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Climat – Environnement

A Dijon, les pailles en plastique c'est pas automatique

mardi 29 mai 2018 à 17:57 Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne

Alors que l'Union européenne réfléchit à interdire les pailles en plastique, et d'autres objets à usage unique comme les cotons-tiges, certains Dijonnais réfléchissent déjà aux alternatives.

Au Trinidad, les clients s'habituent aux pailles en inox
Au Trinidad, les clients s'habituent aux pailles en inox © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Dijon, France

Au sein même de l'équipe du Trinidad, la question a fait débat : faut-il bannir les pailles en plastique dans les verres de mojito et de jus de tomate ? Depuis quelques semaines, le bar dijonnais propose à ses clients des pailles en inox pour siroter leurs boissons. Mais le sujet dépasse les frontières de la terrasse de l'établissement. L'Union européenne a proposé ce lundi une série de mesures visant à interdire les objets plastiques à usage unique, comme les cotons-tiges, les couverts, et donc ... les pailles. 

En France, chaque jour, ce sont plus de 9 millions de pailles qui sont jetées à la poubelle dans la restauration rapide. Mais comme elles ne sont pas très grandes, elles ne sont pas systématiquement recyclées et finissent même parfois dans les mers et les océans. Elles font partie des déchets les plus nocifs pour les poissons et les animaux marins comme l'illustre cette vidéo datant de 2015 et qui continue de beaucoup faire parler d'elle. On y voit des sauveteurs retirer une paille du nez d'une tortue. 

Des pailles en inox ou en amidon de maïs

"C'est vrai que ça fait un peu bizarre au début, la paille est très dure, ça m'a surpris mais bon, ça reste la même boisson" s'amuse Pauline, qui boit un diabolo avec une paille en inox. Pour Kaveh, l'un des gérants du Trinidad, abandonner les pailles en plastique c'est une évidence : "et même à terme, il faudrait abandonner les pailles tout court. C'est monstrueux la quantité de déchets qu'on produit quand on tient un bar. Mais là déjà, on passe aux pailles en inox, on a aussi commandé des pailles en amidon de maïs, biodégradables, on va voir ce que préfèrent les clients." 

Il comprend que certains clients soient surpris, et il sait que ce changement est un sujet de discussion : "mais honnêtement, 80% des clients ne nous en ont même pas parlé, ils savent très bien pourquoi on fait ça." 

Mais c'est propre ce truc ? 

Pour les autres, se posent des questions d'hygiène et de goût. "C'est vrai que ça peut changer un peu le goût d'une boisson, c'est normal, et ceux qui ont l'habitude de boire dans des pailles en inox trouvent que c'est le plastique qui donne un goût, ça dépend de chacun. Quand à l'hygiène, dans nos cuisines tout est en inox, le plan de travail, les couverts, les plats, pour nous c'est vraiment une base de travail. Les pailles sont lavées à la machine à 90 degrés et si besoin on passe même un petit goupillon exprès le soir", rassure Kaveh. 

L'abandon des pailles en plastique, c'est aussi une économie financière pour l'établissement. "On fait passer 1000 pailles en plastique par semaine, ça nous coûte entre 150 et 200 euros par mois. Avec l'inox, j'en ai eu pour 200 euros d'achat au départ pour 300 pailles, ça va me coûter maintenant entre 50 et 100 euros par mois pour compléter. Et les pailles en amidon elles coûtent 120 euros les 10 000 pailles."