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Climat – Environnement

Trois cents manifestants marchent contre l'implantation d'une usine dans le Kochersberg

samedi 7 novembre 2015 à 20:31 Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Dans la matinée du samedi 7 novembre, 300 habitants du Kochersberg ont défilé contre l'implantation d'une usine de méthanisation sur place. Le projet permettrait de recycler 48.000 tonnes de déchets agricoles en gaz : les habitants s'y opposent, craignant des nuisances, et une dégradation du site.

Le cortège a marché de Wiwersheim à Truchtersheim, à l'ouest de Strasbourg
Le cortège a marché de Wiwersheim à Truchtersheim, à l'ouest de Strasbourg © Radio France - Olivia Cohen

Wiwersheim, France

Ce samedi 7 novembre, des habitants de Wiwersheim, mais aussi de Dossenheim-Kochersberg, de Kleinfrankenheim, ou encore de Truchtersheim, se sont rassemblés pour manifester contre le projet Métha-Ko : un projet d'usine géante de méthanisation, censée transformer en biogaz 48.000 tonnes par an de déjections animales et de paille de maïs. Une énergie renouvelable certes, mais les habitants du Kochersberg sont en colère : à leurs yeux, ce projet risque d'entraîner de nombreuses nuisances, et de défigurer leur campagne verdoyante. Marie-France habite Wiwersheim depuis des lustres : "On n'est pas contre la méthanisation, c'est un procédé écologique qu'il faut préserver, mais pas dans des proportions aussi démesurées !"  48.000 tonnes par an, c'est cinq fois plus qu'à l'usine d'Obernai, restée à un niveau de production artisanal, entre 10.000 et 12.000 tonnes par an.

Mauvaises odeurs, trafic de camions, risque d'explosions...

Leonardo, grand trentenaire enveloppé dans son caban noir, natif de Wiwersheim, fait partie du cortège. Il travaille à Bruxelles pour une fédération d'associations environnementales. Il n'est pas un spécialiste du méthane, mais il pressent les failles du projet : "Si une usine d'une telle ampleur s'implantait ici, à Wiwersheim, elle serait quasiment à 1km de chaque habitation, du collège..." Et Leonardo de lister les nombreuses nuisances : mauvaises odeurs, camions remplis de déchets acheminés en continu vers l'usine... "Nos routes n'ont d'ailleurs pas été construites pour accueillir un tel trafic !" Sans compter un réel problème de communication : "Dans l'état actuel des choses, il y a une telle absence de transparence... Les meneurs de ce projet ne communiquent sur rien, ils n'ont offert aux habitants aucune garantie pour les rassurer ou les protéger contre ces éventuelles nuisances." 

"Les gens viennent de Strasbourg pour s'installer ici, et profiter du grand air !"

Aux côtés de Leonardo, marche Elena, sa soeur. Elle aussi travaille à Bruxelles, et elle aussi a fait le déplacement : "J'ai grandi ici, nos parents vivent toujours dans notre maison d'enfance. C'était important de venir montrer notre opposition, malgré le climat un peu tendu. Les agriculteurs favorables au projet sont très remontés." Pour Elena, ce serait terrible de transformer cette nature reposante en zone industrielle : "Aujourd'hui, il y a beaucoup de 'rurbains', des gens qui viennent de Strasbourg, pour profiter du grand air, et vivre en pleine nature. Si on leur plante une usine de méthanisation sous le nez, qu'est-ce qu'il vont dire ?"

Ce sera aux maires de trancher

Le rassemblement a été organisé par le collectif "Sauvegarde du Kochersberg", à l'origine de nombreuses pétitions sur Internet pour stopper le projet. Rien que pour la commune de Wiwersheim, près de 76% des électeurs ont signé la pétition d'opposition. Aujourd'hui, le collectif a récolté plus de 4.000 signatures en tout, remises en main propre à Justin Vogel, maire de Truchtersheim et président de la communauté de communes du Kochersberg. Malgré un soutien de principe aux habitants, Justin Vogel se dit plutôt favorable à la méthanisation, et à un projet de grande ampleur, "pour mettre en valeur notre région". Il rappelle seulement que "la communauté de communes n'aura pas la main pour interrompre ou promouvoir de tels projets avant le 1er janvier 2020. Seuls les maires seront décisionnaires dans cette affaire."

Pendant la marche, rencontre avec les manifestants