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Environnement

Six millions et demi de Français boivent une eau contaminée au tritium

Du tritium dans l'eau potable de 6,4 millions de Français. C'est ce que révèle l'ACRO, l'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest, basée près de Caen. Les niveaux de contamination ne dépassent pas la limite, mais posent la question de la vulnérabilité du système d'eau potable.

Les niveaux de contamination ne dépassent pas la limite, mais posent la question de la vulnérabilité du système d'eau potable.
Les niveaux de contamination ne dépassent pas la limite, mais posent la question de la vulnérabilité du système d'eau potable. © Radio France - Aurélie Lagain

Hérouville-Saint-Clair, France

L'ACRO - association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest - publie ce mercredi 17 juillet 2019  une carte de la contamination radioactive de l'eau potable en France métropolitaine. L'association basée près de Caen a travaillé sur des données fournies par le ministère de la santé. Pendant un an, entre 2016 et 2017, elle les a recoupées et a pu établir une carte sur laquelle quatre zones contaminées par le tritium (hydrogène radioactif rejeté par les installations nucléaires) apparaissent. Le sud de la région parisienne, en aval de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine et le plateau de Saclay dans l'Essonne qui accueille depuis l'après guerre un centre de recherche scientifique, le long de la Vienne et de la Loire, cours d'eau jalonnés par cinq centrales nucléaires (Belleville, Dampierre, Saint-Laurent, Chinon et Civaux) et le site de Valduc en Bourgogne où un centre militaire travaille sur la bombe H.

Le tritium est un "lanceur d'alerte", selon l'ACRO

Cela concerne au total 268 commune, 6,4 millions d'habitants, dont l'eau potable est captée dans les cours d'eau. Ainsi, des zones comme la vallée du Rhône ou la Normandie, pourtant fortement nucléarisées n'apparaissent pas car l'eau est captée ailleurs. La contamination reste en dessous de la limite établie par les autorités sanitaires à 100 Bq/l. Mais le tritium est un "lanceur d'alerte" selon l'ACRO. "En cas d'accident grave sur une de ces centrales, il n'y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d'être privées d'eau potable", s'alarme l'association. Le long de la Loire, cela concerne près de deux millions de personnes et de grandes agglomérations comme Orléans, Blois, Tours, Angers et Nantes. En Île-de-France, cela représente une population de quatre millions de personnes. 

La carte des communes concernées par le tritium dans l'eau potable (capture d'écran site de l'ACRO). - Aucun(e)
La carte des communes concernées par le tritium dans l'eau potable (capture d'écran site de l'ACRO).

"Une vulnérabilité impressionnante du système d'eau potable en France"

Et face à ce risque, l'association pose la question : "Les autorités sont-elles préparées?" Selon elle, il n'existe à ce jour pas de plan ORSEC eau potable. "Le risque est incroyable et montre une vulnérabilité impressionnante du système d'eau potable en France, poursuit l'ACRO. Il y a un véritable trou noir sur l'eau potable dans les plans d'urgence". En attendant une réaction des autorités, l'association lance un observatoire citoyen de la radioactivité dans l'eau. Chacun est invité à y participer en se rendant sur son site internet.