Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

13 % de la flore du Nord-Pas-de-Calais menacée : le conservatoire botanique se bat pour la restaurer

mercredi 7 novembre 2018 à 6:01 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Nord

Depuis 2016, un vaste programme du conservatoire botanique national de Bailleul permet de recenser les espèces de fleurs sauvages menacées dans le Nord-Pas-de-Calais. Plusieurs actions ont été menées pour réintroduire ou renforcer certaines espèces afin de préserver la biodiversité.

L’œillet des chartreux est l'une des espèces menacées réintroduite à Baives et Bachant sur une ancienne carrière de pierres .
L’œillet des chartreux est l'une des espèces menacées réintroduite à Baives et Bachant sur une ancienne carrière de pierres . - Frédéric Bertheloot - CBNB

Nord-Pas-de-Calais, France

Le Nord-Pas-de-Calais est l'une des régions où la biodiversité est la plus menacée. En cause : l'urbanisation, l'agriculture intensive et la pollution. 13 % de la flore sauvage de la région pourrait disparaître d'ici dix ans. Pour répertorier et restaurer les espèces menacées, en 2016 le conservatoire botanique nationale de Bailleul (CBNBL) a lancé le programme REFORME (REstauration de la FlOre Régionale MEnacée). Le projet prend fin en décembre ; le conservatoire en a fait le bilan ce mardi et se félicite d'un bilan positif.

"On estime qu'une espèce disparaît tous les ans" - le directeur du CBNBL

REFORME a d'abord permis de mieux chiffrer les dégâts selon Thierry Cornier, le directeur du CBNB : "Il y a des tas de choses qui ont disparu, notamment des espèces de milieux aquatiques ou de pelouse. On estime qu'une espèce disparaît tous les ans. Sur environ 1 400 espèces locales présentes depuis des centaines d'années dans la région, 13 % de cette flore est menacée à court ou moyen terme. Par exemple la ciguë aquatique risquait de disparaître dans les cinq ou dix ans si on n'était pas intervenu."

Le conservatoire botannique a mené plusieurs chantiers en trois ans, comme ici au marais du Romelaëre - Radio France
Le conservatoire botannique a mené plusieurs chantiers en trois ans, comme ici au marais du Romelaëre © Radio France - Frédéric Bertheloot - CBNB

Mais justement, grâce à ce programme, le conservatoire botanique est intervenu : il ne s'est pas contenté de recenser les espèces menacées, il en a aussi réintroduites. Benoît Delangue est l'un des chargés de mission qui est allé sur le terrain. Il a planté par exemple des œillets des chartreux, une petite fleur rose qui avait quasiment disparu : "On a réintroduit cette espèce sur deux sites le long de flanc d'anciennes carrières. Il a fallu faire de l'escalade pour aller planter les pieds ! On a eu quelques pertes mais les pieds qui se maintiennent ont déjà bien fleuri et donné des graines, donc on est confiants !"

Préserver les écosystèmes

Pourquoi réintroduire ces plantes sauvages menacées ? "Afin que les écosystèmes restent stables en vue du changement climatique ou de l'arrivée d'espèces exotiques invasives" explique Benoît Delanque. En trois ans, onze espèces ont été replantées par exemple sur les dunes de Berck ou la réserve naturelle du plateau d'Helfaut.

L’œiller des chartreux, qui avait presque disparu, a été réimplanté avec succès à Bachant et Baives. - Aucun(e)
L’œiller des chartreux, qui avait presque disparu, a été réimplanté avec succès à Bachant et Baives. - CBNB

Des conseils concrets pour les habitants

Le conservatoire botanique a aussi pour la première fois contacté des particuliers, en tout plusieurs dizaines de propriétaires de terrains susceptibles d'abriter des plantes rares ou menacées. "Nous avons rencontré des propriétaires pour observer avec eux des plantes présentes sur leur terrain, explique Bertille Asset la directrice du programme. Ce sont souvent des gens qui ont un petit bois, une prairie ou un coteaux chez un agriculteur." Le CBNBL leur a donné des conseils afin de favoriser le développement des espèces : "par exemple limiter les tontes, retarder le fauchage ou diminuer les travaux de drainage car une grande cause de disparition des plantes est la disparition des zones humides."

Le conservatoire botannique espère continuer de recenser et préserver la flore régionale, même si en décembre le programme REFORME, et donc les financements régionaux et européens (FEDER) qui vont avec, vont s'arrêter.

Le dossier France Bleu Nord