’elle rencontre afin de proposer aux décideurs d’adopter la potabilité des rivières comme un nouveau critère de développement économique, social et environnemental. 

"Ce qui est dans l'eau montre comment on vit"

Un outil pour les décideurs

A Charleville-Mézières, le 6 juin, Li An Phoa a rendez-vous avec Boris Ravignon, maire de la ville et nouveau président de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Meuse et de ses Affluents (EPAMA). Aux Pays-Bas, le 13 juillet, les représentants d’une banque doivent rejoindre l'universitaire pour marcher avec elle. Ensemble, ils ont déjà adressé un rapport à la Banque centrale du pays intitulé « Rivières buvables, un indicateur de santé économique ». A l’issue de son périple, Li An Phoa doit aussi rencontrer la ministre néérlandaise des Infrastructures et de la Gestion de l’eau

Li An Phoa parcourt 1000 km à pied de la source de la Meuse à son embouchure, pour faire prendre conscience que l'eau est un bien précieux. - Radio France
Li An Phoa parcourt 1000 km à pied de la source de la Meuse à son embouchure, pour faire prendre conscience que l'eau est un bien précieux. © Radio France - Alexandre Blanc

Aux Pays-Bas et en Belgique, 6 millions de personnes boivent l'eau de la Meuse 

L’enjeu est d’autant plus crucial en Belgique et aux Pays-Bas, où l’eau de la Meuse alimente 6 millions d’habitants, notamment à Bruxelles, à Anvers et à Rotterdam. La filtration est couteuse et longue. « Et il y a de nouvelles substances, des médicaments, des pesticides, des nano-particules de plastiques que l’on ne peut pas vraiment filtrer», précise Li An Phoa.

Vers une banque de données mondiale alimentée par des citoyens ?

Le long de son trajet, Li An Phoa s’arrête chaque jour pour mesurer la température, l’acidité, la turbidité, l’oxygénation de l’eau de la Meuse et l’éventuelle présence de bactéries. Des échantillons sont prélevés quotidiennement et envoyés à un laboratoire universitaire pour déceler les métaux lourds qui pourraient se trouver dans l’eau. La randonneuse invite les habitants, les écoliers à partager ce moment afin de les sensibiliser à cette problématique. « C’est de la science participative », s’enthousiasme Li An Phoa. 

Li An Phoa souhaite créer un réseau international de citoyens volontaires pour mesurer la potabilité des cours d'eau. - Radio France
Li An Phoa souhaite créer un réseau international de citoyens volontaires pour mesurer la potabilité des cours d'eau. © Radio France - Alexandre Blanc

La chercheuse espère ainsi semer des graines et encourager des citoyens volontaires du monde entier à mesurer eux-mêmes la potabilité de leurs cours d’eau afin de constituer une base de données mondiale. L’an prochain, Li An Phoa a prévu de réaliser une autre campagne de prélèvement et de sensibilisation en Chine, le long du fleuve Jaune